Top départ pour les européennes avec les dernières têtes de liste

Nathalie Loiseau s'est finalement déclarée candidate aux élections européennes le 14 mars

Nathalie Loiseau (LREM) et Raphaël Glucksmann (PS-Place publique) devraient être les derniers candidats à se déclarer.

La ministre des Affaires européennes s’est déclarée jeudi soir prête à conduire la liste de la majorité aux élections européennes, à l’issue d’un débat télévisé tendu avec Marine Le Pen. Après avoir longtemps indiqué qu’elle n’était pas candidate, Nathalie Loiseau a prétendu avoir été convaincue par Marine Le Pen qu’elle devait se présenter.

«Madame Le Pen, je voudrais vous dire bravo. Bravo, parce que vous avez réussi à me faire changer d’avis», a-t-elle déclaré en s’adressant à la présidente du Rassemblement national (RN) à la fin du débat.

Tout en prétendant ne pas être candidate, la ministre avait affuté son discours contre les populistes et le Rassemblement national, et pris l’habitude de torpiller le parti comme son adversaire politique principal. Un rôle qui sortait clairement de ses fonctions actuelles, même si la ministre a du de facto répondre, au Sénat comme à l’Assemblée nationale, régulièrement, aux attaques de l’extrême-droite.

 

LREM veut mettre la barre à droite pour les européennes

La ministre des Affaires européennes croise déjà le fer régulièrement contre le Rassemblement national . Un entraînement qui pourrait s’avérer utile dans la bataille électorale.

Depuis le début de la campagne, le cabinet de Nathalie Loiseau s’est transformé en bataillon anti infox, que ce soit à propos du traité d’Aix-la-Chapelle ou de l’immigration. De son côté, Nathalie Loiseau s’est affirmée, au point de se montrer pugnace face à l’aggressivité réputée de Marine Le Pen.

« Ce qui est intéressant n’est jamais facile. Il ne faut pas se comporter comme des poupées de porcelaine » assurait-elle dans une interview à Euractiv sur les femmes en politiques.

Durant le débat, Marine Le Pen a accusé la ministre, qui fut directrice de l’ENA avant de revenir au Quai d’Orsay, d’être une « hypertechnocrate » alors que Nathalie Loiseau lui rappelait son statut d « héritière ».

La ministre des Affaires européennes a de son côté reproché au RN de ne pas avoir de vision sur l’Europe, après avoir renoncé à sortir de l’Europe et sortir de l’euro, un axe de campagne qui devrait être récurrent pour LREM.

Glucksmann à la tête d’une liste mi-PS mi Place publique

La gauche, relativement inaudible jusqu’alors dans la campagne notamment faute de candidat, devrait tenter de revenir sur la scène médiatique dans les jours qui viennent : le Parti socialiste doit annoncer samedi qui sera sa tête de liste.

Après de longs débats internes, l’hypothèse d’une liste conduite par le Premier secrétaire du parti, Olivier Faure, aurait été écartée pour laisser la place à Raphaël Glucksmann.

Novice en politique, ancien proche de Sarkozy et ex-mari de la ministre de l’Intérieur de Géorgie, l’essayiste et journaliste s’est entouré de l’économiste Thomas Porcher et de la responsable de l’ONG Claire Nouvian pour convaincre le Parti socialiste de faire équipe, alors que Benoit Hamon a décliné et lancé sa propre liste.

L’alliance avec Place publique pourrait éviter un échec cuisant du Parti socialiste, qui risquerait de ne pas passer la barre des 5 % des voix et de ne pas avoir d’élu s’il partait seul.

Parmi les eurodéputés sortants, Eric Andrieu, Virginie Rozière, Christine Revault d’Allonnes et Sylvie Guillaume sont potentiellement candidat, mais seulement deux d’entre eux devraient figurer sur la liste en position éligible.

Les autres partis de gauche, qu’il s’agisse des Verts, de Génération et de France Insoumise, ne sont pas parvenus à s’entendre. Cet émiettement des forces en présence contribue à déplacer le centre névralgique de la campagne française sur la droite de l’échiquier politique, entre LREM, LR et le Rassemblement national.

L'émiettement de la gauche française pour les européennes aiguise les appétits

De Ségolène Royal à Benoît Hamon en passant par les plates-formes citoyennes, les ambitions de la gauche se démultiplient à l’approche des  élections européennes de mai 2019. Au risque de  se neutraliser entre elles.

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