Le chancelier allemand « surpris » par le choix de Gabriel Attal comme Premier ministre

Le président français Emmanuel Macron a annoncé mardi (9 janvier) que M. Attal avait été choisi pour succéder à l’ancienne Première ministre Élisabeth Borne. [EPA-EFE/LUDOVIC MARIN / POOL MAXPPP OUT]

Olaf Scholz, chancelier de l’Allemagne, le plus proche allié de la France, s’est dit « surpris » par la nomination du ministre de l’Éducation Gabriel Attal, 34 ans, comme nouveau chef du gouvernement français, faisant de lui le plus jeune Premier ministre de l’histoire de France.

Le président Emmanuel Macron a annoncé mardi (9 janvier) que M. Attal avait été choisi pour succéder à l’ancienne Première ministre Élisabeth Borne.

Le choix d’un décideur politique relativement inexpérimenté a fait tiquer à Berlin.

Interrogé sur l’âge de M. Attal mercredi (10 janvier), le porte-parole du gouvernement allemand, Steffen Hebestreit, a déclaré aux journalistes que « le chancelier a été assez surpris, comme beaucoup d’observateurs français, lorsque le choix a été annoncé ». Il a également ajouté que l’âge n’était pas un indicateur de qualification.

L’expérience et l’âge de M. Attal ont attiré l’attention en France, où il est le plus jeune Premier ministre de l’histoire du pays. Le précédent détenteur du record, Laurent Fabius, avait 37 ans lorsqu’il a pris ses fonctions en 1984.

Certains des plus proches alliés de M. Macron auraient mis en garde contre M. Attal, notamment les grands noms de la politique tels que Bruno Le Maire et Gérald Darmanin, qui détiennent respectivement les ministères de l’Économie et de l’Intérieur.

Ceux-ci auraient alerté contre l’inexpérience de M. Attal, jugé trop jeune pour exercer une autorité sur des ministres de plusieurs années son aîné.

« J’ai émis deux interrogations. La première: quitter le ministère de l’Éducation alors qu’on vient d’y rentrer et qu’on a fait naître un espoir était un problème. La deuxième, c’était celle de l’expérience nécessaire pour être à la tête d’un pays qui traverse de si profondes difficultés », a déclaré au Parisien François Bayrou, conseiller principal et chef du parti Modem, allié politique de M. Macron.

L’expérience sera notamment un facteur déterminant lorsque M. Attal et les membres de son cabinet seront plongés dans le grand bain de la relation franco-allemande, notoirement sensible, à quelques mois des élections européennes.

Les ministres des deux pays se réunissent deux fois par an pour une retraite en commun. La dernière rencontre, qui s’est tenue en octobre, a permis de résoudre un conflit complexe sur la réforme du marché européen de l’électricité.

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« Défenseur de l’amitié franco-allemande »

Hormis le parcours atypique du nouveau Premier ministre, l’ambiance à Berlin était plutôt positive, le gouvernement allemand s’attendant à une continuité dans les relations franco-allemandes sous le nouveau chef du gouvernement, a confirmé le porte-parole.

L’homologue de M. Attal lorsqu’il était ministre de l’Éducation, la commissaire franco-allemande à la Culture Anke Rehlinger, l’a salué comme un « défenseur de l’amitié franco-allemande » qui « fera avancer la collaboration entre les deux pays ».

La question du rapprochement des jeunes entre les deux pays pourrait être particulièrement importante pour M. Attal, qui a déclaré que la politique de l’éducation lui tiendrait à cœur dès son entrée en fonction.

« Faire en sorte que les jeunes des deux pays s’intéressent à la langue de l’autre était une préoccupation importante pour nous deux [et] je suis convaincu que cela restera important [sous le mandat de M. Attal] », a déclaré Mme Rehlinger, qui est également Première ministre de l’État régional allemand de la Sarre, à Euractiv.

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