Macron perd ses trois ministres les plus europhiles

Emmanuel Macron, le 20 juin 2017

Les eurodéputés centristes Sylvie Goulard et Marielle de Sarnez représentaient un ancrage européen, via le groupe politique ALDE. En refusant toute appartenance partisane, l’Elysée donne la priorité aux relations bilatérales.

Après Sylvie Goulard, ministre des Armées, mardi, François Bayrou, ministre de la Justice, et Marielle de Sarnez , secrétaire d’Etat aux Affaires européennes ont également annoncé leur départ du gouvernement d’Edouard Philippe, mercredi.

Sylvie Goulard démissionne du ministère des Armées

La ministre des Armées a souhaité quitter le gouvernement et le président a accepté sa démission. Elle souhaite démontrer sa bonne foi dans l’enquête préliminaire concernant les assistants parlementaires du Modem.

Les trois ministres sont concernés par une enquête préliminaire concernant le financement, par le Parlement européen, d’assistants parlementaires qui auraient sur une partie de leur temps travaillé pour le parti du Modem, et non sur les questions européennes.  Selon Corinne Lepage, ex eurodéputée, qui alerte de longue date sur ce sujet, Sylvie Goulard serait moins impliquée que les deux autres ministres dans cette affaire.

En démissionnant, Sylvie Goulard avait précisé s’appliquer « les mêmes principes que d’autres pays européens ». Après le scandale de la candidature maintenue de François Fillon, malgré les affaires qui le concernaient, le gouvernement Macron semble tenter de rehausser le niveau moral habituel de la politique française .

Mais le gouvernement Macron perd ainsi ses trois membres les plus europhiles, mais aussi les plus introduits dans les milieux européens.

Priorité au bilatéral plus qu’aux logiques partisanes

A la veille du premier Conseil européen d’Emmanuel Macron, cette situation pourrait sembler périlleuse. Mais les contacts européens ont déjà été noués, notamment durant la campagne électorale grâce aux eurodéputés soutenant Macron.

La machine est donc lancée. «Le Conseil européen a été préparé de façon très étroite avec l’Allemagne, on s’est inspiré de ce qu’il se passait au temps de Mitterrand et de Köhl : nous avons établi une feuille de route commune pour tous les grands sujets » assure-t-on à l’Elysée.

Macron aborde son premier Conseil européen en électron libre

Ni droite ni gauche ni centre : Macron se prépare à assister à son premier Conseil européen sans groupe politique. Mais avec une aura et une stratégie déjà solides.

Le couple franco-allemand se retrouvera le 13 juillet pour un conseil des ministres commun, qui devrait sceller le projet européen commun, même si les avancées sérieuses ne prendront corps qu’après les élections allemandes, fin septembre.

Surtout, la stratégie européenne d’Emmanuel Macron veut dépasser les logiques partisanes : il ne rejoindra pas un parti, et préfère se concentrer sur le tissage de relations bilatérales.

Notamment vers l’Est, « qui avait été un peu laissé pour compte ces derniers temps » assure-t-on à l’Elysée.

Durant le Conseil européen, Emmanuel Macron rencontrera d’une part les pays de Visegrad, et d’autre part le président de la République de Roumanie, Klaus Iohannis.

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