Renzi démissionne de la direction du Parti démocrate

Matteo Renzi se concentrera sur son poste de « simple sénateur » de Florence. [360b/Shutterstock]

Au lendemain des élections, Matteo Renzi a annoncé sa démission, qui prendra effet après la formation d’un gouvernement, et exclut toute alliance avec les « extrémistes ».

L’ancien président du Conseil italien Matteo Renzi a annoncé lundi sa démission de la tête du Parti démocrate (PD) au lendemain de la claque électorale subie par la formation de centre gauche, tout en excluant une alliance avec les partis « extrémistes ».

Le PD a recueilli environ 19 % des suffrages lors des élections législatives qui avaient lieu dimanche en Italie, loin des 32 % obtenus à lui seul par le Mouvement 5 Étoiles (M5S) et des 37 % réunis par une coalition de droite dominée par la Ligue (extrême droite, 18 % des voix), devant le parti de Silvio Berlusconi Forza Italia (14 %).

Matteo Renzi, qui a quitté son poste de chef du gouvernement en 2016 après avoir été désavoué lors d’un référendum sur une réforme constitutionnelle, en a tiré les conclusions au siège du PD à Rome en qualifiant d’« évidente » sa décision de renoncer à ses fonctions de secrétaire du Parti démocrate.

Il a toutefois précisé qu’il ne démissionnerait pas avant la formation d’un nouveau gouvernement et qu’en attendant, le Parti démocrate refuserait toute négociation de coalition.

« Le peuple italien nous a demandé d’être dans l’opposition et c’est là que nous irons. Nous ne formerons jamais un gouvernement avec des forces antisystème », a-t-il déclaré, faisant allusion au M5S et à la Ligue, qui ont tous deux revendiqué le droit de gouverner l’Italie après les résultats du scrutin.

« Si nous sommes des mafieux, si nous sommes corrompus et indignes comme candidats, si nos mains sont couvertes de sang, vous savez quoi ? Formez un gouvernement sans nous », a lancé non sans amertume l’ancien président du Conseil, qui se contentera de son nouveau rôle de sénateur de Florence. « Je ferai un travail qui me fascine, je serai simple sénateur. »

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Les Italiens sont très divisés quant à leur ancien Premier ministre italien, Matteo Renzi, mais pourquoi ? À l’approche des élections, notre partenaire, Italia Oggi, donne des éléments de réponse.

Le « démolisseur » au rebu

Certains au sein du Parti démocrate reprochent à Matteo Renzi d’avoir trop déporté la formation vers la droite et d’avoir péché par autoritarisme, conduisant une partie de l’aile gauche à former un parti « frondeur », Libres et égaux, crédité de 3 à 5 % des voix.

« Matteo Renzi a été effacé dans ce qui constitue peut-être le cycle le plus court de l’histoire politique italienne », constate dans une note Francesco Galietti, analyste politique à Policy Sonar.

Le résultat de dimanche représente pour le Parti démocrate un contraste saisissant avec celui des élections européennes de 2014, quand les électeurs italiens avaient accordé 40 % de leurs votes au PD, légitimant le coup de force opéré par Matteo Renzi quelques mois plus tôt à la tête du parti de centre gauche.

Affichant alors moins de 40 ans, le jeune dirigeant était alors surnommé le « rottamatore » (le démolisseur) pour sa capacité à bousculer le paysage politique italien.

La lenteur de la reprise économique a sapé la crédibilité de sa politique de réformes et sa décision de transformer le référendum constitutionnel de 2016 en vote sur sa personne a été une erreur, de son propre aveu.

En remettant sa démission à la prochaine formation d’un gouvernement, qui pourrait prendre des mois, Matteo Renzi a fini d’irriter ses adversaires au sein du PD.

« Quand un dirigeant démissionne, c’est sérieux. Ou il démissionne, ou il ne le fait pas », a pesté le sénateur Luigi Zanda dans un communiqué. « Annoncer sa démission et la reporter afin de continuer à diriger le parti et les phases institutionnelles des prochaines semaines est inexplicable. »

Le référendum italien et ses implications européennes

Pour évaluer les conséquences du « non » au référendum italien, attention à ne pas appliquer de grilles de lectures divergentes, selon Mario Telo.

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