Marine Le Pen se présente comme la porte-parole des «vrais gilets jaunes»

epa07348183 L’eurodéputée et présidente du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, répond aux questions des médias en quittant le Palais de l'Élysée après une rencontre avec le président français, Emmanuel Macron, à Paris, France, le 6 février 2019. Le président français Macron rencontre des politiciens, de l'extrême gauche de Jean-Luc Melenchon à l'extrême droite de Marine Le Pen pour discuter de son projet d'organiser un référendum visant à apaiser les gilets jaunes. [EPA-EFE/ETIENNE LAURENT]

Marine Le Pen se présente comme porte-voix des « vrais gilets jaunes » pour les élections européennes, prenant la défense « des travailleurs pauvres, des mamans célibataires admirables et des retraités miséreux ». Un article de notre partenaire, La Tribune.

La présidente du Rassemblement national (RN) s’exprimait lors d’une réunion publique à Saint-Paul-du-Bois (Maine-et-Loire), petite commune rurale de 600 habitants qui l’avait placée à égalité parfaite avec Emmanuel Macron au soir du premier tour de l’élection présidentielle de 2017, avec 19,24% des inscrits, mais loin derrière François Fillon (35,77%).

À moins de cent jours du scrutin, la dirigeante d’extrême droite a critiqué « l’atterrant moment de narcissisme présidentiel » et le « long monologue soporifique » d’Emmanuel Macron à l’occasion du Grand débat national décidé par l’exécutif en réponse à la crise des gilets jaunes.

Les « vrais gilets jaunes »

« Il n’a pas compris que (…) les vrais gilets jaunes – pas les racailles d’extrême gauche qui s’y invitent pour y introduire leur haine et leur violence – ne sont pas les fainéants (…) qu’il croit, mais des travailleurs pauvres, des mamans célibataires admirables et des retraités miséreux », a-t-elle déclaré.

« Le peuple ne veut plus débattre, il veut décider », a-t-elle clamé devant plusieurs centaines de personnes.

Jordan Bardella, la jeune tête de liste du Rassemblement national aux élections européennes, a lui aussi dénoncé le « grand faux débat complètement verrouillé », d’« interminables cours magistraux orchestrés par le professeur Macron ».

Les deux figures de l’ex-Front national ont été rejointes à la tribune par Jean-Paul Garraud, ancien député et l’un des fondateurs de la « Droite populaire » au sein de l’UMP.

« En confiance, et sans état d’âme, je vous ai rejoints : vous incarnez aujourd’hui ma ligne politique depuis toujours. Populiste je le suis, je ne me soigne pas et même j’en suis fier », a lancé l’ancien juge d’instruction, qui avait porté le projet de création du Parquet national antiterroriste.

Tentative de récupération d’un mouvement qui se morcelle

Le 14e samedi consécutif de manifestations en France a réuni 5 000 personnes à Paris, selon le ministère de l’Intérieur, mais les gilets jaunes avaient été conviés à manifester aussi, pour la première fois, un dimanche afin de célébrer « l’anniversaire » de la contestation, dont le premier acte eut lieu le 17 novembre dernier.

Quelque 1 500 personnes, selon la police, ont défilé dimanche à Paris pour marquer les trois mois du mouvement des gilets jaunes, une mobilisation pacifique marquée toutefois par des insultes contre Ingrid Levavasseur, qui a renoncé à emmener la liste « Ralliement d’initiative citoyenne » aux européennes. Plusieurs centaines de personnes ont marché dans le calme entre les Champs-Élysées et le Champ-de-Mars, dans le VIIe arrondissement, avant de se disperser sans incident, sous la surveillance d’un important dispositif policier.

« Traîtresse, enlève ton gilet »

L’une des figures du mouvement, Ingrid Levavasseur, a été prise à partie par des manifestants à la fin de la manifestation et a été contrainte de se mettre à l’écart sous les huées et les insultes. Cette aide-soignante de profession, âgée de 31 ans, a annoncé mercredi lors de l’émission La Grande explication (RTL-LCI-Le Figaro) qu’elle se dissociait de la liste « Ralliement d’initiative citoyenne »(RIC) dont elle devait prendre la tête pour les élections européennes et qu’elle souhaitait repartir « sur de bonnes bases ».

« Traîtresse, enlève ton gilet » et des injures sexistes ont fusé dimanche à son passage.

« Ça va donner une mauvaise image du mouvement alors qu’on est tous des gilets jaunes », a déploré Ingrid Levavasseur. « Ça ne va certainement pas me décourager, au contraire ça me rend encore plus forte. »

La Tribune

La Tribune [latribune.fr]

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