Une majorité de gauche « très improbable » selon un expert… et selon la gauche

Le leader de La France Insoumise Jean-Luc Mélenchon serre la main de Fabien Roussel, candidat à l'élection présidentielle et Secrétaire national du Parti communiste français, à l'Assemblée nationale en novembre 2018. [EPA-EFE/CHRISTOPHE PETIT TESSON]

Alors que les négociations en vue d’un accord pour les élections législatives se poursuivent, la perspective qu’une majorité de gauche puisse vraiment se dégager en juin prochain semble lointaine, aussi bien pour les experts que pour les leaders de gauche eux-mêmes.

Même si jeudi matin, le communiste Fabien Roussel concédait qu’elles « piétinent », les tractations entre les partis de gauche avancent tant bien que mal. Il considère néanmoins que le rassemblement pour la victoire « est toujours à portée de main ».

Pas d’union de la gauche, mais une « nouvelle Union populaire »

La France insoumise a saisi le message des autres formations de gauche qui récusent l’idée d’un alignement pur et simple derrière Jean-Luc Mélenchon : ce dernier a lui-même pris la peine de rectifier le tir, et souhaite désormais la création « d’une fédération ou d’une confédération » des partis de gauche, qui exprime le souhait « que chacun ait un groupe parlementaire, et en même temps un intergroupe », jeudi matin dans l’Humanité.

Mathilde Panot, députée et figure centrale de La France insoumise, veut aussi rassurer les futures parties prenantes à l’aventure commune, si elle était actée : pas d’union de la gauche, mais une « nouvelle Union populaire », l’objectif étant de « gouverner ensemble » pour « renverser aussi la monarchie présidentielle dans laquelle nous vivons ». La volonté demeure de faire nommer M. Mélenchon comme Premier ministre, mais autour d’un programme de gouvernement négocié.

Une majorité jugée « improbable »

Néanmoins, si les blocages existants étaient dépassés et si un tel accord était conclu – ce qui serait inédit -, ces projets se heurtent à la réalité de l’élection à venir.

« Imaginer que la gauche seule puisse avoir une majorité absolue, ça me semble très improbable », selon Mathieu Gallard, directeur de recherche auprès de l’institut de sondages Ipsos.

Y compris en imaginant « que se dessine un front anti-Macron » et que les électeurs de droite « votent pour la gauche pour faire barrage à LREM [le parti d’Emmanuel Macron] », explique-t-il à EURACTIV France.

Ce qui joue en la défaveur des candidats de droite et de gauche, c’est la « tripartition de l’espace politique ». Avec trois blocs forts, l’un de gauche, l’un d’extrême droite, et un dernier davantage centriste, « cela a tendance à favoriser » les candidats plus modérés ou se situant le plus au centre par rapport à leur adversaire du second tour.

Même la gauche n’y croit pas

Les forces politiques autour de la table des négociations – les Verts, les socialistes, les insoumis et les communistes – semblent en avoir conscience. Le patron des écologistes Julien Bayou révélait, mercredi matin, un document qui sert de base aux négociations avec les Insoumis des investitures pour les législatives.

Bien loin des 289 députés nécessaires pour avoir la majorité absolue, ce document tablait sur 165 circonscriptions jugées « gagnables ». Tout au plus, la gauche pourrait être déterminante pour avoir la constitution d’une majorité.

Même si la gauche devait gagner dans toutes ces circonscriptions, l’écrasante majorité d’entre elles seraient remportées par la gauche radicale de M. Mélenchon. Si la majorité présidentielle n’avait pas assez d’élus, il est difficile d’imaginer un accord de gouvernement avec les Insoumis.

La gauche se fracture sur l’union autour de Jean-Luc Mélenchon

Pendant que se déroulent les négociations de La France insoumise avec les Verts, les socialistes et les communistes en vue des élections législatives, les états-majors sont divisés sur la forme que prendrait une telle union.

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