La commissaire à l’emploi promet d’ajouter du social à l’Europe

La commissaire européenne en charge de l'emploi et des affaires sociales, Marianne Thyssen, lors de son audition au Parlement européen - octobre 2014 ©Parlement européen

La commissaire européenne en charge de l'emploi et des affaires sociales, Marianne Thyssen, lors de son audition au Parlement européen - octobre 2014 ©Parlement européen

Bien que la question sociale représente le principal échec de l’UE, la commissaire belge Marianne Thyssen, en charge de l’emploi et des affaires sociales, s’est sortie sans encombre de son audition auprès de parlementaires peu vindicatifs.

La Commissaire à l’emploi, aux affaires sociales, aux compétences et à la mobilité, la belge Marianne Thyssen, a donné des gages au Parlement européen en promettant de protéger les droits sociaux et ceux des travailleurs durant son mandat.

Son expérience de 20 ans du Parlement européen lui a largement facilité la tâche, puisqu’elle ne s’est attirée aucune question acerbe ou vraiment dérangeante, et a donc simplement partagé une vision de l’UE clairement majoritaire au Parlement européen : « Je suis une supportrice convaincue de l’économie sociale de marché où liberté, responsabilité & solidarité vont de pair » a-t-elle expliqué.

Personnalité de droite, membre du PPE, Marianne Thyssen a affiché des convictions sociales fortes relativement surprenantes, tout en évitant de s’engager sur des promesses précises pour sa mandature, un numéro d’équilibriste relativement réussi. Que cette phrase résume bien : « il n’y a pas à choisir entre compétitivité et équité sociale, ce sont les deux côtés d’une même facette » a assuré la future commissaire.

Conformément à sa lettre de mission et sa profession de foi, la commissaire a réitéré que ses priorités seraient la création d’emploi, l’accès à l’emploi, la qualification des travailleurs et la protection sociale. « La crise n’est pas terminée s’il y a 26 millions de chômeurs. Nous ne pouvons l’accepter » a-t-elle répété.

Des gages sur les questions sociales

Elle s’est engagée sur le fait d’instiller plus de paramètres sociaux dans le cadre de l’évaluation des budgets des États européens, effectué lors du Semestre européen. « J’ai conscience du fait que certains Etats-membres ont beaucoup souffert de la crise » a-t-elle assuré. « Avec la Troïka il a fallu adopter des mesures d’urgence dont les conséquences doivent être examinées, mais pour cela il faut une meilleure connaissance des États membres » a-t-elle précisé.

Interrogée sur la mise en place d’un revenu minimum garanti, Marianne Thyssen a assuré qu’elle était « personnellement pour ». « Au XXième siècle, nous devrions garantir cela. Si je pouvais le décider je créerais un revenu minimum en Europe, mais nous n’avons pas cette compétence » s’est-elle expliquée.

>>Lire L’idée d’un revenu de base européen fait son chemin

Interrogations sur la concurrence intra communautaire

Alors que Jean-Claude Juncker s’est déjà engagé à réviser de nouveau la directive sur les travailleurs détachés, la commissaire à été interrogée sur ce sujet une députée allemande sociale-démocrate, Jutta Steinruck, qui appelle à « interrompre le dumping social ».

«Ma priorité sera l’application de la directive qui existe, il faut examiner l’impact de ses nouveaux dispositifs » a répondu la commissaire belge, estimant que l’évaluation pourrait être faite « d’ici deux ans ».

>>Lire Le parlement adopte la directive sur les travailleurs détachés

« Il ne faut pas craindre cette directive, il y a des discussions, certes, notamment sur l’établissement d’un revenu minium en Europe ; mais le sujet ne fait pas partie des prérogatives européennes » a estimé la commissaire.

Faiblesses sur l’environnement et la parité

Sur la question de l’Europe durable, la commissaire a fait une réponse vague, précisant simplement que les PME vertes et l’économie circulaires devaient permettre de promouvoir des expériences et des projets ». Pour la France, comme pour les Verts, la transition énergétique représente en théorie des gisements d’emplois importants.

Enfin sur la question de  la parité, notamment sur les différences de salaires entre homme et femme dont Martin Schulz avait fait un des thèmes de sa campagne, la commissaire a assuré que les lois actuelles étaient suffisantes et qu’il fallait veiller au respect des lois.  Interrogée par Constance Le Grip sur les mesures concrètes qui seraient prises sur ce sujet, la commissaire a assuré qu’elle était « féministe » tout en précisant que « les femmes ont encore besoin d’un peu d’aide ». Une phrase nettement plus paternaliste que féministe.

 

>>Lire le Storify d’EURACTIV.com sur l’audition de Marianne Thyssen

« L’audition de Thyssen a été l’une de meilleures jusqu’à maintenant. Elle a montré une connaissance technique remarquable des sujets de son portefeuille. Je salue son approche des problèmes majeurs que l’UE rencontre en matière sociale » a déclaré David Casa, porte-parole du Parti populaire européen, après l’audition

Commission européenne

Lettre de mission de Marianne Thyssen

Déclaration d'intérêt

Réponses aux questions des parlementaires

 

European Policy Centre

Les opportunités en matière d'emploi et de compétences en Europe

 

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