Macron veut faire émerger «En Marche» au niveau européen

Emmanuel Macron ambitionne de mobiliser les forces politiques du centre en Europe.

Emmanuel Macron a réaffirmé son ambition de chambouler le paysage politique européen. Mais entre création d’un nouveau parti et ralliement aux libéraux, le parcours s’annonce semé d’embuches.

Emmanuel Macron est en marche sur Bruxelles. À l’issue d’une rencontre avec l’Association de la presse présidentielle le 13 février, le président français a réitéré son ambition de faire bouger les lignes de force de la politique européenne.

Aujourd’hui, la famille du Parti populaire européen (PPE), dominé par l’Allemagne et la CDU d’Angela Merkel, fait figure de principale force politique au Parlement européen, suivi par les Socialistes et Démocrates (S&D).

Duopole

Un clivage droite-gauche qu’Emmanuel Macron espère remettre à plat lors des élections européennes de mai 2019, les premières auxquelles participera son parti, La République en Marche (LREM). Selon les scores obtenus par le parti présidentiel lors des dernières élections (présidentielles et législatives), LREM devrait obtenir entre 20 et 30 sièges dans l’hémicycle européen.

« Il est tout à fait possible de structurer son propre groupe et penser que le réformisme européen a vocation à fédérer autour de lui d’autres mouvements », a affirmé Emmanuel Macron lors de ses échanges avec la presse. « Je pense qu’il peut y avoir une initiative, probablement elle se fera au moment des Européennes et sans doute après et je pense que c’est souhaitable », a-t-il poursuivi.

Pour structurer une force politique capable de bousculer le duopole installé par les deux principaux groupes politiques, Emmanuel Macron pourrait créer sa propre force politique au niveau européen.

Le parti d’Emmanuel Macron cherche à s’européaniser pour 2019

La République en Marche hésite entre la création d’un nouveau parti et le rattachement aux centristes, en amont des élections européennes de 2019.

Un parti délicat, puisque le Français devrait alors rallier un certain nombre d’alliés pour pouvoir peser dans l’hémicycle, un groupe politique devant rassembler un minimum de 25 eurodéputés issus de sept États membres différents. Et pour concurrencer sérieusement les deux grandes familles, qui comptent respectivement 217 et 189 élus à Bruxelles, la route est encore plus longue.

Autre solution, le ralliement à l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ALDE), la famille politique la plus proche de la philosophie macaroniste. Et que beaucoup voient d’ores et déjà comme le partenaire naturel de LREM.

Cavalier seul

Une option qui ne semble pas avoir la préférence du nouveau président français. « Politiquement en Europe aujourd’hui Emmanuel Macron ne pèse pas lourd. Il refuse de rejoindre l’ALDE, car il veut faire du neuf, alors que c’est clairement sa famille politique », a déclaré le coprésident du groupe des Verts au Parlement européen, Philippe Lamberts. « C’est à ALDE que Macron appartient, mais il voudrait aussi pouvoir capturer une partie du PPE et des socialistes », poursuit-il.

Macron, roi de l’Europe ?

Sept mois après son élection, Emmanuel Macron s’est imposé comme une force sur la scène internationale. Alors que certains voient en lui le « nouveau leader de l’Europe », le couple franco-allemand demeure crucial pour mettre en place ses idées. Un article de notre partenaire le Tagesspiegel.

Les relations politiques avec l’ALDE sont pourtant déjà bien ancrées, puisqu’Emmanuel Macron est proche du Premier ministre belge, Charles Michel, ainsi que du Premier ministre du Luxembourg, Xavier Bettel, dont les partis sont tous deux affiliés à l’ALDE.

« Spitzenkandidate »

La future crèmerie de LREM est d’autant plus importante aux yeux du président français que les partis politiques européens ont maintenant la main pour désigner les candidats au poste de président de la Commission européenne, selon le système de Spitzenkandidate.

Une avancée démocratique qui permet de rapprocher le résultat des élections européennes et la nomination du président de l’exécutif européen, jusqu’ici laissé aux mains des chefs d’État et de gouvernement.

Emmanuel Macron a déjà exprimé son opposition au système de  Spitzenkandidate, réfutant l’automaticité d’une nomination du candidat du parti sorti vainqueur des élections, comme cela a été le cas avec Jean-Claude Juncker lors des élections européennes de 2014.

Mais pour avoir son mot à dire, le président français devra représenter une famille politique dominante, ce qui est aujourd’hui loin d’être acquis.

Macron s'oppose au système des Spitzenkandidaten

La course à la succession de Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission européenne est déjà lancée en coulisses, mais les 28 États membres sont encore loin d’être d’accord sur les règles du jeu.

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