Les macronistes deviennent « progressistes » pour les élections européennes

[Christophe Petit Tesson/EPA/EFE]

Emmanuel Macron veut bouleverser l’écosystème politique européen. Il espère forger une nouvelle alliance progressiste à la fin de l’année pour les élections européennes de 2019.

Le président europhile français cherche à mettre en place une campagne pan-européenne de progressistes pour faire face à la déferlante de nationalistes anti-immigration.

« L’idée c’est qu’il puisse y avoir une forme de coalition pour l’élection qui rassemble les progressistes sur une plateforme commune qui peut aller au-delà des appartenances politiques bien structurées qu’on connaît », explique une source à l’Élysée, citée par Reuters.

« On est dans un moment européen grave où il faut savoir se recomposer parce que le camp nationaliste lui ne va pas hésiter à se recomposer, il ne faut donc pas rester prisonnier des étiquettes politiques », ajoute cette source.

La campagne pour les élections de mai 2019 ne débutera vraiment que début 2019, et la plateforme commune devrait être mise en place « vers décembre-janvier ».

Manfred Weber a officialisé le mercredi 5 septembre sa candidature pour être tête de liste du Parti populaire européen dans la perspective de remplacer Jean- Claude Juncker à la présidence de la Commission européenne.

Weber en passe d’annoncer sa candidature à la Commission

Il a reçu la bénédiction d’Angela Merkel et des principales délégations allemandes. Manfred Weber, qui dirige le groupe PPE au Parlement européen, devrait bientôt confirmer sa candidature à la présidence de la Commission européenne.

 

 

Pendant ce temps, Emmanuel Macron reste actif dans la recherche de potentiels alliés dans toute l’Europe pour une campagne mêlant différents partis traditionnels, comme il l’a fait lors de sa campagne pour les élections présidentielles françaises en 2017.

Selon l’Élysée, la priorité des électeurs n’est pas d’avoir un candidat à la tête de ce nouveau mouvement politique.

« Ce n’est pas tellement la question des Spitzenkandidaten qui est importante parce ce que ce n’est pas ça que les électeurs veulent voir en priorité. Ce qu’ils veulent voir c’est quel est le programme sur cinq ou six grand thèmes que les gens qui se présentent à eux veulent faire pour l’Europe, et avec qui ils sont capables de le faire, c’est là-dessus qu’on va travailler », assure-t- on dans l’entourage du président.

Bande à part

Emmanuel Macron n’a pas décidé de rejoindre une des familles politiques existantes ni essayé de créer son propre groupe. Le système de Spitzenkandidaten est donc un jeu auquel il ne peut pas participer.

Ce processus a été utilisé pour la première fois lors des élections de 2014, lorsque Jean-Claude Juncker a été nommé président de la Commission européenne.

Le traité de Lisbonne stipule que le Conseil européen, qui vote à la majorité qualifiée, nomme un président de la Commission tout en prenant en compte les résultats des élections du Parlement européen, puis propose son candidat au Parlement pour approbation.

Le traité ne fait aucune référence au système de Spitzenkandidaten. Il a été utilisé pour la première fois en 2014 suite à un accord tacite entre les dirigeants européens. À l’époque, la chancelière allemande Angela Merkel avait exprimé des doutes.

Le terme « progressiste » choisi par Emmanuel Macron est déjà utilisé par le groupe des socialistes et démocrates (S&D) au Parlement européen, dont le compte Twitter officiel s’intitule @TheProgressives.

Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement français a récemment déclaré lors d’un événement à Bruxelles que le système de Spitzenkandidaten était « une anomalie démocratique ».

Le président français semble vouloir reproduire son expérience française à l’échelle européenne : rompre le moule politique et créer une force dominante dans laquelle des politiques du centre gauche et du centre droit sont aux commandes. Une stratégie qui en France a affaibli la droite et la gauche traditionnelles.

Macronistes de tous pays, unissez-vous !

Certaines nouvelles forces politiques d’autres pays européens se sont déclarées proche du mouvement « En Marche ! » d’Emmanuel Macron.

Pendant que ce dernier essaye de changer les règles du jeu en ralliant des forces pro-européennes, les forces anti-européennes s’organisent aussi de leur côté. Un affrontement entre les macronistes et les défenseurs du système de Spitzenkandidaten risque de jouer en faveur des forces anti-système, anti-UE et anti-immigrant.

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