D’ici le milieu du siècle, 50 % des approvisionnements mondiaux en électricité devront provenir de sources renouvelables d’énergie si l’humanité compte surmonter les plus graves effets du changement climatique, selon un nouveau rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE).
Lors de la présentation du rapport le 29 septembre à Berlin, Nobuo Tanaka, directeur exécutif de l’AIE, a déclaré que l’un des principaux éléments nécessaires à une révolution des technologies énergétiques est le transfert d’un portefeuille fourni en technologies énergétiques renouvelables vers une intégration complète du marché. Le rapport de l’AIE présente un aperçu des politiques destinées à promouvoir les énergies renouvelables dans 35 pays, notamment les Etats-Unis, l’Allemagne, le Royaume-Uni et la Chine.
Seuls quelques pays ont mis en œuvre des politiques de soutien efficaces pour les renouvelables et le potentiel d’amélioration est important, a-t-il affirmé.
Dans de nombreux pays, les générateurs d’électricité renouvelable accèdent encore difficilement aux réseaux électriques alors que les obstacles administratives persistent et que de nombreux marchés sont mal conçus, selon l’AIE. Le manque d’information et de formation ainsi que la faible approbation du public sont d’autres exemples de ces barrières.
Il faut que les gouvernements prennent des mesures urgentes, a indiqué M. Tanaka, signalant le besoin d’une intégration du marché de masse basée sur des cadres politiques prévisibles, transparents et stables.
Selon l’étude de l’AIE, les politiques les plus efficaces en matière d’énergies renouvelables sont celles appliquées en Allemagne, en Espagne, au Danemark et au Portugal pour l’éolien terrestre, et en Chine pour le développement du chauffage solaire à un coût concurrentiel.
Le Royaume-Uni, que la presse a accusé d’essayer d’assouplir les plans européens ambitieux pour la promotion de l’énergie renouvelable, est classé loin derrière, n’arrivant qu’à la 31e place, avec des coûts élevés pour l’énergie verte et une faible efficacité.
L’UE devrait finaliser sa ligne de conduite sur les renouvelables avant la fin de l’année. Présentée le 23 janvier en parallèle à un paquet plus vaste sur le climat et l’énergie, la proposition sur les renouvelables est destinée à obtenir une part d’énergie renouvelable de 20 % en 2020. Chaque Etat membre de l’UE posséderait par ailleurs des objectifs individuels (lire notre LinksDossier).
Un autre projet de septembre 2007 destiné à libéraliser davantage le marché européen de l’énergie est lui aussi partiellement conçu pour faciliter l’accès au réseau et pour développer les énergies renouvelables (lire notre LinksDossier). Mais le Parlement et le Conseil vont sans doute diverger à propos des détails des plans, en particulièrement concernant le traitement des géants énergétiques français et allemands, anciennement propriétés de ces gouvernements, qui sont accusés de dominer le marché de l’énergie aux dépens des plus petits producteurs.
L’AIE a récemment appelé l’UE à persévérer avec un agenda ambitieux de libéralisation du marché de l’énergie afin de promouvoir les énergies renouvelables. L’agence, basée à Paris, appelle également l’UE à augmenter sensiblement le financement de la recherche en matière de technologies non nucléaires propres (EURACTIV 05/09/08).

