Marine Le Pen refuse d’être entendue par les enquêteurs

Convoquée par la police dans l’affaire d’emplois fictifs au Parlement européen, la candidate de l’extrême droite à la présidentielle a affirmé qu’elle refuserait de répondre aux convocations pendant la durée de la campagne

La présidente du parti Front national était convoquée mercredi pour être entendue par les enquêteurs, mais elle a refusé de s’y rendre, ont indiqué vendredi à l’AFP des sources proches de l’enquête.

« Comme pendant les régionales, je ne répondrai pas pendant la campagne électorale. Cette période ne permettant ni la neutralité ni la sérénité nécessaire au fonctionnement correct de la justice », a expliqué vendredi à l’AFP Mme Le Pen.

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La candidate à la présidentielle, qui caracole en tête des sondages pour le premier tour du 23 avril, était convoquée mercredi pour être entendue en audition libre à l’Office anticorruption de la police judiciaire à Nanterre, près de Paris.

Recel et abus de confiance

Le même jour, sa cheffe de cabinet Catherine Griset a été placée en garde à vue avant d’être inculpée pour recel d’abus de confiance. Le garde du corps de Marine Le Pen, Thierry Légier, a aussi été placé en garde à vue mercredi, mais il en est ressorti sans inculpation.

« Il faut revenir à un usage républicain qui est celui d’une trêve (judiciaire). Que ces auditions aient lieu après les élections présidentielles d’avril-mai et législatives de juin », a confirmé à l’AFP l’avocat de Marine Le Pen, Me Rodolphe Bosselut, s’étonnant d’une « subite précipitation » des investigations à deux mois du scrutin présidentiel.

Sauvée par son immunité

Protégée par son immunité de députée européenne, Marine Le Pen ne peut être contrainte pour être entendue ni soumise à aucune mesure coercitive. Il faudrait au préalable que les juges d’instruction fassent une demande de levée d’immunité, qui serait ensuite soumise au Parlement européen.

Dans cette affaire, les juges d’instruction, saisis depuis décembre après une enquête du parquet de Paris, cherchent à déterminer si le Front national a mis en place un système pour que le Parlement européen prenne en charge, via des contrats d’assistants parlementaires, des salaires de cadres ou d’employés du parti en France.

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Les cas des deux assistants frontistes, salariés en 2011 pour Thierry Légier, et de 2010 à 2016 pour Catherine Griset, ne sont pas les seuls visés par l’enquête, mais le Parlement européen les considère comme suffisamment établis pour avoir réclamé à Marine Le Pen un total de 339 946 euros de salaires qu’il estime indûment versés.

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