Pologne : les électeurs rejettent massivement Kaczynski [FR]

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L’UE peut respirer plus facilement, à l’issue du scrutin des élections législatives organisées hier, le 21 octobre, annonçant la fin des deux années de mandat de Jaroslaw Kaczynski en tant que Premier ministre, mandat souvent caractérisé par des confrontations avec les autres pays européens.

Avec une participation de plus de 55 %, les électeurs polonais se sont massivement rendus aux urnes lors des élections législatives de dimanche, ce taux n’ayant pas été enregistré depuis la chute du communisme en 1989.

Plus de 40 % des électeurs ont préféré le parti Plateforme civique, libéral de centre droit, dont le leader, Donald Tusk, qui pourrait devenir le futur Premier ministre polonais, a promis d’adopter une politique étrangère plus modérée afin de mettre un terme à la marginalisation croissante de la Pologne.

Au cours de sa campagne, M. Tusk a également promis d’engager des réformes en faveur des entreprises, comme la privatisation des dernières entreprises polonaises publiques et la réduction de la bureaucratie. En outre, l Plateforme civique a affirmé vouloir adopter l’euro en 2012-2013.

Le parti Droit et Justice de Kaczynski a à peine récolté plus de 30 % des voix dans des élections qui ont mis en exergue le grave fossé générationnel en Pologne. La plupart des jeunes, dont beaucoup ont peu, voire aucun souvenir de la période communiste, ont soutenu la Plateforme civique pro libérale, tandis que nombre d’électeurs plus âgés ont opté soit pour le parti Droit et Justice, soit pour le parti populaire polonais, qui a recueilli presque 10 % des voix, d’après les sondages effectués à la sortie des bureaux de vote.

Le résultat officiel sera rendu public le 22 ou le 23 octobre.

Dans une déclaration, Manuel José Barroso, président de la Commission européenne, a félicité Donald Tusk et a insisté sur l’importance de la contribution de la Pologne à l’Union européenne et à l’esprit européen de la population polonaise.

Il s’est dit impatient de commencer une coopération fructueuse avec le prochain gouvernement polonais.

Au cours des deux dernières années, les positions nationalistes et conservatrices du Premier ministre sortant, Jaroslaw Kaczynski, et de son parti Droit et Justice faisaient hausser les sourcils dans les cercles européens et avaient récemment menacé  les négociations du traité européen.

Jaroslaw Kaczynski, dont le frère jumeau Lech Kaczinski est président de la Pologne jusqu’en 2010, avait fait les gros titres en déclarant que le poids du vote polonais au Conseil était biaisé, en raison des millions de Polonais morts lors de l’invasion et l’occupation de l’Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale.

D’autres questions, comme le récent désaccord  sur la journée contre la peine de mort, proposée par l’UE, le refus  polonais que l’OSCE ne surveille le déroulement des élections et la « chasse aux sorcières  » contre les anciens responsables communistes, embarrassent les Polonais plus modérés et plus ouverts, qui applaudissent en majorité un changement de gouvernement.   

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