Merkel dessine son prochain gouvernement

Angela Merkel, la chancelière allemande, avec les nouveaux membres de la CDU du prochain cabinet. [EPA-EFE/LAURENCE CHAPERON]

Angela Merkel a présenté ses choix pour les postes ministériels lors d’une convention spéciale de la CDU. L’équilibre des postes doit encore être validé lors d’un vote au SPD le 4 mars.

Angela Merkel a dressé une liste de six ministres potentiels de la CDU pour former, après les négociations de coalition avec le SPD, une éventuelle grande coalition.

La nouvelle équipe a été annoncée le 25 février dans la soirée après une rencontre entre la base du parti de la CDU et l’exécutif fédéral. Le cabinet de la chancelière allemande voit sa composition profondément modifiée.

Jeune, critique, conservateur

Jens Spahn (37 ans), « l’anti-Merkel » et ancien bras droit de l’ex-ministre des Finances, Wolfgang Schäube, deviendrait le nouveau ministre de la Santé. En le nommant à ce poste, Angela Merkel place l’un de ses jeunes concurrents et l’un des plus virulents critiques de sa politique dans son cabinet.

Si le président du groupe des Verts, Anton Hofreiter, voit cette décision comme étant une « distribution stratégique des petits postes », Jörg Meuthen, chef de file de l’AfD, soupçonne que la nomination de Jens Spahn est en réalité une tentative de la chancelière allemande de « mettre le plus virulent critique de son parti en arrière-plan ».

Merkel arrache un accord de gouvernement en Allemagne

Angela Merkel se dirige vers un quatrième mandat de chancelière en Allemagne grâce à un accord de gouvernement conclu mercredi entre son parti conservateur et les sociaux-démocrates après quatre mois d’impasse, ont indiqué des sources proches des négociations à l’AFP.

Bernd Riexinger, le chef de file de la gauche, déclare cependant que la nomination de Jens Spahn fournira au lobby pharmaceutique et aux assurances maladie privées un « partisan au sein même du cabinet de la grande coalition », selon le journal allemand Die Welt.

Angela Merkel souhaite également placer un nouveau visage, Anja Karliczek (46 ans), à la fonction de ministre de l’Éducation. Issue du secteur hôtelier, la députée de la CDU de Rhénanie-du-Nord–Westphalie arrive donc au gouvernement dans le cadre d’un « relooking » volontaire de la CDU.

Julia Klöckner (45 ans), devrait devenir ministre de l’Agriculture. Cette ancienne enseignante et journaliste est une ardente défenseure de l’égalité des sexes et a également négocié des chapitres sur l’agriculture lors des négociations de coalition. Julia Klöckner est déjà connue au sein de son futur ministère en tant que secrétaire d’État.

Le potentiel chef de la chancellerie n’est pas non plus connu du grand public. Helge Braun (45 ans) était auparavant ministre d’État mais doit maintenant, entre autres, coordonner un comité du cabinet chargé de la numérisation.

« Des décisions douloureuses »

Peter Altmaier (59 ans), qui deviendrait le prochain ministre de l’Économie, et Ursula von der Leyen, qui restera ministre de la Défense, sont les seuls membres du cabinet actuel qui feront encore partie de la nouvelle coalition.

Hermann Gröhe (57 ans), ancien ministre de la Santé et l’un des plus proches confidents d’Angela Merkel, et Thomas de Maizière (64 ans), ministre de l’Intérieur, sont les grands perdants des négociations. Angela Merkel a déclaré que le départ des deux ministres était « une décision douloureuse ».

Au total, trois des six postes ministériels seraient attribués à des femmes. Si la GroKo, « grande coalition », survit au vote de la base du parti SPD le 4 mars, Angela Merkel, 64 ans, serait la plus âgée de son cabinet et la seule originaire d’Allemagne de l’Est.

La chancelière se félicite cependant d’avoir choisi des ministres « énergiques » et « orientés vers l’avenir », – « un bon mélange entre l’expérience et de nouveaux visages ».

La coalition allemande patine sur l'Europe

Après une semaine de négociations, les négociateurs allemands se sont mis d’accord sur une série de sujets principaux. Cela ne veut cependant pas dire que le gouvernement sera libre de se replonger dans le chantier européen de sitôt, selon Euractiv Allemagne.

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