Nicolas Sarkozy frappé par de nouvelles accusations dans l’affaire des ventes d’armes

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A quatre mois des élections présidentielles françaises, le président Nicolas Sarkozy fait face à de nouvelles accusations dans le scandale des ventes d’armes, selon un procès-verbal d’audition divulgué par le quotidien Libération.
 

Hier (2 janvier), le quotidien Libération a rendu public le témoignage d'un ancien fonctionnaire de la défense qui a assuré que M. Sarkozy avait autorisé en 1994 la création d'une société écran servant à payer des intermédiaires dans des contrats d'armement avec le Pakistan et l'Arabie saoudite. A cette époque, M. Sarkozy était ministre du budget.

Gérard-Philippe Menayas, alors haut fonctionnaire au ministère de la défense, a déclaré au juge Renaud Van Ruymbeke que Nicolas Sarkozy avait consenti à établir la société Heine au Luxembourg. Cette société a joué un rôle clé dans l'utilisation de pots-de-vin issus des ventes d'armes et destinés à financer la campagne présidentielle infructueuse d'Edouard Balladur en 1995. M. Sarkozy était le porte-parole de campagne de M. Balladur.

« Il est clair que le ministère du budget a nécessairement donné son accord pour la création de Heine […] Vu l’importance du sujet, cette décision ne pouvait être prise qu’au niveau du cabinet du ministre », aurait déclaré M. Menayas.

M. Sarkozy n'a cessé de nier son implication dans cette affaire, bien que deux de ses collaborateurs, Thierry Gaubert et Nicolas Bazire, aient déjà été inculpés.

Les commissions sur les ventes d'armes étaient légales en France jusqu'en 2000, mais les pots-de-vin visant à financer des campagnes politiques sont répréhensibles par la loi.

Les magistrats tentent également de déterminer si l'attentat de Karachi qui a entraîné la mort de 11 ingénieurs français et de deux Pakistanais en 2002 est lié à cette affaire. Cet attentat avait été attribué à Al-Qaïda. Les juges français pensent cependant que l'attaque a été orchestrée par les services de renseignements et l'armée pakistanais en représailles contre la France, qui n'avait pas versé la somme convenue de 33 millions de dollars (25,4 millions d'euros) de commission.

François Hollande, le candidat socialiste aux élections présidentielles de mai prochain, a appelé à une transparence complète sur les ventes d'armes au cœur de la controverse. Les sondages donnent M. Hollande favori face à Nicolas Sarkozy, l'actuel président français.

Eva Joly, candidate des Verts aux présidentielles, a déclaré qu'il était « inévitable » que M. Sarkozy comparaisse devant le tribunal suite à ces nouvelles accusations.

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