Agnès Pannier-Runacher à Prague pour la coopération nucléaire franco-tchèque

(De gauche à droite) Josef Sikela, ministre de l'Industrie et du Commerce tchèque, Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique française, le 27 juin 2022 à Luxembourg. [Union européenne, 2022]

Lundi et mardi (8 et 9 janvier), la ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher se rendra à Prague en République tchèque pour faire avancer les dossiers sur la coopération franco-tchèque en matière nucléaire, notamment sur la construction de nouveaux réacteurs, mais aussi les objectifs énergétiques de l’UE pour 2040.

En 2022, les quatre réacteurs de la centrale nucléaire située à Dukovany et les deux autres situés à Temelín assuraient plus de 35 % de la production d’électricité du pays.

Afin d’accroitre la part d’énergie bas-carbone dans son mix électrique, le gouvernement tchèque souhaite développer un nouveau réacteur à eau pressurisé (REP) de 1200 mégawatts et potentiellement trois supplémentaires.

À cette fin, il avait retenu fin octobre les offres des nucléaristes américain Westinghouse, sud-coréen KHNP et français EDF. Les offres sont en cours d’examen avant «potentiellement une seconde phase d’examen pour les autres réacteurs», précise le cabinet de Mme Pannier-Runacher.

Le contrat pour le premier réacteur devrait être signé en 2024, pour un début de construction en 2029 et de premiers tests, au mieux, en 2036.

La ministre de la Transition énergétique française s’est donc rendue lundi à Prague pour défendre la candidature d’EDF, ou tout du moins «faire le point sur les projets de construction d’EPR en République tchèque» directement avec les industriels français et tchèques du secteur.

Le président d’EDF, Luc Rémont, était présent, a confirmé le cabinet.

Lors de cette visite «placé(e) sous le signe de la relance européenne du nucléaire», Mme Pannier-Runacher en profitera également mardi pour accompagner la signature d’un accord de recherche entre l’Agence nationale de la recherche (ANR) et la Technology Agency of the Czech Republic (TACR).

Alliance pour 2040

La ministre va également s’entretenir avec son homologue tchèque Josef Sikela pour aborder l’avenir du nucléaire en Europe.

Outre qu’ils discuteront de leur coopération bilatérale, les deux ministres vont «faire le point sur ce que nous allons porter comme vision pour la prochaine Commission européenne en matière énergétique», a déclaré lundi matin Agnès Pannier-Runacher sur le plateau de Franceinfo.

Dans le viseur : les objectifs énergétiques de l’UE pour 2040 que la Commission européenne doit présenter le 6 février.

La France et la République tchèque sont tout deux membres de l’ «alliance du nucléaire» dont les membres ont proposé, fin décembre, que les objectifs en matière d’énergie renouvelable de l’UE, figurant dans la directive associée, deviennent des objectifs bas-carbone ou des «objectifs de sortie des énergies fossiles», a de nouveau précisé le cabinet de la ministre.

Selon eux, le nucléaire a toute sa place pour décarboner l’économie de l’UE.

«Nous comptons beaucoup sur la Belgique», qui préside le conseil l’UE jusqu’au 30 juin 2024, «pour poursuivre la dynamique de respect de la neutralité technologique entre les technologies qui décarbonent», notamment entre le nucléaire et les renouvelables, a déclaré le cabinet de la ministre.

Le cabinet de Mme Pannier-Runacher rappelle que l’alliance du nucléaire, dont la Belgique est régulièrement observatrice, compte désormais 14 États et peut constituer, à Bruxelles, «une minorité de blocage très forte» sur certains textes européens.

11 États membres demandent une directive « bas-carbone »

Dans une déclaration conjointe de l’« alliance du nucléaire » dévoilée mardi (19 décembre), 11 États membres de l’UE demandent à ce que la prochaine révision de la directive sur le déploiement des énergies renouvelables devienne une directive «bas-carbone».

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