Le ministre italien Luigi Di Maio soutient les Gilets jaunes

Luigi Di Maio EPA-EFE/CLAUDIO PERI

Luigi Di Maio, ministre du Travail et des Affaires sociales et leader du mouvement 5 étoiles qui s’est allié à l’extrême-droite pour gouverner, assimile les Gilets jaunes à son propre mouvement. Et critique ouvertement le gouvernement français.

Un ministre italien encourageant un mouvement politique français, voilà qui n’est pas commun.

C’est pourtant ce qu’a fait Luigi Di Maio, ministre italien du Travail et vice-président du Conseil des ministres. Sur le blog du parti Cinq étoiles, il a en effet incité les gilets jaunes à continuer leur lutte.

« Ne faiblissez pas », leur a-t-il enjoint.

Dans son texte, le leader du mouvement Cinq étoiles remarque que « la politique est devenue sourde aux mouvements des citoyens » qui sont tenus à l’écart des décisions importantes.

Le ministre veut croire que le cri qui monte fortement des rues françaises veut dire « nous voulons participer », et qu’il s’agit du même esprit qui a animé le mouvement 5 étoiles depuis sa création en 2009.

Comme en Italie, où le mouvement plutôt populiste de gauche s’est allié à l’extrême-droite pour gouverner, le mouvement des Gilets jaunes séduit à la fois l’extrême-gauche, qui les soutient sans réserve, et l’extrême-droite, très présente dans les manifestations notamment violentes.

Critique directe du ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner

Le ministre attaque aussi directement le ministère de l’Intérieur, une pratique peu commune en Europe où la diplomatie exige que les gouvernements ne critiquent pas la politique intérieure des autres pays.

« Au début, nous avons dû supporter les taquineries de vieux politiciens et les féroces attaques des médias. Ils ont dit que nous étions peu nombreux, par exemple. Un peu comme votre ministre de l’intérieur, Castaner, qui a dit hier « 50 000, c’est un peu plus d’une personne par municipalité en France, c’est la réalité du mouvement des Gilets jaunes  aujourd’hui, nous pouvons donc voir que ce mouvement n’est pas représentatif de la France » ».

« Le gouvernement Macron n’est pas à la hauteur des attentes et certaines des politiques qu’il défend, notamment au niveau européen, sont même dommageables non seulement pour les citoyens français mais aussi pour l’Europe », avance encore le ministre, citant les enjeux migratoires notamment.

La virulence du propos du ministre italien montre en tout cas que la campagne pour les élections européennes est véritablement en train de démarrer. La France a notamment réagi avec ce message de la ministre de Affaires européennes, Nathalie Loiseau.

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