La CSU essuie une nouvelle perte avec la démission de son président

Horst Seehofer entend quitter son poste à la tête de la CSU, parti conservateur bavarois. Qui saura lui succéder ? [Clemens Bilan/ epa]

Le ministre allemand de l’Intérieur, Horst Seehofer, renonce à son tour à la présidence de son parti, la CSU.

Le ministre allemand de l’Intérieur, Horst Seehofer, quittera prochainement la direction de la CSU. C’est ce qu’il a annoncé le 11 novembre à huis clos, à l’occasion d’une réunion entre les dirigeants du parti.

Il part pour permettre aux choses d’évoluer, car selon lui, « 2019 sera l’année du renouveau pour la CSU ». La date exacte de sa remise de fonctions n’est pas encore connue, mais Horst Seehofer abandonnera probablement sa présidence à l’occasion d’une conférence spéciale du parti qui doit avoir lieu en janvier.

Son mandat de ministre fédéral de l’Intérieur est censé durer jusqu’en 2021, mais le bruit court que Horst Seehofer pourrait aussi démissionner de ce poste-là, car sa vision de la politique allemande diverge de celle du parti.

En effet, lui et Angela Merkel sont convaincus que pour s’impliquer dans les hautes instances au niveau fédéral, il faut être président d’un parti puissant. Une déclaration officielle sur ses intentions suivra plus tard dans la semaine.

Si Horst Seehofer démissionne de son poste de ministre de l’Intérieur l’année prochaine, il faudra lui trouver un successeur, qui convienne également à la CSU. Certains se tournent vers le ministre-président bavarois, Markus Söder, qui a remplacé Horst Seehofer à ce poste en mars et est considéré comme son rival politique de longue date. Il semblerait cependant qu’il n’ait aucune intention de se lancer en politique au niveau fédéral.

Le ministre bavarois de l’Intérieur, Joachim Herrmann, est aussi  un candidat potentiel pour reprendre les fonctions de Horst Seehofer, même s’il partage la même vision politique qu’Angela Merkel et Horst Seehofer précédemment citée.

Bien que ce chef de file CSU ait été candidat aux élections du parlement allemand (Bundestag) en 2017, il souhaite uniquement remplir son mandat en Bavière, a-t-il confirmé pas plus tard que la semaine dernière. Les dernières élections du parlement allemand se sont tenues le 24 septembre 2017 pour le renouvellement des 598 sièges du Bundestag.

«La candidature de Manfred Weber est absurde»

Manfred Weber représente la CSU, un parti proche de Poutine, d’Orbán, et des forces anti-UE affirme la cheffe de file du groupe de la gauche radicale au Parlement européen.

Le tout nouveau leader du Parti populaire européen et membre de la CSU, Manfred Weber, est également envisagé. Toutefois, les chances pour qu’il arrive à jongler entre une candidature à la présidence de la CSU et sa campagne pour le poste de président de la Commission européenne sont assez minces.

Le week-end dernier, l’ancien ministre-président bavarois Edmund Stoiber a décrété que Horst Seehofer « devait » démissionner de la direction du parti. Comme successeur, il choisirait clairement Markus Söder, qu’il avait nommé secrétaire général de la CSU en 2003. « Je sentais qu’il portait l’ADN de la CSU en lui. Nous comptons toujours gagner », a commenté Edmund Stoiber.

Les appels à la démission de Horst Seehofer se sont multipliés ces dernières semaines. À Berlin, il est considéré comme un élément perturbateur au sein de la grande coalition gouvernementale CDU/CSU-SPD, de par ses provocations répétées contre la chancelière Angela Merkel. En juin, il s’était ouvertement opposé à elle en voulant verrouiller les frontières bavaroises pour des réfugiés déjà enregistrés, forçant ainsi le parti à revoir leur politique d’asile juste avant le sommet européen.

Le résultat des élections bavaroises d’octobre, au cours desquelles la CSU a perdu 10 % de ses électeurs, n’ont rien arrangé. Selon des sources du parti, l’intéressé a toujours considéré les demandes de démission comme « injustes ». Reste à savoir s’il abandonnera effectivement son poste de ministre de l’Intérieur.

En Bavière, les Verts mettent fin au monopole historique de la CSU

Le parti bavarois affilié à la CDU d’Angela Merkel a subi un revers historique lors des élections régionales. Les Verts deviennent quant à eux la deuxième force politique du Land. Un résultat qui augure de nouvelles difficultés pour la chancelière.

L’opposition exige quant à elle sans ménagement la démission du ministre. Katrin Göring-Eckardt, dirigeante des Verts allemands, a fait savoir au Tagesspiegel que « lorsqu’il s’agit de la sécurité intérieure de [son] pays, il ne doit pas y avoir de passe-droit ». Elle fait ouvertement référence à la politique du ministre de l’Intérieur, qui est de « mettre à mal la société » et d’attiser la division, ce qui constitue « un risque pour la sécurité ». En Allemagne, les partis d’extrême droite gagnent toujours plus de terrain, en témoigne l’entrée récente de l’AfD (parti islamophobe anti-UE et anti-immigration) dans tous les parlements régionaux du pays.

Le SPD, actuellement plus préoccupé par la rénovation du parti, craint pour sa part que les préoccupations européennes n’aient raison de la stabilité de la grande coalition. Kevin Kühnert, leader des jeunesses SPD, a déclaré à ce sujet : « l’année prochaine, nous croulerons sous des élections et des bouleversements politiques qui auront un plus grand impact. J’ai du mal à imaginer comment on s’en remettra ».

Horst Seehofer ne commentera ses projets qu’après la présentation aujourd’hui du nouveau cabinet bavarois par Markus Söder, le secrétaire général. Suite à la réunion privée de la CSU la veille, il avait lancé aux journalistes qu’il commencerait par rentrer chez lui, « le meilleur endroit pour prendre des décisions ».

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