Face au populisme, les pro-UE s’organisent

epa05869996 Des manifestants pro-européens manifestent lors d'un rassemblement devant le Parlement à Londres, en Grande-Bretagne, le 25 mars 2017. Les manifestants ont appelé le Royaume-Uni à rester dans l'UE. Le Premier ministre Theresa May devrait déclencher l'application de l'article 50 le 29 mars. EPA/ANDY RAIN [Andy Rain/EPA]

Face aux eurosceptiques, qui veulent faire des élections européennes un référendum sur l’UE, la société civile appelle les forces progressistes à se rassembler pour défendre le bloc.

Des millions de citoyens européens se rendront aux urnes dans moins d’un an. Certains observateurs craignent que le scrutin ne renforce les partis politiques d’extrême droite et anti-UE. Certains d’entre eux sont déjà en position de force dans plusieurs États membres, dont l’Italie, la Pologne, la Hongrie ou encore l’Autriche.

« Ligue des ligues »

Le ministre italien de l’Intérieur, Matteo Salvini, issu du parti d’extrême droite de la Ligue, a révélé son l’intention de mettre sur pied une « Ligue des ligues », mouvement rassemblant les partis d’extrême droite de toute l’Europe. Un objectif que vise également l’ancien conseiller de Donald Trump, Steve Bannon, qui a annoncé qu’il chercherait à renforcer ces mouvements en Europe par le biais d’une fondation.

Bannon tente de «trumpiser» la politique européenne

L’ancien conseiller de Trump veut unir les partis populistes et de droite de l’UE. Son organisation, « Le Mouvement », tentera d’influencer les élections européennes de mai 2019.

En réponse à ces mouvements populistes nationaux, des organisations telles que CIVICO Europa et Pulse of Europe ont lancé un appel aux mouvements civiques européens, aux leaders d’opinion, aux personnalités politiques et aux citoyens, afin de former une Alliance Europa, une plateforme au sein de laquelle organiser des débats et une redéfinition de l’Europe de demain.

« Nous voulons écouter les citoyens et les faire s’exprimer sur la manière dont ils veulent améliorer les sociétés ouvertes et progressistes de l’Union européenne », ont déclaré des représentants de ces organisations.

Ils organiseront donc des conventions citoyennes dans les mois à venir et le processus aboutira à un « Congrès du renouveau européen » en janvier de l’année prochaine, en préparation des élections de mai.

« Les coalitions nationales égoïstes mènent à la guerre. Nous voulons unir les citoyens européens ; nous ne sacrifierons pas (à nouveau) notre avenir sur l’autel du nationalisme », ont insisté les partisans d’Alliance Europa.

« Pour la première fois peut-être, [les élections européennes] pourraient ne pas exprimer des opinions sur les gouvernements nationaux, mais se jouer sur des questions majeures touchant à l’avenir de l’Union », estiment-ils. Les citoyens doivent donc avoir leur mot à dire, car ils « peuvent contribuer à renouveler la légitimité de l’UE et peut-être moderniser le paysage des partis ».

De son côté, le président français, Emmanuel Macron, a lancé son projet pro-européen en collaboration avec Albert Rivera, qui dirige le parti espagnol Ciudadanos, et d’autres responsables politiques de la même famille, tels que l’ancien Premier ministre italien, Matteo Renzi, ou le chef du Parti démocratique libre allemand, Christian Lindner.

Cette coalition pourrait toutefois mettre en péril l’existence du groupe libéral actuel au Parlement européen, l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe, dirigée par Guy Verhofstadt, l’un des groupes les plus pro-européens de l’hémicycle.

En Marche lance l'offensive anti-PPE et socialistes à Bruxelles

L’eurodéputé centriste Guy Verhofstadt a participé au lancement de la Grande Marche pour l’Europe, à Bruxelles. Objectif : écouter les citoyens, mais surtout dégommer les partis traditionnels.

 

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