Ursula von der Leyen tente d’amadouer les socialistes

La présidente du groupe S&D, Iratxe Garcia Perezet Ursula van der Leyen. [Parlement européen]

La candidate à la présidence de la Commission a répondu aux questions du groupe des socialistes et démocrates au Parlement européen. Le vote des eurodéputés sur sa candidature s’annonce serré notamment en raison des divisions au sein des socialistes.

Climat, migration, égalité des genres, ou accords commerciaux. Dans un courrier des 8 pages adressé à la présidente des socialistes et démocrates européens, l’Espagnole Iratxe Garcia Perez, la candidate à la succession de Jean-Claude Juncker a tenté de montrer patte blanche au deuxième groupe du Parlement européen.

Ursula von der Leyen doit obtenir 374 voix au Parlement européen, soit la majorité absolue, lors d’un vote crucial le 16 juillet. Elle est pour l’instant loin d’être assurée de les obtenir. Et du côté du deuxième groupe de l’hémicycle, les avis son loin d’être unanimes. Les réponses apportées par la candidate à certaines des questions posées par les eurodéputés socialistes feront la différence.

Sur la question du climat, la candidate à la Commission a affirmé être en faveur de la neutralité carbone d’ici à 2050. A plus court terme, Ursula van der Leyen promet également aux socialistes de renforcer les objectifs de réduction des émissions à l’horizon 2030, en fixant un seuil minimum de 55%, alors qu’il est aujourd’hui de 40%.

Pour atteindre cet objectif et mettre le continent sur les rails pour la neutralité carbone d’ici 2050, l’Allemande propose de mettre à contribution deux outils : le système d’échange de quotas de CO2 (ETS) qui ne couvre aujourd’hui que certains secteurs, et la mise en place d’une taxe carbone aux frontières de l’UE.

Sur le volet économique, la candidate fait un certain nombre de propositions qui ne vont pas vraiment plus loin de ce qui a été mis en place lors de la mandature précédente. Mais qui répondent à des demandes des socialistes, inquiète de son profil conservateur et qui craignent un retour à l’orthodoxie budgétaire. Ainsi, Ursula van der Leyen affirme qu’elle utilisera « toutes les flexibilités permises par le pacte de stabilité et de croissance ». Une approche déjà mise à l’œuvre par Jean-Claude Juncker pour éviter des sanctions aux États membres – dont la France- qui peinaient à respecter les critères de Maastricht.

Le positionnement en faveur d’un budget de la zone euro reste lui  relativement peu ambitieux, puisque van der Leyen ne fait que répéter son soutien à un « instrument budgétaire pour la convergence et la compétitivité de la zone euro », sans proposer d’aller plus loin.

Le vote du Parlement sur Ursula von der Leyen met la politique européenne à l’épreuve

L’actu en capitales décrypte l’info de toute l’Europe, grâce au réseau de rédactions d’Euractiv.

Sur le volet social, la conservatrice tend timidement la main aux socialistes en proposant de travailler à la mise en œuvre d’un salaire minimum européen ainsi que d’un  mécanisme d’assurance chômage européen. Mais sans donner de détail sur les moyens d’action. Un défaut de précision qui lui avait déjà été reproché lors de ses rencontres avec les différents groupes politiques.

Egalité des genres

Première femme à pouvoir prétendre à la présidence de la Commission, Ursula van der Leyen a également proposé la mise en place d’un agenda européen pour l’égalité des genres. Plusieurs mesures feraient partie de cet agenda, dont la mise en place de mesures obligatoires telles que des quotas pour la parité au sein des conseils d’administration des grandes entreprises. Pour montrer l’exemple, Ursula van der Leyen  promet la constitution d’un collège de commissaire paritaire.

Sur la réforme de l’Europe, la candidate a affirmé  qu’elle soutiendrait «  un droit d’initiative pour le Parlement européen. ». «  Lorsque le Parlement, par la majorité de ses membres, adopte une résolution demandant à la Commission de proposer un texte législatif, je m’engage à répondre avec une proposition législative » a-t-elle écrit.

La réforme du système des Spitzenkandidaten ainsi que la création de listes transnationales pour les prochaines élections européennes, réclamés notamment par le président français Emmanuel Macron, figurent aussi sur la liste des promesses.

La question migratoire

Après l’échec de la réforme de la politique migratoire lors de la mandature précédente, la candidate fait monter d’une ambition marquée sur le sujet, avec la proposition d’un nouveau pacte sur l’asile et la migration, pour relancer la réforme du système de Dublin, sur laquelle les États membres se sont déjà cassé les dents. « Nous avons besoin d’un nouveau départ » a affirmé la candidate dans son courrier aux socialistes.

Alors que la crise sur le sauvetage en Méditerranée a connu un nouveau rebondissement avec l’arrestation de Carola Rackete, la jeune capitaine allemande du navire humanitaire Sea-Watch 3, accusée d’aide à l’immigration clandestine, Ursula von der Leyen est une fois encore restée très évasives quant à ses intentions, en affirmant qu’il fallait  « une approche plus soutenable pour le sauvetage en mer.

Enfin, sur le volet commercial, qui constitue une véritable pierre d’achoppement, la candidate promet d’inclure un chapitre développement durable dans tous les futurs accords. Mais ne promet aucune remise en cause des accords en cours de négociations telles que le Mercosur pourtant fortement contesté par les socialistes européens.

Les socialistes francophones, Belges et Français, ont pour l’heure l’intention de ne pas voter en sa faveur, ont indiqué Paul Magnette et Raphael Glucksman.

Une majorité de droite se dessine pour von der Leyen

L’actu en capitales décrypte l’info de toute l’Europe, grâce au réseau de rédactions d’Euractiv.

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.