Margrethe Vestager entre dans la course à la présidence de la Commission

[Photo: Alexandros Michailidis / Shutterstock]

La populaire commissaire européenne à la concurrence figure sur la liste des candidats principaux du groupe ALDE, aux côtés de Guy Verhofstadt. Ce qui place la Danoise  dans la course pour la présidence de la Commission.

À l’occasion d’un événement de lancement de campagne le 21 mars, le parti ALDE annoncera que Margrethe Vestager et Guy Verfhofstadt seront les deux figures de proue du camp libéral.

Contrairement aux partis de gauche et de centre-droit, le groupe politique ALDE n’a pas adopté le système du Spitzenkandidat et a préféré nommer une équipe de candidats principaux surnommée « équipe Europe ».

Le bruit selon lequel la Danoise pourrait succéder à Jean-Claude Juncker court depuis plusieurs mois, malgré certaines incertitudes concernant la position du gouvernement danois au sujet de sa candidature. Il revient en effet aux gouvernements des États membres d’envoyer les commissaires à Bruxelles, mais le parti libéral de Margrethe Vestager étant dans l’opposition, sa nomination est donc peu probable.

Selon un sondage récent co-organisé par Euractiv, la Danoise serait  pourtant la candidate favorite avec un taux d’approbation de 50  % pour l’ensemble des États membres.

Margrethe Vestager, star de la Commission Juncker

Selon un sondage en ligne, la commissaire à la concurrence, Margrethe Vestager, est le membre le plus populaire de la Commission et pour la succession de Jean-Claude Juncker.

L’équipe de l’ALDE comptera également la commissaire slovène Violeta Bulc ainsi que la femme politique italienne Emma Bonino et l’espagnol Luis Garicano. Le parti allemand FDP présentera sa tête de liste, Nicola Beer, et la candidate hongroise Katalin Cseh fera également partie de l’équipe, confirmant ainsi l’engagement de l’ALDE de nommer des femmes à des postes haut placés.

La nomination de plusieurs candidats n’est toutefois pas une nouveauté, les Verts ont eux aussi choisi de mettre en lice l’Allemande Ska Keller et le Hollandais Bas Eickhout. Le choix de nommer autant de candidats principaux a toutefois fait sourciller certains libéraux. Lors d’un récent congrès de l’ALDE en février, où la liste devait être annoncée, les délégués ont demandé à la direction du parti comment cette « équipe Europe » était censée fonctionner sur le plan pratique, notamment lors des débats télévisés.

Le président du parti Hans van Baalen avait alors répondu que « le candidat approprié serait sélectionné au cas par cas selon les compétences de chacun ». Certains membres du parti ont toutefois révélé ne pas être convaincu par ces explications.

Où est LREM?

Une omission notable à la liste de l’ALDE est celle du parti français La République En Marche, qui semblait depuis plusieurs semaines vouloir former une alliance avec le groupe libéral. Le mouvement d’Emmanuel Macron s’est toutefois distancé du groupe politique européen la semaine dernière, car le groupe avait touché des subventions de l’entreprise productrice de pesticides Bayer, propriétaire du glyphosate de Monsanto.

Sous pression, le groupe politique a répondu qu’il mettrait fin au financement de ses campagnes par des entreprises privées, et le président du parti, Hans Van Baalen, a rappelé que la participation du secteur privé avait « permis une participation du plus grand nombre ».

LREM prend ses distances avec l'ALDE

Le parti d’Emmanuel Macron a déclaré ne pas avoir vocation à faire partie du parti européen centriste, accusé par l’extrême-droite de recevoir des contributions d’entreprises privées dont Bayer.

Il ne serait toutefois pas étonnant que LREM fasse machine arrière. La perspective de rejoindre l’ALDE peut encore s’avérer tentante car le groupe libéral pourrait devenir le troisième plus grand groupe parlementaire après les élections de mai si le parti français le rejoignait.

La marge de manœuvre des forces libérales pourrait en effet se révéler décisive dans un Parlement divisé par les partis des extrêmes. Les membres de cette « équipe Europe » auraient donc leur chance de remporter l’une des très hautes fonctions en jeu, comme par exemple la présidence du Conseil ou le poste de chef de la diplomatie européenne.

Sous le système de Spitzenkandidat, le parti politique qui obtient le plus de sièges après les élections est celui qui a le droit de nommer en premier le président de la Commission. Reste à savoir si cette méthode, utilisée pour la première fois en 2014, sera celle appliquée.

Le parti En Marche, d’Emmanuel Macron a en effet exprimé des doutes quant au processus de Spitzenkandidat, préférant le traditionnel marchandage entre les chefs d’État de l’UE, lors duquel la voix du président français aura plus de poids.

Les libéraux risquent quant à eux d’être la force la plus faible au Parlement mais continue d’avoir une certaine influence au Conseil, où siègent huit Premiers ministres du parti. Or, c’est le Conseil qui aura son dernier mot sur la manière de répartir les postes d’influence.

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