Ursula von der Leyen officiellement élue tête de liste du PPE

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La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, tête de liste du PPE pour les élections européennes de juin prochain, lors de la deuxième session plénière du Congrès du Parti populaire européen à Bucarest, Roumanie, 7 mars 2024. [EPA/ROBERT GHEMENT]

Les délégués nationaux présents au congrès du Parti populaire européen (PPE) à Bucarest ce jeudi (7 mars) ont officiellement élu l’actuelle présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen entant que tête de liste (spietzenkandidat) du parti pour les élections européennes de juin. Elle sera donc candidate à sa propre succession.

Mme von der Leyen, qui a présenté sa candidature pour un second mandat à la tête de la Commission le 19 février, n’a rencontré que peu d’opposition. Sur les 801 délégués du PPE de toute l’Europe éligibles au vote, 499 ont exercé leur droit, et parmi ceux-ci, seuls 89 étaient opposés à la candidature de l’Allemande.

Le manque de participation montre que sa nomination était largement anticipée et qu’elle n’a pas suscité l’intérêt des délégués.

La délégation du parti Les Républicains (LR, PPE) avait semé l’incertitude concernant sa nomination après avoir annoncé qu’elle voterait contre Mme von der Leyen.

En effet, un représentant du parti avait confié à Euractiv plus tôt qu’ils n’étaient pas les seuls à s’opposer à sa candidature, car « de nombreux collègues, et un nombre substantiel en fait, y compris des collègues allemands, […] nous ont remerciés d’être le porte-parole de leurs propres réserves ».

Puisque le PPE est quasiment assuré de rester le plus grand groupe au Parlement européen et que plusieurs dirigeants européens lui sont favorables, Ursula von der Leyen est presque certaine d’obtenir un second mandat à la tête de l’exécutif européen.

« En tant qu’européenne dans l’âme, ce moment me touche. […] J’ai hâte de me battre avec ce merveilleux parti [le PPE] à mes côtés », a écrit la tête de liste nouvellement élue sur X après l’annonce.

Promesse d’un rapprochement avec le PPE

Au congrès, Mme von der Leyen a souligné les principaux éléments de la campagne et de la législature à venir.

« Le signal de Bucarest aujourd’hui est que le PPE défend l’Europe […] Nous sommes démocratiques et unis, pro-UE, pro-Ukraine, pro-État de droit », a déclaré Mme von der Leyen aux délégués avant le vote.

Outre les sujets de discussion habituels que sont le soutien à l’Ukraine et le renforcement de la défense européenne, elle a notamment mis l’accent sur les thèmes de prédilection du PPE, à savoir la lutte contre l’immigration clandestine, le renforcement de la compétitivité et la protection des agriculteurs dans l’ensemble de l’Union.

Son allocution était un autre signe qu’elle se rapprocherait de la ligne du PPE si elle devait être élue.

« Toutes les positions du programme du Parti populaire européen sont couvertes par Ursula von der Leyen », a déclaré à la presse le président du PPE, Manfred Weber.

Un manifeste controversé

Certains des points les plus radicaux du manifeste du PPE, qui s’écartent du ton plus modéré de Mme von der Leyen lors de son premier mandat, ont suscité des interrogations lors du congrès.

Par exemple, le manifeste promet une répression de l’immigration en approuvant le modèle controversé d’accord entre le Royaume-Uni avec le Rwanda pour l’externalisation des demandes d’asile, dans le cadre duquel les migrants seront envoyés dans des pays tiers durant le traitement de leurs demandes d’asile. Pour rappel, le projet du Royaume-Uni avec le Rwanda, annoncé par le Premier ministre britannique Rishi Sunak, a été jugé contraire au droit international par la Cour suprême du Royaume-Uni.

En outre, le centre droit cherche également à tripler le personnel de l’agence européenne des frontières Frontex pour le porter à 30 000 personnes, malgré les controverses répétées de l’agence et les enquêtes lancées par la Médiatrice de l’UE sur ses opérations.

Après la décision de la Cour suprême, le Royaume-Uni réécrit un nouvel accord migratoire avec le Rwanda

Le Royaume-Uni a tenté mardi de sauver son accord avec le Rwanda visant à verser de l’argent au pays pour les demandeurs d’asile, en signant un nouveau traité, tandis que les ministres espèrent que le pacte révisé servira de modèle.

En ce qui concerne le Pacte vert pour l’Europe (Green Deal), le manifeste affirme que le PPE mènera sa « prochaine phase » de « mise en œuvre » en plaçant les solutions technologiques et la croissance économique au centre des choix politiques et de la neutralité climatique, par opposition avec le fait de gouverner avec « l’idéologie ».

Le PPE est fermement décidé à conserver le portefeuille environnemental de la Commission, que les socialistes veulent récupérer après les élections européennes. « Le Green Deal est entre de très bonnes mains, entre les mains du PPE », a récemment déclaré Thanasis Bakolas, secrétaire général du parti, lors d’un entretien avec Euractiv.

Le PPE s’est retrouvé dans la tourmente ces dernières mois pour avoir avoir fait machine arrière sur des législations environnementales clés proposées par la Commission von der Leyen, telles que la loi sur la restauration de la nature.

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Les partis européens de centre droit ont profité du congrès du Parti populaire européen mercredi (6 mars) pour exprimer leurs préoccupations sur des questions nationales et leur opposition à la ligne du parti, nombre d’entre eux ressentant la pression exercée par la montée de l’extrême droite.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]

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