Franz Müntefering, vice-chancelier allemand et ministre du Travail, qui avait conduit les sociaux démocrates dans le gouvernement de coalition dirigé par Angela Merkel, a démissionné, évoquant des raisons familiales.
Le 13 novembre, M. Müntefering a annoncé sa décision de se retirer, décision effective à partir du 19 novembre 2007. Olaf Scholz, chef de l’organisation du groupe parlementaire du parti social-démocrate allemand (SPD), va lui succéder au poste de ministre du Travail, tandis que le ministre des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, va prendre sa place de vice-chancelier.
M. Müntefering, 67 ans, a mentionné la mauvaise santé de sa femme (souffrant d’un cancer) comme seule raison de sa décision. Pourtant, selon certaines hypothèses, sa démission de ses hautes fonctions politiques serait liée à un certain nombre de coups dont son parti, le SPD, a souffert récemment dans la grande coalition. La veille de cette annonce, la CDU, le parti de Mme Merkel, a décidé de ne pas introduire de salaire minimum pour les postiers, mesure souhaitée par le SDP et promise précédemment par la Chancelière.
Commentant le comportement de Mme Merkel, M. Müntefering a déclaré que chacun pouvait s’améliorer et que personne n’était dévalorisé.
La récente défaite de M. Müntefering dans un différend interne au parti avec le président du SPD Kurt Beck sur le paiement des allocations de chômage a peut-être également contribué à sa lassitude par rapport à ses fonctions politiques. Kurt Beck, ministre-président du Land Rhénanie-Palatinat et successeur indirect de M. Müntefering comme président du SPD, a positionné les sociaux-démocrates en faveur du versement plus long d’allocations régulières aux chômeurs et contre l’introduction en bourse de la Deutsche Bahn, la compagnie ferroviaire publique allemande.
Au niveau international, M. Müntefering a occupé le devant de la scène en qualifiant de “sauterelles” les fonds d’investissements et les entreprises privées de capital-investissement qui achètent et vendent des entreprises sans tenir compte des effets sur l’emploi.
Tous les partenaires du gouvernement de la grande coalition de Mme Merkel estiment que la démission de M. Müntefering est préjudiciable à la coalition. La Chancelière a déclaré qu’elle était déçue de ne pas pouvoir continuer à travailler avec lui. Cependant, elle a ajouté qu’il y avait des choses plus importantes dans la vie que la politique.

