La gauche européenne tente de mettre en place une alliance progressiste

Les représentants des S&D, Verts et GUE/NGL se sont rencontrés pour établir une stratégie commune. [Sarantis Michalopoulos]

Les dirigeants du S&D, des Verts et du GUE/NGL se sont réunis pour discuter d’une possible stratégie commune à l’approche des européennes de mai 2019. L’idée serait de contrer les néolibéraux et l’extrême-droite.

Lors d’une conférence organisée par Progressive Causus, un groupe informel d’eurodéputés issus des groupes Socialistes & Démocrates (S&D), Verts/Alliance libre européenne et Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique (GUE/NGL), les représentants des trois groupes, Udo Bullmann, Ska Keller et Gabi Zimmer ont souligné la nécessité d’une alliance progressiste.

Dimitris Papadimoulis, eurodéputé Syriza et vice-président du Parlement européen, qui défend une alliance de ce type, a estimé que la rencontre constituait un premier pas dans la bonne direction.

« L’initiative lancée par Progressive Caucus avec l’organisation de cette conférence n’aboutira que s’il est largement admis qu’il ne s’agit là que du début d’un processus de convergence intense des trois groupes autour d’une mission commune », estime-t-il.

La gauche européenne rêve d’alliance malgré ses divisions

Dans un projet de manifeste, le Parti de la gauche européenne se présente comme la « seule alternative » face aux conservateurs et à l’extrême droite, en dépit des divisions qui la fragilisent.

Le but n’est en effet pas seulement de combattre l’extrême droite et le dogme néolibéral, mais aussi d’atteindre des objectifs progressistes concrets du processus d’intégration européenne. « Il ne faut pas seulement influencer les décisions politiques après les élections européennes, mais aussi les personnes qui les dessinent », ajoute l’eurodéputé grec.

De concert avec le Premier ministre, Alexis Tsipras, il a mis en place une série d’initiatives pour construire des ponts entre les forces progressistes divisées et créer une large alliance avant le vote de 2019.

Udo Bullmann, Ska Keller et Gabi Zimmer ont utilisé le même style de rhétorique pour souligner la nécessité d’un changement du système de gouvernance actuel de l’UE, seule façon selon eux de lutter contre un virement à l’extrême droite après les élections.

« Cela faisait longtemps que j’attendais cet événement, une rencontre qui permette aux progressistes d’échanger leurs opinions pour voir ce sur quoi nous sommes d’accord et, je l’espère, définir une stratégie à suivre jusqu’au prochain mandat », a indiqué Udo Bullmann. « C’est ici que se joue la vraie bataille. »

Le chef de file du S&D estime que les principaux sujets à aborder sont le changement climatique, l’immigration, la mondialisation et le capitalisme agressif. Ce sont ces thèmes qui créent la peur au sein de la population, alors tentée de se tourner vers l’extrême droite.

« Nous devons reprendre le contrôle du développement de nos sociétés, et cela ne peut se faire qu’avec une réponse européenne », poursuit-il.

« Cela suffit-il ? Non. De nombreuses personnes diraient que l’Europe est la réponse, mais pas cette Europe que nous avons aujourd’hui, cette Europe a besoin d’un changement radical », assure l’Allemand, qui appelle de ses vœux « une Europe qui ne réponde pas aux marchés, mais aux besoins des citoyens, afin de bloquer le développement insensé de la structure capitaliste ».

Il estime donc nécessaire de mettre en place une « transition écologique du capitalisme », qui ne sera cependant possible que si les inégalités sont réduites dans la même foulée. « C’est la grande erreur qu’Emmanuel Macron est en train de faire, en tentant de créer des politiques écologiques pour quelques heureux élus, et non pour les masses. »

Majorités au Conseil européen

Ska Keller, l’une des deux Spitzenkandidaten choisis par les Verts pour les élections européennes, a pour sa part rappelé que l’initiative progressiste pro-UE « urgente » ne serait transposée en actes que si elles récoltent le soutien d’une majorité des membres du Conseil.

« Si nous voulons que l’Europe prenne la bonne direction, nous devons nous assurer d’obtenir le soutien de la majorité au Conseil. Nous voyons se dégager des majorités fantastiques au Parlement, mais il faut aussi récolter le soutien de la plupart des États membres », insiste-t-elle.

«Les élections européennes ont une chance de prendre un tournant progressiste»

L’Europe progressiste pourrait gagner la bataille des élections européenne. une réalité dont le PPE devrait prendre conscience au lieu de glisser vers les extrêmes, dénonce la coprésidente des Verts.

« Nous devons imposer nos idées en présentant des propositions concrètes, au lieu de rester dans une position de réaction au rhétoriques d’extrême droite. Nous avons besoin d’un Conseil progressiste », conclut-elle.

Gabi Zimmer, qui a récemment estimé que le S&D n’était pas « l’ennemi » des partis de gauche, a pour sa part mentionné le manifeste de Ventotene, une déclaration politique écrite par Altiero Spinelli et Ernesto Rossi pendant leur captivité sur l’île de Ventotene pendant la Deuxième Guerre mondiale.

« Nous avons besoin d’une nouvelle Europe, avec une vraie nature socialiste, qui pourrait rassembler tous ceux qui soutiennent les droits sociaux, l’écologie et la démocratie », a-t-elle indiqué.

Gabi Zimmer estime en outre que l’alliance progressiste ne devrait pas se limiter aux partis politiques, mais s’étendre également aux organisations de la société civile, faute de quoi la lutte contre l’extrémisme serait perdue.

Selon les informations obtenues par Euractiv, les groupes n’envisagent pas de présenter un candidat commun aux élections, étant donné que les Verts ont déjà choisi Ska Keller et Bas Eickhout, et que le S&D soutiendra Frans Timmermans, premier vice-président de la Commission actuelle.

Cependant, il est possible que les trois groupes politiques cherchent des majorités pour faire pression en faveur d’un candidat communément accepté après les élections européennes.

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