Matteo Renzi défend l’UE devant le Sénat italien

Renzi: We have a different way of looking at rules

Le nouveau président du Conseil italien, Matteo Renzi, a obtenu la confiance du Sénat la nuit dernière. Annonçant un programme de réformes très ambitieux, il a aussi tenu un vibrant plaidoyer en faveur de l’Union européenne.

Le nouveau président du Conseil de centre gauche, Matteo Renzi, a obtenu le vote de confiance des sénateurs italiens dans la nuit de lundi à mardi, par 169 voix pour et 139 contre.

C'est un peu moins que les 173 voix sur lesquelles avait pu s'appuyer en décembre 2013 son prédécesseur de centre gauche Enrico Letta. Matteo Renzi a pu compter sur son Parti démocrate (PD), sur le petit parti du Nouveau centre droit (NCD), les centristes et quelques petites formations.

Il incombe désormais à la Chambre des députés de voter. Cela ne devrait être qu'une formalité car son Parti démocrate (PD) y dispose d'une forte majorité.

Quelques heures avant le vote du Sénat, Matteo Renzi avait détaillé devant la chambre haute un ambitieux calendrier de réformes, du système électoral à la justice en passant par une nette réduction du coût du travail.

Un discours proeuropéen 

À contre-courant du sentiment antieuropéen qui croît dans la péninsule, M. Renzi s'est livré à un vibrant plaidoyer pour l'Union européenne, dont l'Italie assurera la présidence tournante semestrielle à compter du 1er juillet 2014. « La tradition européenne et européiste représente la meilleure partie de l'Italie, ainsi que sa certitude d'avoir un avenir », a-t-il dit.

« Ce ne sont pas Angela Merkel et Mario Draghi qui nous demandent de tenir nos comptes publics en ordre », a-t-il poursuivi en évoquant la gigantesque dette du pays, plus de 130 % du PIB. « Nous devons le faire par respect pour nos enfants, pour ceux qui viendront après nous », a-t-il lancé, alors que le pays sort timidement de la récession.

Celui qui, à 39 ans, est le plus jeune président du Conseil italien, a assuré qu'il comptait achever d'ici la fin du mois prochain les débats sur son projet de réforme électorale et institutionnelle, qui prévoit de rationaliser le fonctionnement des gouvernements régionaux et de réduire le rôle du Sénat.

"Si nous échouons, la faute en reviendra à moi seul", a-t-il dit lors d'un discours d'une heure.

La chambre haute dispose pour l'heure des mêmes pouvoirs législatifs que la Chambre des députés, ce qui a conduit à un blocage politique après les élections parlementaires de février 2013.

Le Soutien D'Obama

Devant les sénateurs, le président du Conseil s'est engagé à respecter un accord conclu avec Forza Italia, le parti de droite de l'ancien chef du gouvernement Silvio Berlusconi, qui siège dans l'opposition, mais compte soutenir la réforme électorale.

Cet accord, censé favoriser les grandes coalitions et réduire le rôle des petits partis, semble cependant fragilisé depuis que certains partenaires de coalition de Matteo Renzi ont demandé le report de son application le temps qu'une réforme constitutionnelle du Sénat soit adoptée, ce qui pourrait prendre de nombreux mois.

Matteo Renzi a en outre annoncé lundi une réforme de la justice d'ici juin, et une hausse des aides publiques aux chômeurs, tout en s'engageant à réduire considérablement l'écart entre le salaire brut des employés et la somme nette finalement perçue après prélèvements sociaux et obligatoires.

Il a aussi manifesté son intention de dégager plusieurs milliards d'euros pour investir dans l'éducation, et a dit envisager une taxe sur les profits tirés d'investissements financiers pour assumer les coûts d'une future réforme du marché du travail.

Le président Barack Obama a téléphoné lundi à Matteo Renzi, approuvant son programme de réformes et l'accent mis sur l'emploi et la croissance, a déclaré la présidence du Conseil.

Le président du Conseil des ministres Enrico Letta a démisssioné le 14 février après avoir été contesté au sein de son propre parti. Il faisait face depuis près d'un an à une majorité composité et divisée, dont Matteo Renzi va hériter.

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