L’Europe se construit en votant aux élections européennes

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À l’approche des élections européennes, le Parlement doit faire prendre conscience aux jeunes des avantages de l’appartenance à l’Union, expliquent Ramón Luis Valcárcel et Sylvie Guillaume.

Ramón Luis Valcárcel et Sylvie Guillaume sont les vice-Présidents du Parlement européen en charge de la Politique de Communication et des relations avec les citoyens.

De toutes les générations d’Européens, celle des jeunes est aujourd’hui la plus pro-européenne. Ce n’est pas un hasard : près de 70% d’entre eux estiment que l’appartenance à l’Union européenne est positive, comme le montre le dernier Eurobaromètre. La majorité d’entre eux a grandi, s’est formée et a construit son projet de vie en profitant des avantages octroyés par la citoyenneté européenne, comme le fait d’étudier et travailler dans plus d’une vingtaine de pays différents ou d’avoir l’assurance que ses droits et libertés fondamentales sont protégés sur tout le territoire communautaire.

Pour autant, l’appui des jeunes au projet commun ne semble pas se traduire nécessairement par un véritable engagement dans la participation démocratique. L’intérêt qu’ils expriment pour les élections européennes, entre 15 et 24 ans, continue à être largement en deçà de celui de leurs ainés, et rares sont ceux qui savent que les prochaines élections se dérouleront dans moins d’un an.

Cette réalité est une source de préoccupation pour nous qui les représentons dans les institutions européennes élues démocratiquement. Surtout parce que nous savons qu’il ne s’agit pas seulement d’une prise de vue à un moment donné, mais bien la confirmation d’un modèle qui se reproduit. N’oublions pas que lors des dernières élections européennes qui se sont déroulées en 2014, l’abstention s’est principalement retrouvée du côté des jeunes, et ce malgré le fait qu’ils ont déjà montré une attitude plus positive envers l’Union.

Alors que le populisme, assisté par des moyens puissants de désinformation, s’évertue à créer des états d’opinion contraires à la préservation des valeurs qui nous définissent comme Européens (le respect des droits humains et libertés fondamentales, la tolérance, l’égalité, le pluralisme, la non-discrimination…), la démocratie européenne doit atteindre des lieux où traditionnellement c’est plus difficile pour elle d’aller.

Il s’agit, par exemple, d’agglomérations dans lesquelles les populations sont éloignées des grands centres urbains, des couches de populations plus défavorisées et des jeunes qui constituent leur projet de vie en dehors de l’université. S’il est vrai que plus de neuf millions de personnes ont bénéficié du  programme Erasmus depuis trois décennies déjà, il n’est pas moins vrai que bien d’autres n’ont pas pu y accéder. Et si Erasmus est devenu le meilleur outil pour encourager le sentiment d’appartenance à l’Union entre ses citoyens, et pour augmenter les possibilités de succès des jeunes sur le marché du travail, les institutions européennes travaillent aussi pour l’ouvrir à tous les jeunes, qu’ils étudient ou non à l’université. Par exemple en l’élargissant à la formation professionnelle, aux pratiques et aux activités de volontariat. Et, récemment, en soutenant l’attribution de davantage de fonds européens dans le prochain budget communautaire. L’objectif est d’offrir à tous, indépendamment du niveau de diplômes et des aspirations, les mêmes opportunités.

Comme cela est le cas avec l’élargissement et le remplacement du programme Erasmus+, la communication institutionnelle doit aussi s’adapter à la réalité sociale de l’Union – concrètement, à la perception que les jeunes, natifs numériques, ont d’elle, et à la manière avec laquelle ils veulent entrer en contact avec elle. Et dans ce travail le Parlement européen travaille sans relâche. À l’avant-garde de la démocratie digitale, il informe les jeunes sur le fonctionnement de cette Institution, combien les décisions qu’elle prend sont importantes et comment elles peuvent avoir un impact sur leur vie quotidienne, par exemple en créant des stories sur Instagram, en diffusant du contenu visuellement attractif à travers de Facebook et Twitter, en diffusant des vidéos didactiques sur Youtube ou en invitant ceux qui veulent expliquer aux autres ce que l’Europe fait pour eux, à devenir des influencers.

Quoi qu’il en soit, et sachant parfaitement que cela ne serait pas suffisant, à Bruxelles nous n’oublions pas ces citoyens qui continuent à s’informer via des médias traditionnels avec la télévision en tête. La jeune génération, si elle est la moins fidèle à ces modes de communication, n’est pas complètement éloignée d’eux. C’est pour cela qu’inclure une dimension européenne non seulement dans les espaces d’information, mais aussi de divertissement s’avère essentiel. Car l’Union européenne nous concerne tous, le fait qu’on parle plus d’elle, de manière variée et à travers de messages adaptés aux différents types de publics, est dans l’intérêt de tous.

Et c’est là qu’entre en jeu la perspective locale et régionale, vitale pour une Union fondée sur la valeur de la diversité. Face à l’habitude de limiter le débat aux grandes villes, les institutions européennes augmentent toujours plus leur présence dans les petites et moyennes ainsi qu’en milieu rural. En portant le débat au niveau local, l’Union s’assure que tous les citoyens, indépenadamment de là où ils vivent, peuvent avoir l’opportunité de contribuer activement à la discussion en cours sur le futur de l’Europe.

Depuis longtemps déjà, nous savons que la meilleure manière pour l’Union européenne de se rapprocher du citoyen est de lui donner des raisons de croire en elle, de lui montrer comment les politiques se traduisent dans des résultats tangibles qui impactent de manière positive son quotidien. Dans cette tâche, la communication institutionnelle consiste à décrire les faits d’une façon proche et dans un langage facilement compréhensible. L’Union européenne doit s’éloigner des aspects techniques et parler le langage du peuple. Et dans le cas des jeunes elle doit tout particulièrement s’adapter aux outils informatiques et aux nouveaux narratifs.

Mais par-dessus tout, ce que l’Union européenne doit faire c’est d’écouter plus encore les citoyens, en les plaçant toujours plus au centre du débat. Il est essentiel donc de communiquer avec les jeunes, en particulier ceux qui ne perçoivent pas les bénéfices de l’appartenance à l’Union ou qui ne voient pas l’intérêt de voter. Ils seront notre futur, mais sont déjà notre présent. L’Europe se décide, se construit et s’améliore en votant aux élections européennes. Notre tâche est que les jeunes le sachent et comprennent l’importance de le faire. Les Rencontres européennes de la jeunesse (#EYE2018) sont organisées cette semaine au Parlement européen ; y participeront plus de 8000 jeunes de partout en Europe, ce qui est un bon point de départ pour dire haut et fort : la démocratie européenne a besoin de vous.

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