Merkel et la CDU tentent une nouvelle coalition avec le SPD

Angela Merkel lors de la convention de la CDU EPA-EFE/FOCKE STRANGMANN

Les dirigeants de l’Union chrétienne-démocrate (CDU, conservateurs) d’Angela Merkel ont accepté de rechercher la formation d’une «grande coalition» avec le Parti social-démocrate (SPD) après l’échec des discussions à trois avec les Verts et les libéraux.

Sous la pression du président de la République Frank-Walter Steinmeier et des conservateurs, qui ont invoqué le besoin de stabilité de l’Allemagne et veulent éviter de nouvelles élections, le SPD a accepté d’ouvrir des discussions pour reconduire une «grande coalition» analogue à celle du gouvernement sortant.

Les sociaux-démocrates voulaient au départ refaire leurs forces dans l’opposition après quatre années de gouvernement avec Angela Merkel qui ont débouché sur leur plus mauvais score électoral depuis 1933 aux élections fédérales du 24 septembre.

«Nous avons la ferme intention d’avoir un gouvernement efficace», a déclaré à la presse Daniel Günther, ministre-président CDU du Schleswig-Holstein, à l’issue d’une réunion de quatre heures entre les dirigeants de la CDU.

«Nous croyons fermement que ce ne sera pas un gouvernement minoritaire mais une alliance avec une majorité parlementaire. C’est cela une grande coalition», a-t-il ajouté.

Cette réunion a fait suite à une intervention de Horst Seehofer, le président de l’Union chrétienne-sociale (CSU), qui représente la CDU en Bavière, en faveur d’une nouvelle coalition droite-gauche. »

«Une alliance des conservateurs et du SPD est la meilleure option pour l’Allemagne – meilleure de toute façon qu’une coalition avec les Libéraux-démocrates et les Verts, que de nouvelles élections ou qu’un gouvernement minoritaire», a déclaré Horst Seehofer dans les colonnes du Bild am Sonntag.

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Un long chemin

Selon un sondage Emnid publié dimanche, 52% des Allemands soutiennent la formation d’une nouvelle grande coalition.

Dans la même enquête, le bloc conservateur gagne deux points de pourcentage en une semaine à 33% des intentions de vote et le SPD prend un point à 22%.

Dans le Bild am Sonntag, le mouvement de jeunesse de la CDU réclame un accord de coalition avant Noël.

«S’il n’y a pas d’accord entre les conservateurs et le SPD d’ici là, les négociations seront considérées comme un échec», avertit la Junge Union.

Si le SPD refuse un tel accord, la CDU devra constituer un gouvernement minoritaire, estime le chef de la Junge Union, Paul Ziemiak, dans les colonnes du journal.

Les tractations risquent de prendre du temps. C’est sans doute la raison pour laquelle la CDU a décidé dimanche soir de reporter une conférence qui avait été convoquée à la mi-décembre pour se prononcer sur le projet initial de coalition à trois.

Selon le ministre-président SPD de Base-Saxe, il est peu probable qu’un accord de grande coalition soit arrêté cette année. «C’est un long chemin pour le SPD», a déclaré Stephan Weil à la chaîne de télévision ARD.

Son homologue de Rhénanie-Palatinat, Malu Dreyer, dit préférer l’idée d’un SPD «tolérant» un gouvernement minoritaire à une grande coalition. Elle dit ainsi clairement que le parti n’acceptera pas un accord à tout prix.

A ce stade, l’alternative d’un gouvernement minoritaire n’est pas retenue par Angela Merkel en raison de la fragilité intrinsèque de ce genre de gouvernement mais certains commentateurs évoquent tout de même la possibilité d’un gouvernement minoritaire formé des conservateurs et des Verts, avec le soutien du SPD sur le vote de certains textes.

Les écologistes se sont dits ouverts samedi à l’idée de rejoindre un gouvernement minoritaire.

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