Bali : menace d’échec lors de la phase critique des négociations [FR]

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Au moment où les discussions techniques touchent à leur fin et que les négociations ministérielles commencent, beaucoup craignent que la conférence de Bali n’aboutisse pas à un cadre de négociation solide qui permettrait de parvenir à un accord concernant la réduction des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

Hier, le 12 décembre, le commissaire européen à l’Environnement Stavros Dimas a fait part aux délégués du manque de flexibilité de l’UE concernant le fait que la feuille de route de négociation à Bali devait inclure des engagements contraignants de la part des pays en développement pour réduire leur gaz à effet de serre en termes absolus. 

Mais la délégation des Etats-Unis à Bali s’est braquée sur cette question, s’opposant fermement à l’introduction d’engagements contraignants, malgré des commentaires précédents  qui suggérait une position plus conciliante. 

De leur côté, la Chine et l’Inde résistent également aux appels de l’UE qui souhaite davantage d’engagement pour réduire leurs émissions à l’avenir. 

Cette impasse suscite la crainte que les discussions produisent un cadre de négociation trop large pour aboutir à un accord international solide sur le changement climatique, qui incluerait des engagements significatifs pour les grands pays pollueurs. Ces inquiétudes augmentent d’autant plus que les négociations touchent à leur fin. 

Les ministres ont jusqu’au vendredi 14 décembre, date de clôture de la conférence de Bali, pour parvenir à un accord. 
Malgré cette mauvaise passe apparente dans les négociations, il semble que certains progrès ont été réalisés sur la question des transferts financiers aux pays en développement les plus touchés par l’augmentation du niveau des mers, la désertification et les autres conséquences du changement climatique. 

Le Fonds pour l’environnement mondial (Global Environnement Facility), un fonds d’adaptation au changement climatique pour les pays en développement créé à l’origine comme élément du protocole de Kyoto en 1997, est actuellement en cours d’actualisation. 

D’après un accord conclu le 11 décembre, ce fonds, actuellement relativement limité (40 millions de dollars), sera alimenté par un impôt sur les transactions de 2 % dans le cadre du mécanisme de développement propre (MDP). Ce mécanisme consiste pour les pays riches à investir dans des projets propres dans les pays en développement en échange de crédits d’émissions de CO2. 

D’après les prévisions de l’ONU, si le MDP fonctionne bien, le fonds pourrait augmenter de un à cinq milliards d’euros par an d’ici 2030. 
Pourtant, certains observateurs estiment que le fonds est insuffisant pour les pays en développement, qui auraient besoin de 50 milliards par an pour s’adapter au changement climatique, selon Kate Raworth d’Oxfam International. 

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