Ursula von der Leyen ne doit pas briguer un second mandat, selon le président du Parti de la gauche européenne

À Bruxelles, les rumeurs concernant un second mandat de Ursula von der Leyen vont bon train, en particulier à l’approche des élections européennes de juin. L’intéressée est pour sa part restée très discrète à ce sujet jusqu’à présent. [Shutterstock/Alexandros Michailidis]

Le mandat d’Ursula von der Leyen en tant que présidente de la Commission européenne a été le « pire » depuis des années en raison du « bellicisme » de cette dernière et de sa gestion insensible de la migration, a expliqué le président du Parti de la gauche européenne (PGE), Walter Baier, à Euractiv, confirmant ainsi que son parti s’opposait à un éventuel second mandat de l’Allemande.

Le groupe de La Gauche (GUE/NGL) au Parlement européen a déjà voté contre Mme von der Leyen en 2019 après l’avoir mise en cause lors d’une réunion à huis clos : « Ses réponses n’ont pas suffi à satisfaire les aspirations fondamentales des citoyens de l’UE. Elles contribueront à perpétuer les problèmes chroniques auxquels l’UE est confrontée », avait alors déclaré le coprésident du groupe de La Gauche, Martin Schirdewan.

À Bruxelles, les rumeurs concernant un second mandat de Ursula von der Leyen vont bon train, en particulier à l’approche des élections européennes de juin. L’intéressée est pour sa part restée très discrète à ce sujet jusqu’à présent.

Lors d’un évènement organisé par Euractiv le 30 novembre, Thanasis Bakolas, secrétaire général du Parti populaire européen (PPE), auquel la présidente de la Commission appartient elle aussi, a laissé entendre que le groupe soutiendrait son second mandat.

M. Bakolas s’est dit « convaincu » que les « douze dirigeants [du PPE] assis à la table du Conseil européen feront ce qu’il faut et soutiendront le second mandat » de l’actuelle présidence de l’exécutif européen.

Israël-Hamas : Ursula von der Leyen répond aux critiques des fonctionnaires de l'UE

La présidente de la Commission européenne, critiquée par des fonctionnaires de l’UE pour son soutien à Israël, s’est défendue en assurant que l’UE travaillait pour la sécurité des civils « de toutes les confessions et de toutes les nationalités », d’après une note interne consultée par Euractiv.

Le président du PGE a également déclaré qu’il pensait qu’un glissement à droite aurait lieu avec la prochaine Commission, résultant d’un marchandage entre les conservateurs et l’extrême droite. La gauche européenne resterait une force « d’opposition et de contrôle » au cours de la prochaine législature, sans pour autant obtenir de postes à responsabilité, a-t-il indiqué.

En tant que force d’opposition, il a déclaré : « Nous nous tournerons vers le public et essaierons de mobiliser les gens contre l’austérité, contre la guerre, pour la transition écologique ».

Concernant le renouvellement du mandat de président de la Commission, il a déclaré qu’il était « impatient de voir partir Mme von der Leyen », n’hésitant pas à affirmer qu’elle avait été la pire présidente de la Commission qu’il ait pu voir depuis qu’il s’est lancé en politique.

« J’observe la politique européenne depuis plus de 15 ans, et c’est absolument la pire tournure […]. On peut dire qu’une femme à la tête de la Commission européenne est une réussite en soi, ce qui est tout à fait vrai, mais en même temps, elle est belliciste et elle manque de sensibilité en termes de politique migratoire. »

Il a déploré l’accord UE-Tunisie visant à fournir une aide financière à Tunis en échange du contrôle des migrants, ainsi que la position de Mme von der Leyen sur la guerre entre Israël et le Hamas palestinien, qui a également été largement critiquée par les fonctionnaires de la Commission.

Pour M. Baier, une autre erreur majeure de Mme von der Leyen a été de ne pas avoir abordé « rapidement et promptement » la crise sanitaire de la Covid-19, qui a entraîné des millions de morts, ainsi que la gestion controversée des accords sur les vaccins avec les grandes entreprises pharmaceutiques, en particulier avec Pfizer.

« C’était difficile, c’était nouveau, mais ils auraient pu réagir plus tôt », a-t-il affirmé.

Contrats Pfizer : un lobbyiste belge poursuit Ursula von der Leyen en justice

Un lobbyiste a déposé une plainte visant directement la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, auprès de la justice belge.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]

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