Pour Moscovici, le second tour de l’élection sera un référendum sur l’Europe

Pierre Moscovici (à droite) aux côtés de Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne. [European Parliament]

L’élection présidentielle française offre un choix entre deux visions radicalement opposées de la France et de l’Europe, a indiqué le commissaire européen à l’économie, Pierre Moscovici.

Face aux journalistes français présents à Bruxelles le 24 avril, le commissaire français a clairement appelé à voter en faveur d’Emmanuel Macron au second tour de l’élection présidentielle. Aucun vote ne devrait lui échapper. Il aura le mien. Je voterai pour Emmanuel Macron, pour l’Europe et contre le Front National. »

Cataclysme historique et duel sur l'Europe pour le second tour

Le premier tour de la présidentielle réduit en miettes les forces politiques habituelles. Les deux candidats du second tour reflètent aussi la fracture sociale du pays.

Un choix facile à faire, d’après Pierre Moscovici, étant donné que l’élection du 7 mai opposera « deux visions de la France et de l’Europe », une vision de tolérance et d’ouverture contre une vision de repli, violente et teintée de xénophobie. Et « parce que la lutte contre le populisme et le nationalisme d’extrême droite est également une bataille personnelle, en tant qu’homme de gauche pro-européen », a ajouté le commissaire. « Cette élection sera comme un référendum sur l’Europe. »

Cataclysme 

La position de Pierre Moscovici reflète celle de Benoît Hamon, le candidat du Parti socialiste, qui a également annoncé son soutien à Emmanuel Macron après sa défaite au premier tour.

La candidate d’extrême droite prône ouvertement un départ de la France de l’UE et de la zone euro, une ligne rouge pour la Commission européenne, a indiqué le commissaire.

« Cette Commission assume sa position antipopuliste », a-t-il déclaré aux journalistes. « Lorsqu’il y a un référendum sur l’Europe, nous ne devons pas rester silencieux. »

L’Europe se prononce d’une seule voix contre Marine Le Pen

Le second tour des élections présidentielles verra s’affronter Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Les Européens appellent à l’unisson à faire bloc contre la candidate d’extrême droite.

Concernant la défaite du Parti socialiste, le commissaire français a reconnu qu’il s’agissait d’un « cataclysme électoral ». Les socialistes français avaient déjà été battus de peu au premier tour en 2002 par Jean-Marie Le Pen, qui avait ensuite été laminé au second tour par Jacques Chirac.

Depuis lors, la place du Front National n’a cessé d’augmenter, le parti ayant remporté 21,4 % des voix au premier tour cette année, contre 16,8 % en 2002. « C’est assez effrayant: 7 millions de Français ont en réalité voté pour elle », a souligné Pierre Moscovici, avertissant qu’Emmanuel Macron « ne serait pas élu avec 82 % des voix » comme Jacques Chirac en 2002.

« Les choses ont considérablement changé » depuis 2002, a continué le commissaire, indiquant que les tensions dans la société française étaient plus fortes aujourd’hui qu’il y a 15 ans et que le vote pour le FN s’était depuis lors « banalisé ».

« Prête à relancer l’Europe »

Pour la Commission européenne, cela signifie qu’elle devra continuer à promouvoir une réforme urgente de l’UE, a précisé Pierre Moscovici, mettant en garde contre la fausse sensation de soulagement ressentie après la victoire d’Emmanuel Macron au premier tour.

Pour la suite, Pierre Moscovici a indiqué que la priorité pour l’Europe sera d’« écouter » les demandes du peuple français qui se sent démuni face à la mondialisation. Il a rappelé que la Commission se « tenait prête à relancer l’Europe » dès la fin des élections allemandes en septembre.

« Je suis convaincu que les politiques sociales doivent être la priorité » si l’Europe veut combattre le populisme d’extrême droite, a-t-il ajouté, invitant les futurs présidents français et allemand à trouver des compromis pour relancer le projet européen. « Demain, comme cela a toujours été le cas dans l’histoire de l’UE, les dirigeants français et allemand devront définir ensemble un nouvel accord pour l’Europe. »

La classe politique française se rallie à Macron contre le FN

Droite et gauche ont massivement appelé à voter pour Emmanuel Macron au second tour de l’élection présidentielle. Le projet antieuropéen de la candidate d’extrême droite est largement pointé du doigt.

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