Mais que fait la droite française ?

Si le communiqué de presse diffusé après le Conseil stratégique assure que « Les Républicains ne sont ni fongibles dans le macronisme ni dans le lepénisme », la discrétion des différentes personnalités pourrait précisément être due à la tentation de rejoindre le camp du président – ou même le parti d’Éric Zemmour pour les plus radicaux. [EPA-EFE/CHRISTOPHE PETIT TESSON]

Lors du Conseil stratégique de mardi (26 avril), le parti de droite Les Républicains a décidé qu’ « aucune alliance ne serait scellée avec Emmanuel Macron avant les élections législatives ». Depuis, les apparitions des cadres du parti sont très rares.

Pourtant, l’une des raisons de l’étrange silence de la droite semble être la composition du futur gouvernement d’Emmanuel Macron. Le Premier ministre devrait être plutôt d’une sensibilité de gauche, mais le président nouvellement réélu a assuré vouloir rassembler largement. Donc y compris à sa droite.

Plusieurs personnalités du parti gaulliste sont ainsi citées comme pouvant intégrer ce nouveau gouvernement, de Damien Abad, chef des LR à l’Assemblée nationale, à Christelle Morançais, présidente de la région Pays de la Loire.

Plusieurs ténors du parti plaidaient déjà pour un pacte de gouvernement avec la majorité présidentielle, comme Guillaume Larrivé ou Jean-François Copé, ancien président du parti – en plus de ceux qui ont rallié M. Macron avant l’élection.

Si le communiqué de presse diffusé après le Conseil stratégique assure que « Les Républicains ne sont ni fongibles dans le macronisme ni dans le lepénisme », la discrétion des différentes personnalités pourrait précisément être due à la tentation de rejoindre le camp du président – ou même le parti d’Éric Zemmour pour les plus radicaux.

Une ancienne élue de droite, désormais retirée de la vie politique, mais toujours attentive et bien informée, a partagé avec EURACTIV France son analyse : « [Les Républicains] ont besoin de digérer la défaite et ils ne sont pas en mesure d’afficher une ligne politique claire et unique pour les législatives et leur participation au futur gouvernement […] ce silence est compréhensible, voire salutaire ».

Se taire plutôt qu’afficher une division ultérieure, après la cuisante défaite à l’élection présidentielle (4,78 %) et la dissonance sur les consignes de vote avant le second tour, qui a vu Emmanuel Macron sortir gagnant.

Valérie Pécresse, la candidate à la présidentielle, avait indiqué qu’elle voterait pour Emmanuel Macron sans pour autant donner de consigne de vote à ses électeurs. Mais plusieurs personnalités fortes ont refusé d’apporter leur suffrage au président sortant, qui pourtant faisait face à la candidate d’extrême droite, Marine Le Pen. C’est le cas d’Éric Ciotti, numéro deux de la campagne de Mme Pécresse, ou encore de Nadine Morano, eurodéputée LR.

Mais, comme pour la gauche, il ne s’agit pas uniquement de l’adhésion idéologique à l’un ou l’autre des camps alternatifs aux LR. La question de la réélection des députés sortants entre aussi en compte.

Les élus LR qui siègent aujourd’hui à l’Assemblée – une centaine – ont conscience qu’ils ne seront vraisemblablement pas tous reconduits faute d’accords avec d’autres formations politiques. Les premiers sondages sur les élections législatives indiquent que le groupe pourrait être réduit de moitié, voire plus dans le pire des cas.

Les résultats aux élections présidentielles de M. Macron ou des candidats d’extrême droite pourraient alors être un facteur déterminant de leur décision personnelle.

Nicolas Sarkozy appelle à voter Emmanuel Macron, la droite se fracture

L’ancien président de la République Nicolas Sarkozy, issu de la droite, a appelé à voter pour Emmanuel Macron pour le second tour de l’élection présidentielle, par « fidélité aux valeurs de la droite républicaine et à notre culture de gouvernement ». 

Subscribe to our newsletters

Subscribe