Le PPE reste la force dominante du Parlement européen

Des citoyens attendent les résultats des élections européennes devant le Parlement à Bruxelles le dimanche 26 mai 2019. [EPA-EFE/JULIEN WARNAND]

Le parti populaire européen conservateur a une nouvelle fois remporté le plus grand nombre de sièges au Parlement européen. Mais aura du mal à construire une majorité face à la montée des verts, des libéraux et de l’extrême droite.

Les Verts auront été la grande surprise de cette soirée électorale. Ils passent de 50 à 67 sièges au Parlement, grâce notamment à une forte représentation en Allemagne et en France, donnant naissance à l’expression de « vague verte ».

Les eurosceptiques et populistes d’extrême droite ont aussi gagné gros, mais ne parviennent pas à atteindre un tiers des sièges comme ils l’espéraient, malgré la victoire de Marine Le Pen en France et de Matteo Salvini en Italie.

Résultats surprises aux élections européennes

Le parti d’Emmanuel Macron à échoué à battre le Rassemblement national. Surprise du scrutin, les Verts deviennent la troisième force française au Parlement européen.

Selon les résultats publiés à 1h35 du matin, le PPE était en bonne voie pour obtenir 179 eurodéputés (soit 38 de moins qu’en 2014) dans le Parlement européen de 751 sièges. Les sociaux-démocrates ont quant à eux remporté 152 sièges (35 de moins). C’est la première fois que les deux plus vieux groupes politiques perdent leur majorité commune au sein de l’hémicycle.

Le Spitzenkandidat du PPE, le Bavarois Manfred Weber, a rapidement revendiqué son droit à s’emparer du plus haut poste de l’UE. « Si nous sommes le plus grand groupe, alors chaque citoyen dira que le plus grand groupe a le droit de nommer le président de la Commission », a-t-il déclaré à Berlin.

« Il n’y a pas de majorité possible contre le PPE », a ajouté Manfred Weber à Bruxelles quelques heures plus tard, en proposant toutefois une coalition pro-européenne. « Quand je regarde les chiffres, je ne vois aucune majorité se crée contre les libéraux, les socialistes et le PPE. Ce que je demande, c’est que nous unissions nos forces pour travailler ensemble. »

En réalité, une alliance informelle comprenant l’extrême gauche, le S&D, les Verts et possiblement les libéraux de l’ALDE semble être dans les tuyaux, comme certains leaders de ces partis l’ont laissé entendre.

Le Spitzenkandidat des socialistes, Frans Timmermans, a insisté sur sa proposition de créer une plateforme des partis progressistes. « Mon offre est sur la table », a-t-il déclaré après l’annonce des premiers résultats.

« Je cherche à créer une majorité progressiste pour faire ce que les gens attendent de nous », sur des questions comme le changement climatique ou la justice sociale.

La candidate des libéraux pour la présidence de la Commission, la Danoise Margrethe Vestager, était sur le point d’accepter son offre puisqu’elle a mentionné Frans Timmermans et les Verts pour forger une alliance progressiste. « Il y a de la place pour les négociations », a-t-elle déclaré. « Le plus important est le changement pour que nous puissions agir que des questions comme la lutte contre le réchauffement climatique et la justice fiscale. »

Le PPE a perdu beaucoup de soutien en Europe occidentale, notamment en France, en Espagne, dans les pays du nord, mais est encore très représenté en Autriche, Allemagne, et Europe de l’Est comme en Hongrie, Roumanie, Bulgarie et Slovénie.

Manfred Weber s’est réjoui de la première place du PPE, mais le sentiment au sein de son parti n’était pas aussi victorieux.

L'actu en capitales: Tour d'Europe des résultats des européennes

L’actu en capitales récapitule l’info de toute l’Europe, grâce au réseau de rédactions d’Euractiv.

Tous les yeux rivés sur Macron

Tous les regards seront maintenant tournés vers le nouveau groupe centriste, représenté par la fusion du parti Renaissance d’Emmanuel Macron et de l’ALDE, qui est désormais le troisième plus grand groupe avec 105 eurodéputés. Emmanuel Macron n’a pas encore officiellement soutenu le PPE ou le S&D, mais des sources diplomatiques affirment que des contacts avec les sociaux-démocrates ont déjà été établis.

Malgré ses désirs de réforme et pro-européens l’année dernière, la position d’Emmanuel Macron est toutefois affaiblie à cause de sa défaite face à Marine Le Pen.

Point positif de ces élections : le taux de participation est le plus élevé depuis les élections européennes de 1999 (50,5 %), comparé à 42 % en 2014. Cette hausse de la participation, notamment en France, en Espagne ou en Pologne, a permis de renverser la tendance déclinante depuis que les Européens ont commencé à voter en 1979.

Le plus grand gagnant de ces élections est le « bad boy » Viktor Orban du PPE, qui a raflé plus de 50 % des voix en Hongrie, confirmant ainsi sa mainmise sur le pouvoir. La Lega italienne de Matteo Salvini a quant à elle obtenu près de 30 % des voix mais n’a pas réussi à devenir le plus grand parti individuel du Parlement. L’Italien a pour projet de monter un nouveau groupe eurosceptique dans l’hémicycle européen.

Salvini grand vainqueur des élections européennes en Italie

Après une année au gouvernement, l’équilibre des pouvoirs entre le Mouvement 5 étoiles et la Lega s’est inversé : l’extrême droite a doublé son score, passant de 17,4 à 33,6 % alors que les anti-systèmes se sont effondrés de 32,7 à 16,7 %.

Dans l’ensemble, la marche des populistes eurosceptiques ralentit et le bloc de l’extrême droite continue d’être fragmenté et a peu de chances d’être invité à faire partie d’une coalition.

L’autre grand gagnant de la nuit sont les Verts, grâce à leurs résultats spectaculaires en Allemagne où ils arrivent second après le parti CDU de la chancelière allemande, ou encore en Irlande et en France.

« Ce soir, la vague verte nous donne le mandat et le devoir d’opérer des changements en Europe. La nouvelle Commission devra prendre cela en compte puisque notre programme de protection du climat, de justice sociale et de défense de l’état de droit et de la démocratie a permis aux Verts cette importante victoire », a déclaré la tête de liste européenne des Verts, Bas Eickout.

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.