Petro Porochenko remporte les élections en Ukraine

Petro Poroshenko

Petro Poroshenko, président de l'Ukraine

L’oligarque Petro Porochenko a été élu dès le premier tour le 25 mai à la présidence de l’Ukraine, avec près de 55 % des votes. Le taux de participation a été élevé au niveau national, sauf à l’est du pays, à cause des violences et des intimidations séparatistes.

Sans attendre la proclamation officielle des résultats, l’homme d’affaires qui a fait fortune dans le secteur de la confiserie a revendiqué la victoire et promis de poursuivre sur la voie d’une intégration européenne.

« Tous les sondages montrent que cette élection s’est jouée en un seul tour et que notre pays a un nouveau président », a dit ce pro-européen convaincu, ancien chef de la diplomatie et ministre de l’Economie dans de précédents gouvernements, classé parmi les dix plus grandes fortunes du pays.

S’exprimant devant ses partisans à son siège de campagne, il a ajouté que sa première priorité serait d’en finir avec « la guerre et le chaos » et de restaurer la paix. Mais il a également annoncé que l’Ukraine ne reconnaîtrait jamais le référendum qui a conduit en mars à l’annexion de la Crimée par la Russie et a rejeté cette « occupation ».

Après avoir glissé son bulletin de l’urne, il avait aussi dénoncé « les terroristes qui veulent transformer le Donbass en Somalie ».

Premier oligarque à avoir soutenu le soulèvement pro-européen contre Viktor Ianoukovitch, qui a débuté fin novembre à Kiev, le « roi du chocolat » », âgé de 48 ans, est donné vainqueur avec un score oscillant entre 55,9 % et 57,3 %, selon les projections.

Lors de la campagne, il avait mis en garde contre les risques de nouvelles violences si un deuxième tour devait être organisé trois semaines plus tard.

L’ex-Première ministre Ioulia Timochenko arrive à une très lointaine deuxième place, entre 12,4 % et 12,9 % des voix.

Les résultats officiels sont attendus lundi, de même que les conclusions des quelque 1.000 observateurs déployés par l’OSCE pour surveiller les conditions de déroulement du scrutin.

Aucun bureau ouvert à Donetsk

L’élection présidentielle de dimanche était présentée par les autorités provisoires en place à Kiev depuis la chute de Viktor Ianoukovitch comme une étape essentielle pour doter le pays d’un pouvoir à la légitimité incontestable face aux séparatistes de l’est du pays.

Mais les opérations de vote ont été largement entravées dans les provinces orientales de Donetsk et Louhansk, où les séparatistes, qui ont proclamé le 11 mai dernier des « républiques populaires » indépendantes, ont bloqué la quasi-totalité des bureaux de vote.

D’après les responsables chargés de l’organisation du scrutin, moins d’un bureau de vote sur cinq a pu recevoir les électeurs inscrits dans ces deux provinces formant le Donbass. Dans la ville même de Donetsk, une cité industrielle d’un million d’habitants dont les rues ont été désertées par crainte de violences, aucun bureau de vote n’a ouvert.

Les autorités s’attendaient à ce qu’environ cinq millions d’électeurs aient le plus grand mal à voter, soit un peu moins de 15% des 36 millions d’électeurs inscrits en Ukraine. Le seul incident armé signalé à ce stade s’est produit au nord de Louhansk, où une fusillade a éclaté à la suite du vol de bulletins de vote par des militants séparatistes à Novoaïdar. D’après le vice-ministre ukrainien de l’Intérieur, un homme a été tué.

Trois mois après la chute de M.Ianoukovitch, et alors que l’Ukraine s’est enfoncée dans la crise, le premier ministre par intérim, Arseni Iatseniouk, a assuré que cette élection permettrait de sortir d’une « zone grise où sévissent l’anarchie et les forces obscures » et de devenir « un pays où il est plus facile de respirer ».

« Les efforts de la Fédération russe et des terroristes qu’elle finance pour faire échouer cette élection sont voués à l’échec », a-t-il déclaré. « Nous aurons un chef d’État légitime ».

Les États-Unis et les pays de l’Union européenne considèrent eux aussi ce scrutin comme une étape essentielle vers la stabilisation de l’Ukraine après six mois de crise ouverte par le refus de Ianoukovitch de signer un accord d’association avec l’UE.

La Russie émet en revanche des doutes sur la valeur d’une élection organisée alors que l’est de l’Ukraine est plongé, selon elle, dans une « guerre civile ».

Mais Vladimir Poutine a adopté un ton conciliant ces derniers jours. Le président russe s’est engagé à « respecter » le choix des Ukrainiens et à collaborer avec leur futur président.

La crise ukrainienne a éclaté quand l'ancien président Viktor Ianoukovitch a annulé les projets de signer un accord d'association avec l'UE en novembre 2013. Or il a préféré se rapprocher de la Russie, engendrant des vagues de protestation et la destitution du chef d'État.

Moscou a annexé la Crimée en mars à la suite d'un référendum après que les troupes russes se soient emparées du pouvoir de la péninsule sur la mer Noire dans la plus grande crise opposant l’Occident à la Russie depuis la guerre froide.

Depuis lors, la tension n'a fait que grimper dans l'est et le sud de l'Ukraine. L'Union européenne a envisagé de prendre des sanctions contre la Russie immédiatement après l'invasion de la Crimée fin février. L'UE a pris à la mi-mars les premières mesures à l'encontre des personnes impliquées dans la crise de Crimée. Entre temps des menaces de sanctions économiques ont été évoquées à plusieurs reprises.

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.