Mitt Romney passe à l’offensive et domine le premier débat électoral aux États-Unis

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Lors du premier débat entre les deux candidats à la présidence, c’est un Mitt Romney agressif qui a affronté le président Barack Obama hier (3 octobre). Le candidat républicain aurait donné un nouveau souffle à sa campagne qui a connu quelques déboires.

 

Tentant de revenir dans une course où M. Obama semblait avoir les faveurs du peuple, M. Romney s'est mis sur la défensive lors de la rencontre de 90 minutes qui l'a opposé à son adversaire démocrate, alors qu'il ne reste que cinq semaines avant le scrutin du 6 novembre prochain.

Debout côte à côte pour la première fois à l'issue de plusieurs mois d'une campagne brutale, les deux hommes se sont affrontés sur la fiscalité, les soins de santé et le rôle du gouvernement, adoptant une attitude qui reflète bien le profond clivage idéologique à Washington.

Sûr de lui et bien préparé, M. Romney a directement abordé la question de la croissance économique et du taux de chômage à 8,1 %, mettant M. Obama dans l'embarras, lui qui brigue un second mandat de quatre ans. Le gouvernement a pris trop de place sous la direction de M. Obama, ce qui a porté atteinte à la création d'emploi, a expliqué M. Romney.

« Je crains à présent que nous nous soyons engagés dans la mauvaise voie. La vision du président est très similaire à celle qu'il avait lorsqu'il a brigué la présidence il y a quatre ans de cela : si vous dépensez plus, imposez plus, réglementez plus, la théorie du ruissellement fonctionnera. Ce n'est pas une solution appropriée pour l'Amérique », a affirmé M. Romney.

Un sondage réalisé par CNN/ORC a révélé que 67 % des électeurs inscrits interrogés pensaient que M. Romney remporterait le débat à l'université de Denver, contre 25 % pour M. Obama.

Bizarrement, M. Obama n'a pas mentionné les sujets qu'il a déjà utilisés contre son adversaire pour le faire chuter dans les sondages, comme la désormais célèbre vidéo des « 47 % », les dispositifs fiscaux utilisés par son ex-entreprise Bain Capital et sa position sur l'immigration.

Récemment, M. Romney a pâti de la diffusion d'images filées en caméra cachée sur lesquelles il affirme que 47 % des électeurs sont des assistés du gouvernement et ne le soutiendront pas.

Le débat n'a pas donné lieu à de réels affrontements et il ne restera sans doute pas dans les annales. Ce fut plutôt une guerre d'usure, les deux hommes lançant tour à tour faits et chiffres pour justifier leur position et souligner leurs différences.

M. Romney a toutefois gagné des points en lançant des réponses plus trempées que M. Obama, qui a adopté un ton assez professoral et un discours plutôt tortueux, malgré les efforts de son équipe pour le pousser à asséner des commentaires plus mordants.

Fiscalité

Le président sortant a placé M. Romney sur la défensive en abordant ses propositions de refonte du système fiscal américain via une réduction d'impôt généralisée de 20 %. M. Obama a affirmé que ce type de mesure coûterait 5 000 milliards de dollars (3 870 milliards d'euros) et qu'il serait impossible de compenser cette somme en éliminant les échappatoires fiscales dont parlent les républicains.

« Le fait est que si vous réduisez les impôts de la manière que vous proposez, Gouverneur, il sera impossible de trouver suffisamment de déductions et d'échappatoires fiscales qui ne touchent que des individus à hauts revenus pour éviter d'accroître le déficit ou d'alourdir le fardeau qui pèse sur la classe moyenne. C'est une question de mathématique. C'est de l'arithmétique », a déclaré M. Obama.

« Presque tout ce qu'il a dit sur mon projet fiscal est inexact », a rétorqué le candidat républicain.

M. Obama a également rappelé aux Américains que M. Romney proposait le même type de réductions d'impôts que celles passées au Congrès par l'ancien président George W. Bush en 2001 et 2003. La plupart des Américains reconnaissent volontiers que M. Obama a hérité d'un gâchis économique, mais ils pensent toutefois qu'il est de son devoir de remettre l'économie sur pied.

« Nous avons fini par passer des surplus aux déficits dans ce qui a culminé par la pire récession depuis la grande dépression », a expliqué M. Obama.

En réponse aux attaques de M. Romney qui a affirmé que la révision des soins de santé menée par M. Obama en 2010 porterait atteinte à l'emploi dans les petites entreprises, le président sortant a martelé que son plan de santé s'inspirait du programme que M. Romney avait mis en place en tant que gouverneur du Massachusetts et qu'il n'avait « pas détruit d'emplois » là-bas.

Après avoir plaidé pendant des mois en faveur de l'abrogation de la loi « Dodd-Frank » qui réglemente Wall Street, M. Romney a été forcé de reconnaître sous la pression de M. Obama qu'il conserverait certaines réglementations financières.

 

Le 31 octobre 2011, la commission bipartite des débats présidentiels a annoncé quatre débats pour les élections présidentielles 2012.

 

Trois d'entre eux impliquent les candidats à la présidence, le président sortant Barack Obama de l'Illinois et le gouverneur Mitt Romney du Massachusetts. Le quatrième rassemblera les candidats à la vice-présidence (le vice-président Joe Biden et le représentant Paul Ryan).

 

Après le premier débat sur la politique intérieure, un débat entre les candidats à la vice-présidence sur la politique intérieure et extérieure aura lieu le 11 octobre à Kentucky, suivi d'un second débat présidentiel le 16 octobre à New York, lors duquel les électeurs pourront poser des questions aux candidats. Le dernier débat présidentiel, sur la politique extérieure, se tiendra le 22 octobre en Floride. 

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