Augmentation des stocks pétroliers d’urgence comme les prix montent en flèche [FR]

Oil_Refinery.jpg

La Commission européenne a lancé une consultation publique quant à savoir si des changements devraient être effectués dans le domaine de la gestion des stocks pétroliers d’urgence détenus par les Etats membres de l’UE étant donné que les prix du pétrole frôlaient 120 dollars le baril mardi (22 avril).

La Commission a déclaré mardi que la consultation va aider à remédier aux « insuffisances » du système actuel face au risque croissant des perturbations de l’approvisionnement pétrolier provoqué par la hausse de la demande mondiale en pétrole. La consultation est ouverte jusqu’au 17 juin.

Dans une annexe au document de consultation, la Commission a mentionné que tandis que la consommation de pétrole est en hausse dans le monde, l’approvisionnement est de plus en plus concentré autour de quelques pays, nombre d’entre eux sont exposés à des risques géopolitiques élevés. Elle a ajouté que ces risques comprennent les guerres, les conflits intérieurs, les embargos sur les exportations et les importations et le terrorisme.

Lundi dernier, des militants armés ont attaqué deux gazoducs de Shell au Nigeria, diminuant la production pétrolière du pays et alimentant une montée des prix du pétrole. Les prix sur les marchés américain et européen ont frôlé 120 dollars le baril mardi.

De nombreux Etats membres de l’UE, notamment en Europe de l’Est, ne sont pas à même de gérer des crises potentielles. Dans le cadre des règles actuelles, tous les pays doivent disposer d’une réserve de pétrole de 90 jours afin de faire face à une perturbation possible des approvisionnements. Cependant, les Etats membres en Europe centrale et de l’Est, qui ont rejoint l’Union plus récemment, ont bénéficié d’une période de transition pour respecter la règle.

Selon la Commission, il est nécessaire de clarifier les rôles entre la Commission, les Etats membres et l’Agence internationale de l’énergie (AIE) basée à Paris. Tandis que l’AIE prévoit des tâches claires à suivre dans l’hypothèse de perturbations des approvisionnements, neuf pays de l’UE (la Bulgarie, Chypre, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, Malte, la Pologne, la Roumanie et la Slovénie) ne sont pas actuellement membres de l’agence basée à Paris, a souligné la Commission.

La Commission a expliqué que de telles « confusions » dans le domaine de la répartition des rôles peuvent conduire à des retards pour arriver à avoir des stocks pétroliers d’urgence à disposition. Elle a ajouté que dans trois pays, tous les stocks sont détenus par le gouvernement ou l’agence. Dans huit pays, tous les stocks sont détenus par des compagnies pétrolières tandis que la majorité des Etats membres ont un système hétérogène.

Les doutes concernant la disponibilité des stocks, au cas où une crise actuelle ou potentielle survient, peut conduire à des spéculations sur le marché et une augmentation de la volatilité des prix.

Dans ce cas, le niveau général des stocks peut également avoir besoin d’être augmenté, a ajouté la Commission. Selon elle, si la différence entre les stocks « théoriques » de 90 jours et le vrai niveau disponible de stocks lors d’une crise est importante, la demande du Parlement visant à accroître l’obligation d’avoir un stock pour une durée de 120 jours pourrait être une proposition très raisonnable.

Parallèlement, un rapport rédigé par l’ancien directeur de l’AIE, Claude Mandil, pour le gouvernement français a demandé à ce que les pays de l’UE se montrent plus solidaires en matière de sécurité énergétique. Le rapport présente une série de recommandations sur la question en vue de la présidence française de l’UE qui débute le 1er juillet prochain.

Inscrivez-vous à notre newsletter

S'inscrire