Ursula von der Leyen envisage l’adhésion de partis conservateurs au Parti populaire européen

Type de contenu:

Actualités Basé sur des faits, soit observés et vérifiés directement par le journaliste, soit rapportés et vérifiés par des sources bien informées.

Interrogée par des journalistes mercredi (21 février) pour savoir si elle serait personnellement ouverte à une coalition avec le CRE, elle a déclaré qu’elle était prête à travailler avec des forces qui respectent trois « règles d’or » : être pro-européen, pro-Ukraine et respecter l’État de droit. [SHUTTERSTOCK/Alexandros Michailidis]

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a laissé entrevoir la possibilité que certains partis du groupe des Conservateurs et Réformistes européens (CRE) rejoignent son groupe de centre droit, le Parti populaire européen (PPE), au sein du nouveau Parlement européen après les élections européennes de juin.

Interrogée par des journalistes mercredi (21 février) pour savoir si elle serait personnellement ouverte à une coalition avec le CRE, elle a déclaré qu’elle était prête à travailler avec des forces qui respectent trois « règles d’or » : être pro-européen, pro-Ukraine et respecter l’État de droit.

« La condition indispensable est de savoir si vous défendez la démocratie. Défendez-vous nos valeurs ? Êtes-vous très ferme sur l’État de droit ? Soutenez-vous l’Ukraine ? Et luttez-vous contre la tentative [du président russe Vladimir] Poutine d’affaiblir et de diviser l’Europe ? Ces réponses doivent être très claires », a-t-elle affirmé.

Mme von der Leyen a également indiqué que l’équilibre des pouvoirs au sein du futur Parlement n’était pas encore connu, évoquant la possibilité que certaines délégations du CRE rejoignent le PPE.

« Nous ne savons pas quels partis composeront [le CRE] après les élections, quels groupes le quitteront et, par exemple, rejoindront le PPE, ce qui est également possible », a déclaré la cheffe de l’exécutif de l’UE.

Certains groupes politiques, tels que les Socialistes et Démocrates européens (S&D), les Verts/ALE et La Gauche (GUE/NGL), ont dénoncé le virage à droite du PPE, observé à plusieurs reprises au cours des derniers mois.

Le PPE et Renew normalisent l’extrême droite, selon les socialistes

Au Parlement européen, le groupe des Socialistes et Démocrates (S&D) a accusé le Parti populaire européen (PPE) et le groupe Renew Europe de contribuer à la normalisation de l’extrême droite et des relations avec la Russie.

Lundi (19 février), Mme von der Leyen a annoncé qu’elle se portait candidate pour un second mandat à la tête de la Commission. Le président du PPE, Manfred Weber, a déclaré aux journalistes qu’elle serait la seule candidate à se présenter à la présidence de la Commission au nom du groupe de centre droit.

Mais elle ne sera pas candidate à un siège au Parlement européen, comme l’ont annoncé d’autres candidats d’autres groupes politiques européens.

En 2019, M. Weber était la tête de liste du PPE, parti qui avait remporté le plus de voix aux élections. Toutefois, c’est Ursula von der Leyen qui avait finalement été choisie pour présider l’institution.

Conformément aux traités de l’Union, les dirigeants européens peuvent prendre en compte la nomination de la tête de liste du parti ayant obtenu la majorité des voix au poste de président de la Commission, ou bien ils peuvent ne pas en tenir compte, comme ce fut le cas lors de la nomination de Mme von der Leyen.

Cette décision fait l’objet d’un vote à la majorité qualifiée, mais les États membres tentent de se mettre tous d’accord sur la nomination, afin de donner au nouveau président de la Commission la légitimité nécessaire pour exercer ses fonctions.

M. Weber n’avait pas été retenu en 2019 car sa candidature avait été contestée par un certain nombre de dirigeants de l’UE, dont le Premier ministre hongrois Viktor Orbán et le président français Emmanuel Macron. Mme von der Leyen a finalement été proposée à la dernière minute et sa candidature a fait l’objet d’un compromis entre les États membres.

Après la nomination par les chefs d’État, le candidat à la présidence de la Commission doit obtenir l’approbation par un vote à bulletin secret mené par les eurodéputés du Parlement pour se voir accorder un vote de confiance.

Selon les derniers sondages effectués par Europe Elects, le CRE sera probablement le troisième groupe le plus important du Parlement européen.

Si les prévisions se confirment, Mme von der Leyen, membre de l’Union chrétienne-démocrate allemande (CDU) pourrait encore diriger la majorité au Parlement avec le soutien de la « coalition » traditionnelle du PPE, du S&D et de Renew, bien que les libéraux du parti ALDE, qui fait partie du groupe Renew, aient récemment critiqué « la Commission européenne dirigée par le PPE ».

En 2019, l’Allemande avait obtenu le poste avec une marge de seulement neuf voix au Parlement européen. À l’époque, elle avait reçu le soutien du parti Droit et Justice (PiS) au sein du CRE. Cette fois encore, elle peut probablement compter sur le soutien de certains membres du CRE, comme le parti Fratelli d’Italia de Giorgia Meloni par exemple.

Les défis qui attendent Ursula von der Leyen durant un éventuel second mandat à la tête de la Commission européenne

Ursula von der Leyen s’est officiellement portée candidate pour un second mandat à la tête de la Commission. Si elle devait être choisie, elle devra s’adonner à un véritable exercice d’équilibriste pour maintenir l’unité de l’UE et garder l’extrême droite à distance.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]

Inscrivez-vous à notre newsletter

S'inscrire