Un péage pour les étrangers fait des vagues dans la campagne électorale allemande

Peage.jpg

Un parti allemand veut imposer des péages pour les conducteurs étrangers. La Commission européenne a indiqué qu’elle n’accepterait aucune mesure qui instaurerait une discrimination en raison de la nationalité. Un article en collaboration avec EURACTIV Allemagne.

Horst Seehofer, le dirigeant de l'Union chrétienne-sociale (CSU), le parti frère bavarois du CDU d'Angela Merkel, réclame depuis des années l'introduction de péages routiers pour les conducteurs étrangers qui se rendent sur les routes d'Allemagne ou de Bavière. Il a réitéré sa demande ces derniers jours. Il a ajouté qu'en l'absence d'un péage, il ne ferait pas partie d'une coalition avec Angela Merkel.

 

Selon des politologues, le moment est parfaitement choisi puisque les élections fédérales allemandes du 22 septembre se rapprochent. Des millions d'Allemands reviennent de vacances et se plaignent des péages routiers dans les pays voisins (Autriche, France, et Suisse) alors que les étrangers peuvent rouler dans leur pays gratuitement.

 

Dans certains pays comme la France, les péages s'appliquent à certains tronçons d'autoroutes. En Autriche et en Suisse, les visiteurs achètent une vignette hebdomadaire ou mensuelle pour rouler sur les autoroutes. Les habitants et résidents permanents de ces pays détiennent généralement une vignette annuelle.

 

Helen Kearns, porte-parole du commissaire en charge des transports, Siim Kallas, a expliqué que l'exécutif européen considérait « un péage routier pour les étrangers » comme une discrimination.

 

« La non-discrimination en raison de la nationalité est un principe fondamental du droit de l'UE […]. Vous ne pouvez donc pas faire preuve de discrimination, qu'il s'agisse de péages routiers ou d'autres sujets », a-t-il ajouté.

 

Cela implique que l'Allemagne devrait également appliquer un péage à ses automobilistes si elle veut mettre en place cette mesure.  La chancelière allemande a jusqu'à présent rejeté cette idée ainsi que l'introduction d'une limite de vitesse générale sur les autoroutes, cédant ainsi probablement à la demande de la puissante industrie automobile du pays.

 

Les embouteillages sont monnaie courante sur de nombreuses autoroutes allemandes et des péages aggraveraient la situation. Le prix du carburant dans les pompes à essence allemandes est plus élevé que chez tous ses voisins. Certains pensent donc que l'Allemagne perçoit un péage aux conducteurs par un autre moyen.

 

Selon des experts, les déclarations M. Seehofer ne visent pas à mettre à mal Angela Merkel. Plus populaire que lui-même en Bavière. Sa menace de ne pas rejoindre une coalition avec la chancelière ne devrait pas être prise trop au sérieux. De l'avis général, Angela Merkel accorde peu d’importance aux déclarations du dirigeant du CSU. Elle lui laisse une marge de manœuvre dans sa circonscription.

 

Les experts se demandent également si la proposition de péage n'a pas pour objectif d’alimenter la xénophobie plutôt que de renflouer les caisses de la Bavière. Les coûts prévus liés à l'installation et à la gestion des systèmes de péage devraient être plus élevés que leurs recettes générées.

Les Allemands se rendront aux urnes le 22 septembre 2013. Le pouvoir pourrait rester entre les mains de la coalition conservatrice actuellement en place, composée en grande partie de l'Union chrétienne-démocrate d'Angela Merkel. Ou passer aux sociaux-démocrates ou à une nouvelle coalition.

Dans la course aux élections, l'Europe n'est pas à l'ordre du jour.

>> Lire le linksdossier : Élections allemandes 2013 : ne mentionnez pas l’Europe

Subscribe to our newsletters

Subscribe