Renzi, candidat contesté des élections italiennes

Durant son passage à la tête de l'État, Matteo Renzi a bousculé les codes de la politique italienne. [360b/Shutterstock]

Les Italiens sont très divisés quant à leur ancien Premier ministre italien, Matteo Renzi, mais pourquoi ? À l’approche des élections, notre partenaire, Italia Oggi, donne des éléments de réponse.

Ancien Premier ministre, le Florentin Matteo Renzi est une personnalité charismatique, jouissant d’une popularité peu courante auprès des électeurs de gauche. Quand il a démissionné, après le référendum du 4 décembre 2016, il a été réélu à la tête de son parti, le Partito democratico (PD) à 70 % des suffrages. Cette confiance des électeurs ne semble pas plaire à des politiciens habitués à une certaine indifférence.

Le départ de Matteo Renzi place l'Italie dans l'incertitude

La démission du Premier ministre italien, Matteo Renzi, suite au rejet massif de la réforme constitutionnelle lors du référendum plonge le pays dans une crise politique et l’UE dans une nouvelle période d’incertitude.

L’une des raisons de cette colère semble être son parcours fulgurant. À tout juste 39 ans, il est arrivé à se hisser aux plus hauts rangs du PD, avant de devenir le plus jeune Premier ministre que l’Italie ait jamais connu. Une ascension qui lui a valu la jalousie d’un establishment politique traditionnellement dominé par des personnalités beaucoup plus âgées.

Il existe cependant des raisons plus politiques, et plus subtiles. Les stratégies décisionnelles italiennes ont toujours été apparentées à un attentisme continu, qui consistait à renvoyer les problèmes à plus tard, parfois à plusieurs décennies plus tard. L’arrivée de Matteo Renzi au premier plan, accompagné d’une série de ministres jusqu’alors inconnus, a changé cette tradition.

Son penchant pour l’action rapide, ou peut-être juste pour l’action, dérange une classe politique et des lobbys dont les intérêts seraient mieux défendus par une politique d’inertie, aidés d’une bureaucratie encombrante. Quelles qu’aient été ses politiques, l’ancien Premier ministre s’est donc parfois heurté à l’opposition du monde politique et des lobbys uniquement parce qu’il faisait les choses différemment.

Enfin, l’Italie est l’inventeur d’un principe assez particulier, le consociationalisme, selon lequel les élites politiques d’une société très divisée s’entendent pour se partager le pouvoir, quelles qu’en soient les implications politiques, souvent par le biais de grandes coalitions.

En pratique, cela signifie souvent qu’un gouvernement plutôt de droite sera prêt à s’accorder avec la gauche pour préserver l’ordre établi.

Matteo Renzi a cependant choisi de ne pas se soumettre à ces règles, il a fait campagne différemment et a même remis en question l’élite de son propre parti. Sa volonté de dépasser les limites du parti pour s’impliquer avec des personnalités comme Carlo Calenda, son ministre de l’Économie, n’a pas non plus été très appréciée au PD.

Il n’est donc pas étonnant qu’il n’ait pas plu à tout le monde, et qu’il n’ait pas réussi à rester longtemps au pouvoir, contrairement au dinosaure qu’est Silvio Berlusconi. Le résultat des élections nous dira s’il a réussi à se réhisser au sommet.

La Ligue du Nord envisage une sortie de l’Italie de l’UE

La Ligue du Nord, favorite des élections législatives du 4 mars, n’exclut pas une sortie de l’Italie de l’UE si Bruxelles refuse de renégocier d’ici deux ans ses règlements en matière de fiscalité et d’immigration.

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