Le Parlement enhardi par l’adhésion des Européens aux Spitzenkandidaten

Antonio Tajani s'est déclaré en faveur du système de Spitzenkandidaten à un an des élections européennes. EPA-EFE/STEPHANIE LECOCQ [Stephanie Lecocq/EPA/EFE]

Soutenu par le dernier eurobaromètre, le Parlement européen redit sa préférence pour le système de « Spitzenkandidaten » utilisé en 2013. Un processus rejeté par le Conseil.

Les élections européennes auront lieu du 23 at 26 mai 2019. Selon la loi électorale de 1976, les élections parlementaires européennes devraient avoir lieu entre le jeudi et le dimanche de la première semaine de juin. La loi permet cependant au Conseil, après consultation du Parlement, de décider d’autres dates en cas de besoin, tant qu’elles ne sont pas plus de deux mois avant et un mois après les jours prévus. Le Conseil avait déjà opté pour d’autres dates en 1984, 1989 et 2014.

Lors d’une conférence de presse, Antonio Tajani, le président du Parlement européen, a indiqué que son institution ferait son travail d’information des citoyens à l’approche du vote, mais a souligné que cette mission informative concernait également les partis nationaux, la société civile et les médias.

Il a rappelé que les derniers sondages de l’Eurobaromètre montraient une tendance positive vis-à-vis de l’UE, malgré le Brexit, « ou peut-être justement à cause » du Brexit. Le dernier sondage a été publié pendant son discours, le 23 mai.

Dans de nombreux pays, y compris le Royaume-Uni, des mouvements populaires inédits ont émergé pour soutenir l’UE.

Pulse of Europe: l'Europe est une question de guerre ou de paix

Mise en place fin 2016, l’initiative #PulseofEurope a rassemblé des milliers de citoyens dans les rues d’Europe pour soutenir l’Union européenne. Son fondateur, Daniel Röder, aborde l’avenir de l’UE avec Euractiv Allemagne.

Confrontation

Antonio Tajani a indiqué que les élections européennes étaient importantes parce qu’elles permettraient de décider non seulement de la constitution du prochain Parlement, mais influenceraient aussi la nouvelle Commission et le programme législatif de l’Union.

Selon l’Eurobaromètre, près de la moitié des Européens (49 %) soutient le système de Spitzenkandidaten, testé pour la première fois en 2013. Il avait permis de placer Jean-Claude Juncker, candidat de tous les partis affiliés au PPE, à la tête de l’exécutif.

Dans un contexte de débat sur l’Europe et son avenir, l’utilisation de ce système a du sens, a jugé le président du Parlement. Cette déclaration n’a rien d’une surprise. En février, le Parlement a voté en faveur d’une résolution excluant tout compromis entre les États membres sur le prochain dirigeant de la Commission.

Quelques jours après ce vote, les chefs d’État et de gouvernement européens ont cependant rejeté le mécanisme, également soutenu par Jean-Claude Juncker.

Passe d'armes entre eurodéputés et chefs d'État sur les Spitzenkandidaten

Les eurodéputés sont prêts à faire face aux dirigeants européens. Et à rejeter tout candidat à la présidence de la Commission qui n’aurait pas été choisi par les électeurs par une procédure transparente et ouverte.

 

L’Europe a la cote

Pour Bruxelles, les résultats de l’Eurobaromètre, dont le sondage a été effectué entre le 11 et le 22 avril, sont une bonne nouvelle. Ils indiquent que les citoyens considèrent toujours leur appartenance à l’Union comme positive.

60 % des citoyens estiment qu’il est bon de faire partie de l’UE, et ils sont 67 % à juger que leur pays bénéficie de son adhésion. C’est le plus haut score de cet indicateur particulier depuis 1983.

Ce sont les habitants d’Europe centrale qui sont les plus enthousiastes, alors que le sud de l’Europe est en général plus sceptique. La méfiance est à son comble en Italie et au Royaume-Uni.

Les citoyens du sud, ainsi que ceux des pays baltes, estiment que leurs voix ne comptent pas au sein de l’Union. Un sentiment inversé dans le nord du continent, où on estime être entendu. Dans l’ensemble, les résultats se sont améliorés depuis la deuxième moitié de 2016, après le référendum sur le Brexit.

L’enquête montre par ailleurs une corrélation importante entre la prospérité d’un pays et la satisfaction de ses citoyens vis-à-vis de l’appartenance européenne.

Les sujets qui inquiètent le plus les Européens sont, en ordre d’importance : la lutte contre le terrorisme (Belgique, France, République tchèque), la lutte contre le chômage des jeunes (Croatie, Slovaquie), l’immigration (Allemagne, Italie), l’économie et la croissance (Bulgarie, Grèce, Roumanie) et l’environnement (Danemark, Suède, Pays-Bas).

Seuls 32 % des citoyens savent quand seront les élections. Pour nombre d’entre eux, les élections nationales sont en effet plus importantes, et les élections européennes passent plus inaperçues. L’oublie de la date est une raison importante dans l’abstention aux européennes, bien que la raison principale reste la croyance que cela ne changera rien (60 % des abstentions). L’abstention est fortement influencée par les origines sociodémographiques : les citoyens qui votent le moins sont ceux qui ont un niveau d’éducation plus bas et les jeunes.

L’information et la couverture médiatique sont un élément crucial de la décision d’aller voter. Le Parlement européen a déclaré vouloir donner à quiconque est intéressé, fonctionnaire ou non, les moyens de faire campagne pour le vote. Ce soutien devrait permettre à plus d’Européens d’apprendre des choses sur les élections et leur impact au niveau local.

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