Les Verts allemands parviendront-ils à rester au sommet?

epa07153767 Les coprésidents des Verts allemands, Annalena Baerbock et Robert Habeck . [EPA-EFE/FILIP SINGER]

Les Verts allemands avaient eu du mal à capitaliser sur leur succès au début des années 2000.  Ils veulent cette fois marquer l’essai. Un article de notre partenaire, Der Tagesspiegel.

En Allemagne, la popularité des Verts est en train d’exploser. « Je n’arrive pas à suivre », tweetait il y a quelques jours Paula Piechotta, élue à Leipzig. Pour la première fois, l’institut de sondage Forsa a placé les Verts juste devant les chrétiens-démocrates (CDU) et les chrétiens-socialistes (CSU) dans un sondage national. Les sceptiques de la « vague verte » ont rapidement averti que ces chiffres ne devaient pas être pris trop au sérieux.

Le parti a déjà connu des moments éphémères de succès. Au cours de l’été 2011, les sondages montraient une popularité avoisinant les 30 % pour les écologistes, et Winfried Kretschmann était devenu ministre-président du Bade-Wurtemberg : premier chef de gouvernement vert d’Allemagne. Les Verts étaient le nouveau parti du peuple, et il paraissait possible que Jürgen Trittin devienne le prochain ministre fédéral des Finances.

Puis les choses se sont tassées. Il a fallu beaucoup de temps aux Verts pour se remettre du choc. Début 2017, les politiciens verts ont été interrogés à plusieurs reprises sur les raisons pour lesquelles leur parti avait encore besoin d’eux. En Rhénanie-du-Nord-Westphalie, les Verts ont perdu 15 sièges lors des élections de 2017. Avant de rebondir en 2019.

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À moins de deux mois du scrutin, le temps est venu de faire le point sur l’évolution des rapports de force depuis novembre 2018. Un article de notre partenaire, PollsPosition.

Une chancellerie verte ?

Un peu de prudence s’impose donc lorsque d’autres sondages tels que ceux organisés par Politbarometer et Deutschlandtrend placent les Verts devant la CDU/CSU. Les succès rapides sont souvent éphémères, mais certains membres des Verts espèrent que cette fois-ci, leur montée en puissance sera pérenne.

Ils font valoir qu’ils ont réussi à se hisser seuls à leur succès actuel. Dans un paysage politique bouleversé, les Verts ont réussi à atteindre le centre de la société. Le projet de transition écologique semble aujourd’hui d’atteindre progressivement la majorité. Même si tous ses instruments ne sont pas d’un grand attrait, son principe de base l’est plus que jamais.

Lukas Beckmann, membre fondateur des Verts allemands et directeur général de longue date de la faction des Verts au Bundestag, a récemment parlé de l’émergence d’une « nouvelle volonté » sous la direction d’Annalena Baerbock et Robert Habeck. Les Verts sont capables de gérer la chancellerie, a-t-il assuré.

Cependant, les deux co-présidents du parti ne veulent pas discuter de cette éventualité, estimant plus important de stabiliser le succès à long terme du parti écologique pour qu’il continue à atteindre 20 % dans les sondages. Et c’est loin d’être évident.

Il y a probablement une part de vérité dans le fait que les membres du parti sont, du moins en partie, parvenus à donner l’impulsion d’une relance verte.

Au sein de la coalition entre la CDU/CSU, les Verts et le FDP, également appelée « coalition jamaïcaine », les Verts ont prouvé qu’ils étaient capables de défendre leurs projets, comme le retrait du charbon, mais qu’ils étaient également prêts aux compromis nécessaires.

Au niveau fédéral, ils gouvernent également depuis longtemps dans les formations les plus diverses – aucun autre parti n’est aussi flexible.

Quand les Verts réussissent, d’autres sont en crise

Les sondages actuels ne sont qu’un instantané et sont liés à l’échec de la grande coalition, à la crise de la social-démocratie – et à une bonne part d’espoir.

Pour une grande partie de la société, Annalena Baerbock et Robert Habeck incarnent des personnalités politiques responsables, un trait qui semble très demandé de nos jours.

Et c’est précisément là que le bât blesse : la vision des Verts pourrait changer.

Les députés verts, dont les électeurs se détournaient il n’y a pas si longtemps, rapportent – moitié irrités, moitié amusés – qu’ils sont à présent hautement courtisés.

Lors des élections européennes, les Verts sont devenus la première force politique dans des villes de la région de la Ruhr, telles que Gelsenkirchen, Dortmund et Bochum – tous d’anciens fiefs du Parti social-démocrate (SPD).

Il y a seulement deux ans, les Verts n’avaient atteint qu’un maigre 6,4 % lors des élections du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Comment ont-ils réussi à redresser la barre en si peu de temps ?

Quoi qu’il en soit, il ne s’agit en aucun cas d’une garantie que la société leur accordera sa confiance à long terme. Il est en effet souvent plus facile aux partis d’opposition de faire renaître l’espoir, alors qu’au pouvoir ils courent le risque de décevoir cet espoir.

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