Macron nomme Edouard Philippe à Matignon

Edouard Philippe, le nouveau Premier ministre français. [UMP Photos/Flickr]

 

Le député Les Républicains (LR) Edouard Philippe a été nommé sans surprise Premier ministre par Emmanuel Macron, au lendemain de l’investiture officielle du nouveau chef de l’État.

« Le président de la République a nommé Monsieur Edouard Philippe Premier ministre et l’a chargé de former le nouveau gouvernement », a annoncé  le secrétaire général de l’Elysée Alexis Kohler, lundi 15 mai.

Pressenti depuis plusieurs jours, ce juppéiste de la première heure, sera chargé dans les prochaines semaines de mener la bataille des législatives dont l’issue s’annonce incertaine.

Sa nomination permet d’illustrer la volonté d’Emmanuel Macron de bâtir un gouvernement qui ne soit ni de droite ni de gauche et, accessoirement, de diviser les Républicains.

Macron lundi à Berlin pour sa première visite internationale

Le nouveau président reste fidèle à la tradition en réservant son premier déplacement à la chancellerie allemande.

« J’ai accepté la proposition du président de la République de rejoindre les forces progressistes en devenant Premier ministre », a réagi Edouard Philippe sur un nouveau compte Twitter avec Matignon en arrière-plan.

L’ancien Premier ministre Alain Juppé a souhaité « bonne chance » à Edouard Philippe, tout en maintenant son soutien aux candidats de sa propre formation politique aux législatives.

« Il a toute les qualités pour assumer la fonction difficile que le président de la République vient de lui confier et je lui souhaite évidemment bonne chance », a-t-il dit à la presse.

Le secrétaire général des Républicains, Bernard Accoyer, a en revanche estimé que la décision d’Edouard Philippe était « individuelle » et n’était pas le résultat d’un accord d’appareils pour les élections législatives.

Jean-Luc Mélenchon, le candidat de La France insoumise, a estimé qu’Emmanuel Macron avait désormais pris le contrôle de « toute la classe politique » et annexé la droite avec cette nomination, appelant à voter pour sa formation aux législatives pour ne pas lui donner « tous les pouvoirs ».

Un test pour Macron

Le nom du maire du Havre (Seine-Maritime) était revenu avec insistance ces derniers jours sans jamais être confirmé par l’entourage d’Emmanuel Macron qui avait choisi d’entretenir savamment le mystère tout en esquissant par petites touches le portrait-robot du futur locataire de Matignon.

« Quelqu’un qui aura une expérience dans le champ politique, les compétences pour diriger une majorité parlementaire et les compétences pour animer un collectif gouvernemental qui sera profondément renouvelé », avait-il dit sur Europe 1 début mai.

Très attendue, cette nomination fait figure de test pour Emmanuel Macron qui, après s’être faire élire en rassemblant au-delà des partis traditionnels, cherche à obtenir une majorité absolue le 18 juin prochain afin de mettre en oeuvre son train de réformes.

Misant sur un appel d’air, le nouveau chef de l’État a gelé 148 circonscriptions législatives dans l’espoir notamment de nouveaux ralliements d’élus de la droite et du centre, avant mercredi.

Une bataille qui s’annonce délicate, de l’avis même d’Edouard Philippe qui évoquait, dans une tribune publiée le 3 mai dans Libération, « un chemin étroit ».

Si Emmanuel Macron remporte l’élection présidentielle, « il devra transgresser », soulignait l’élu. « Sortir du face-à-face ancien, culturel, institutionnalisé et confortable de l’opposition droite-gauche pour constituer une majorité d’un nouveau type. Son chemin sera étroit. Et risqué. On imagine mal le fameux “système” se laisser faire ».

La composition du gouvernement, qu’Emmanuel Macron souhaite resserré, paritaire et ouvert, devrait être dévoilée mardi, avant la tenue du premier conseil des ministres mercredi.