Polémique autour d’un référendum le jour des élections européennes

Le referendum pourrait prendre se faire sous forme de Questions à Choix Multiples. Shutterstock

L’idée d’un référendum sur les sujets nationaux du grand débat en parallèle des élections européennes suscite le débat, au sein de la majorité comme de l’opposition.

Lancée dimanche, l’idée d’un référendum national le 26 mai n’a pas tardé à faire réagir la classe politique française.

Selon le Journal du dimanche, le président Emmanuel Macron envisagerait de convoquer une consultation le 26 mai – jour du scrutin européen – sur différents sujets abordés dans le cadre du grand débat.

Ainsi, les électeurs français seraient appelés à se prononcer sur la réduction du nombre de parlementaires, la reconnaissance du vote blanc ou encore la limitation du cumul de mandats dans le temps.

Mélange des genres? 

L’opposition s’est rapidement montrée sceptique, à l’instar du président des Républicains (LR) Laurent Wauquiez, qui estime que le Président « prendra un grand risque » si les questions posées sont coupées des priorités des Français.

Tête de liste LR, François-Xavier Bellamy a assuré sur Radio Classique « qu’on ne sortirait pas de la crise des gilets jaunes avec un referendum ».

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À gauche, mais aussi chez La République En Marche (LREM), les pro-européens ont regretté que l’hypothèse risque d’occulter le sujet européen, tout en reconnaissant que l’avantage du référendum serait d’attirer plus d’électeurs dans les bureaux de vote.

À l’extrême-droite, Marine Le Pen s’est aussi insurgée contre cette idée de référendum, qui risque de lui couper l’herbe sous le pied. La leader d’extrême-droite défend en effet l’idée d’un référendum sur l’adhésion à l’Europe. Elle a ainsi déclaré qu’elle voyait dans un tel scrutin une « manœuvre », destinée à « détourner le sujet des européennes ».

Au sein même de la majorité, des voix se sont élevées pour protester contre cette hypothèse. Ainsi, le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian s’est dit défavorable à l’organisation de ce scrutin.

« L’enjeu européen est suffisamment fort pour en faire un enjeu européen. Le référendum c’est autre chose, c’est un enjeu national. Je ne pense pas qu’il faille mélanger les deux (…) ce n’est pas souhaitable », a-t-il dit sur France Inter.

La ministre des Affaires européennes Nathalie Loiseau a aussi indiqué qu’elle souhaitait qu’on parle d’Europe le 26 mai, tout comme le député LREM Aurélien Taché qui s’est dit « un petit peu sceptique sur la date » du référendum.

Le délégué général d’En Marche, Stanislas Guerini, a de son côté temporisé lundi matin sur France Info, en indiquant que « toutes les réponses [ne pouvaient pas] être contenues dans un référendum

Pour l’eurodéputé Jean Arthuis, soutien de Macron depuis le début, n’est pas non plus convaincu par ce referendum.

Parmi les soutiens de Macron, certains avancent l’argument de la mobilisation. Un référendum permettrait en effet d’inciter les gens à aller voter, ce qui donnerait aux élus européens davantage de crédibilité.

Le taux de participation aux européennes a régulièrement reculé depuis les premières élections, en 1979, passant de 60 % à 40,63 % en France en 2009, puis 42,4 % en 2014, soit légèrement en dessous de la moyenne européenne qui était de 42,6 % des votants.

S’il attire plus de participants lors du scrutin européen, le parti présidentiel LREM a toutes les chances de renforcer sa position de leader, une manœuvre qui inquiète logiquement l’opposition.

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