Imbroglio sur l’appartenance politique de Victor Ponta

epa05010176 Victor Ponta en novembre 2014. [EPA/ROBERT GHEMENT]

Alors que le parti socialiste « historique » de Roumanie songe à rejoindre un groupe d’extrême-droite au Parlement européen, l’ex Premier ministre roumain Victor Ponta hésite entre  les groupes conservateurs et socialistes au Parlement européen.

Sur son site Internet, le groupe des Conservateurs et Réformistes européens (CRE) liste le parti ProRomania, formé par l’ancien Premier ministre socialiste roumain Victor Ponta, comme un de ses membres. Le parti roumain a cependant assuré que ce n’était pas le cas et qu’il avait reçu une invitation d’Udo Bullmann à se joindre au groupe des Socialistes et Démocrates (S&D) au parlement européen.

Une affiliation logique, assure son fondateur, Victor Ponta. « Notre seule déception est le manque de courage du S&D, qui aurait dû prendre position en ce qui concerne l’éloignement du Parti socialiste roumain des valeurs démocratiques et socialistes », ajoute-t-il.

L’ancien Premier ministre veut que le PSD, très critiqué en Europe pour ses réformes menaçant l’état de droit, quitte la famille socialiste européenne quand son nouveau parti y entrera. Si toutefois le S&D décidait de ne pas remplacer le PSD par ProRomania, le nouveau parti pourrait se tourner vers le groupe d’Emmanuel Macron. « Des contacts officiels ont déjà été établis », assurent des sources au sein du parti.

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Bullmann n’a invité personne

Face à ces informations contradictoires, Euractiv a contacté Udo Bullmann, chef de file du S&D au parlement européen. Et celui-ci n’a pas confirmé la version de Victor Ponta.

« Pour le moment, nous faisons campagne pour que les progressistes européens obtiennent un bon résultat et pour que Frans Timmermans devienne président de la nouvelle Commission. Nous n’avons pas eu le temps d’inviter officiellement qui que ce soit », a-t-il indiqué, sans pour autant rejeter une alliance : « après les élections, nous discuterons avec tous les progressistes et déciderons comment établir notre groupe parlementaire ».

Des sources proches de l’ancien chef de gouvernement roumain assurent que la seule personne qui voulait que ProRomania rejoigne le CRE était Laurențiu Rebega, dont le nom apparait en effet sur le site du groupe. « Il ne compte plus et il n’est plus candidat pour nous », insistent ces sources.

Dans plusieurs interviews, Victor ponta a insisté sur le fait que son nouveau parti était très pro-européen et a promis de rejoindre « une famille politique européenne faisant la promotion d’une Europe plus intégrée et d’un programme progressiste ».

Le Parti socialiste européen a déjà mis entre parenthèses ses relations avec le PSD. Une décision finale devrait être prise lors du congrès de juin. Liviu Dragnea, qui dirige le parti, n’a pas exclu de s’allier à l’extrême droite pour la prochaine mandature européenne.

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L’actu en capitales récapitule l’info de toute l’Europe, grâce au réseau de rédactions d’Euractiv.

 

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