Mélenchon dénonce l’Europe de la Défense

Jean-Luc Mélenchon ne veut pas d'une union de la défense. [Pierre-Selim/Flickr]

Le candidat de La France insoumise a réfuté l’idée de relancer la construction européenne par une politique de défense commune, « une vision terrible », dangereuse et sans « intérêt », selon lui.

« Penser que l’on va relancer l’Europe par l’Europe de la défense, c’est une vision terrible. On n’a pas fait l’Europe pour ça, mais pour faire la paix », a plaidé Jean-Luc Mélenchon lors d’une conférence de presse à Paris.

Il s’est ainsi élevé contre le projet « aventurier » de François Hollande qui s’est prononcé pour une Europe de la Défense, avant le mini-sommet qui s’est tenu lundi à Versailles avec les dirigeants allemand, espagnol et italien.

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Le leader de La France Insoumise a brocardé cette « Europe de la défense qui a la caractéristique de ne jamais dire contre qui elle a l’intention de se défendre. C’est en réalité l’Europe de la guerre », a-t-il martelé en estimant que « le président de la République française, à 60 jours de son départ, n’est pas légitime à engager la France dans des projets qui portent sur plusieurs années ».

« Pour moi, la France doit rester indépendante sur le plan militaire », a encore exhorté Jean-Luc Mélenchon en affirmant que, s’il y a des « actions à conduire en-dehors de nos frontières », « c’est sous le commandement de l’ONU ».

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« Mentalité antirusse primaire »

« Quand on dit qu’on va mettre les capacités de la France au service de la défense européenne, c’est une idée sympathique mais privée de réalisme », a encore déclaré Jean-Luc Mélenchon, pointant là un désaccord stratégique avec le candidat socialiste Benoît Hamon, qui veut faire des capacités militaires de la France un levier de négociation des réformes économiques au niveau européen.

« Ça voudrait dire quoi ? Que nous nous trouverions engagés dans tous les conflits européens à venir ? Y compris ceux que pourraient déclencher inopinément les pays mitoyens de la Russie ? C’est hors de question », a-t-il tempêté.

Dans ce cadre, le candidat plaide pour une meilleure inclusion « de la Russie dans le dispositif de gestion de paix ».

« Les Russes doivent être impliqués dans une politique de paix européenne comme des partenaires et pas comme des adversaires », a-t-il renchéri, se disant « très inquiet de l’ambiance qui règne au Parlement européen ».

« Il y a une mentalité antirusse primaire totalement aveugle. C’est une erreur », a estimé mentalité antirusse primaire Mélenchon.

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