Pourquoi l’Europe doit prendre un virage local

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[© European Union / Fred Guerdin]

Dans trois mois, les Européens décideront de l’avenir qu’ils veulent se donner en élisant leurs représentants au Parlement européen. Pour répondre à la défiance des citoyens, l’échelon local propose des réponses pertinentes.

Frédéric Vallier est secrétaire général du Conseil des communes et régions d’Europe

Cette élection intervient dans un contexte politique inédit : la possibilité d’une sortie de l’UE du Royaume-Uni sans accord, la montée des populismes, l’apparition de nouvelle forme de manifestations comme les gilets jaunes en France ou la méfiance, voire la montée des violences dans les manifestations, et même des attaques vis-à-vis des élus ou des meurtres dont ont été victimes Jo Cox au Royaume-Uni ou Paweł Adamowicz en Pologne.

L’Europe a besoin d’un nouveau souffle, d’une nouvelle ambition pour ressusciter l’enthousiasme des citoyens.

Pour nous, au Conseil des communes et régions d’Europe, elle retrouvera ce souffle d’optimisme en s’appuyant sur les territoires qui sont l’âme et la culture de notre continent. Et c’est ce que nous exprimons dans notre manifeste pour les élections européennes.

Le message des élus locaux et régionaux à l’adresse des candidates et candidats au Parlement européen est limpide. Nous croyons en une Europe forte et unie, fondée sur des valeurs communes : la démocratie, les droits humains, la solidarité, l’égalité des genres et le respect de l’État de droit, qui constituent la base non négociable de l’UE.

Cette approche repose sur le principe de l’engagement mutuel selon lequel les membres ne choisissent pas ce qui est dans leur intérêt spécifique, mais conviennent de politiques qui servent l’Union dans son ensemble.

Nous sommes sûrs que des territoires plus forts feront une Europe plus forte. C’est d’autant plus vrai que 60 % des politiques locales et régionales sont influencées directement par la politique européenne.

Les crises de confiance qui s’expriment à l’égard des gouvernants nous appellent à réinterroger le projet européen pour construire une Europe plus proche des préoccupations des citoyens. Qui mieux que les élus de terrain pour assurer le lien entre les institutions européennes et les citoyens ?

L’UE ne peut plus se construire à travers le seul prisme des États-nations

Il faut rappeler que l’Europe ne doit pas être, ne peut pas être seulement un partenariat entre États-nations. L’UE est avant tout une union des peuples. Elle n’existera que si les Européens y croient, il faut donc la construire avec eux.

C’est pour cela que nous proposons d’organiser chaque année, par exemple à l’occasion de la journée de l’Europe le 9 mai, un débat ouvert aux citoyens dans chaque municipalité. Les premiers résultats d’un sondage Eurobaromètre révèlent que les élus locaux et régionaux sont considérés comme étant les mieux placés pour expliquer l’impact des politiques européennes sur la vie quotidienne des citoyens.

Les 60 dialogues locaux que nous avons organisés avec nos associations sur l’avenir de la politique européenne de cohésion montrent que rien ne peut remplacer les discussions directes avec les citoyens pour comprendre leurs besoins et attentes.

Mais renforcer le lien avec le terrain passe aussi par la construction de liens solides entre élus. C’est pourquoi nous proposons de relancer les échanges entre collectivités territoriales, par exemple via un programme Erasmus pour les territoires.

Nous appelons les décideurs européens, présents et futurs, à construire un réel partenariat avec leurs territoires et à établir un modèle de gouvernance plus participatif, plus transparent et plus ouvert.

Un nouveau souffle pour les prochaines générations

Pour mobiliser les jeunes générations, nous appelons à une ouverture plus large des programmes du type Erasmus aux jeunes professionnels et à ceux qui se sentent à l’écart des évolutions de notre continent et du monde.

Pour favoriser le développement de nos territoires et lutter contre le changement climatique, nous appelons à revoir les modes d’attribution des marchés publics en favorisant les achats de proximité lorsque c’est possible.

Compte tenu de la dimension mondiale des défis actuels tels que le climat, nous voulons une Europe ouverte sur le monde et à l’écoute des peuples qui voient en l’Europe un espoir pour plus de paix et de prospérité partout dans le monde. Nous voulons que les Objectifs de développement durable adoptés par les 193 États membres des Nations Unies deviennent les principes directeurs de toutes les politiques, locales, nationales et européennes.

Le message des maires et des élus locaux et régionaux européens est un appel à l’unité contre le repli sur soi et les solutions faciles qui n’apportent pas les réponses que nos concitoyens attendent. Nous vous invitons à lire nos propositions, à vous les approprier et à construire avec nous une Europe locale et régionale.

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