Salvini grand vainqueur des élections européennes en Italie

epa07604525 Matteo Salvini, vice-Premier ministre et ministre de l'Intérieur, lors d'une conférence à Milan, Italie, le 26 mai 2019. [LO SCALZO/EPA-EFE]

L’équilibre des pouvoirs entre le Mouvement 5 étoiles et la Lega s’est inversé après les élections européennes. L’extrême droite a doublé son score, passant de 17,4 à 33,6 % alors que les anti-systèmes se sont effondrés de 32,7 à 16,7 %.

« Nous avons la mission historique de remettre le droit au travail, à la santé, à la vie, à la famille au centre du débat européen », a réagi Matteo Salvini, chef de file de l’extrême droite italienne, vers 1 heure du matin, après l’annonce de l’avancée fulgurante de la Lega.

Le ministre de l’Intérieur sort victorieux de son bras de fer avec son partenaire de coalition, le Mouvement 5 étoile (M5S) de Luigi Di Maio. Les électeurs ont récompensé ses politiques migratoires et économiques extrêmes en faisant doubler le score de la Lega par rapport à l’an dernier. L’extrême droite passe donc de 17,4 % à 33,6 %, une croissance inversement proportionnelle à celle du M5S, qui passe de 32,7 à 16,7 %.

Pour la première fois, la Lega – anciennement Ligue du nord, parti indépendantiste des régions septentrionales – est le premier parti d’Italie. Aux dernières européennes, le mouvement nordiste n’avait récolté que 6,15 % des voix.

Avec 28 sièges au prochain Parlement européen, la Lega pourrait devenir le parti le plus représenté au niveau européen avec la CDU de la chancelière allemande, Angela Merkel, et le Parti pro-Brexit de Nigel Farage, qui devrait cependant quitter le Parlement après le départ du Royaume-Uni.

Après une victoire aussi claire, la Lega a immédiatement réclamé le droit de nommer le prochain commissaire italien. « Nous demanderons un portefeuille ‘économique’, c’est-à-dire l’agriculture, la concurrence ou l’énergie », a indiqué le ministre de l’Intérieur lors d’un entretien à la télévision.

Il a également promis qu’il ne dissoudrait pas la coalition au pouvoir et ne demanderait pas de remaniement. « Au niveau national, rien ne change. Ma parole vaut plus que certains votes », a-t-il assuré, ajoutant que son ennemi n’était pas le M5S, mais le parti démocrate de centre gauche.

En Italie, l'élection européenne remet en jeu la coalition au pouvoir

Les élections européennes pourraient faire de la Ligue italienne le plus grand parti d’extrême droite du nouveau Parlement européen, élevant ainsi son leader, Matteo Salvini, au rang de porte-drapeau des populistes. Elles risquent aussi de faire plonger le pays dans des perturbations politiques.

M5E sur les genoux

C’est sans doute leur pire résultat électoral : le Mouvement 5 étoiles s’est fait dépasser par le Parti démocrate (PD), qui a récolté 23,5 % des voix. Les représentants du parti ont évité toute question de la presse après l’annonce des résultats, leur chef de file, le Premier ministre Luigi Di Maio se contentant d’une brève déclaration. « Nous avons été pénalisés par la faible participation dans le sud du pays. Maintenant, nous nous remettons au travail », a-t-il indiqué.

Pour sa part, le PD a fêté son retour en grâce après un score très décevant lors des élections générales de 2018. « Ce vote nous donne un nouveau défi politique : construire une alternative à Matteo Salvini, qui se révèle être le vrai dirigeant du gouvernement », estime son secrétaire général, Nicola Zingaretti.

Le PD devient donc le deuxième plus grand parti italien au Parlement européen, avec une estimation à 18 sièges pour le groupe S&D, aux côtés de 19 élus de la délégation socialiste espagnole.

En Italie, les forces pro-européennes tentent de s’unir

Carlo Calenda, qui fut ministre italien du Développement économique, veut créer une liste pro-européenne via sa nouvelle plateforme « Siamo Europei ».

Nouvelle coalition ?

Le parti Forza Italia de Silvio Berlusconi est pour sa part sorti vainqueur de son duel contre les Frères d’Italie (extrême-droite) qui se sont récemment joints au groupe conservateur (CRE) à Strasbourg. L’écart entre ces deux partis anciennement associés à la Lega est d’environ 2 % et si les Frères d’Italie sont encore dominés, ils enregistrent la deuxième plus grande hausse depuis les élections de l’an dernier, alors que Forza Italia, affiliée au PPE, est en chute libre.

Les deux partis souhaitent ressusciter leur alliance avec le parti de Matteo Salvini, pour remplacer le gouvernement Lega-M5E.

Les libéraux de +Europa n’ont quant à eux pas dépassé le pourcentage de 4 % des voix pour être représentés parmi les 73 sièges italiens au Parlement européen. La participation italienne est de 56,1 %, près de trois points de moins qu’aux dernières européennes.

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