Sánchez veut redonner à l’Espagne un rôle clé dans l’UE

Pedro Sánchez [EPA/Zipi]

Le Premier ministre espagnol veut que la cinquième plus grande économie de l’UE jour un rôle clé dans la prochaine Commission européenne et accroisse son influence dans le processus décisionnel de l’UE.

Après le Brexit, le pays ibérique a bien l’intention de revendiquer une position dans le noyau de l’UE. Le ministre des Affaires étrangères espagnol et ancien président du Parlement européen, Josep Borrell, pourrait aspirer à un poste de commissaire européen, suggèrent certains analystes.

Selon une enquête, les jeunes générations espagnoles, pourtant confrontées à un taux de chômage élevé, sont en réalité les plus engagées envers l’UE parmi les 28 États membres.

En Espagne, les élections européennes auront lieu en même temps que les élections locales et régionales. Les experts craignent que cela ne mène à un certain degré de « confusion » dans l’électorat. Jaume Duch, responsable communication et porte-parole du Parlement européen, nuance toutefois ces propos. « Comparé à il y a cinq ans, les citoyens espagnols sont mieux informés pour les élections européennes : ils comprennent mieux ce qui est en jeu ».

Expliquer les enjeux

Selon le chef de la représentation de la Commission européenne en Espagne, Francisco Fonseca, « il est clair que c’est confus pour les citoyens. Nous devons redoubler d’efforts pour expliquer ce qui est en jeu pour l’UE cette fois-ci. »

La campagne officielle pour les élections européennes en Espagne a commencé le 9 mai et les principaux candidats sont : l’ancienne ministre de la Santé, Dolors Monserrat (Parti populaire, PPE), le ministre des Affaires étrangères Josep Borrell (PSOE, S&D), Luis Garicano (Ciudadanos, ALDE) et María Eugenia Rodríguez Palop (Unidas Podemos, GUE).

Dolors Monserrat a récemment déclaré lors d’un débat télévisé sur les élections qu’elle se considérait « véritablement européenne ». « J’appartiens à l’une des premières générations Erasmus. »

María Eugenia Rodríguez Palopa quant à elle défendu la fin des politiques d’austérité en Europe. « Les limitations de dépenses et les coupes budgétaires viennent de Bruxelles. Unidas-Podemos veut faire entendre votre voix au Parlement européen », a-t-elle souligné.

Lors du même débat, Josep Borrell a rappelé que l’UE était « vitale pour notre paix et notre sécurité ». Le « pas d’Europe » n’est pas une option, a-t-il confirmé, tout en prévenant des dangers de la désintégration européenne.

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Les jeunes sont les premières victimes du manque d’information sur l’UE, le démarrage tardif de la campagne et une défiance accrue à l’égard des institutions.

La question catalane

Luis Garicano assure que son parti « prend l’UE très au sérieux » et insiste sur le fait que les candidats de Ciudadanos entreront dans l’hémicycle européen pour « défendre l’Espagne des attaques des nationalistes et populistes. »

« L’Europe a besoin de réformes et je m’engage à demander une réforme du Mandat d’arrêt européen », a-t-il déclaré en référence à la crise politique en Catalogne.

S’exprimant lors d’un débat EFE sur les élections européennes la semaine dernière, la candidate de centre droit Pilar del Castillo (PPE) a déclaré que son parti était déterminé à faire pression pour une réforme du mandat d’arrêt afin d’inclure le crime de « rébellion et sédition ».

Elle se référait directement à l’ancien dirigeant catalan, Carles Puigmont, qui s’est enfui en Belgique pour éviter d’être arrêté après la déclaration unilatérale d’indépendance de la région en octobre 2017.

La Cour Suprême d’Espagne a statué le 5 mai que Carles Puigdemont pourrait se présenter aux prochaines élections européennes, malgré une précédente interdiction.

Les candidats sont actuellement en campagne, déployant tous leurs efforts dans les grandes villes, mais aussi à la campagne. Ils veulent convaincre les électeurs de l’importance de l’UE, y compris dans ce que l’on appelle l’« Espagne vide », de petits villages avec très peu d’habitants et éloignés des principaux centres de décision.

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