Les dirigeants européens et latinoaméricains souhaitent renforcer les relations commerciales entre leurs deux régions et lutter contre le réchauffement de la planète et la pauvreté lors du cinquième sommet Union européenne – Amérique latine et Caraïbes à Lima.
Les participants au sommet, dont le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, la chancelière allemande Angela Merkel et le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, se sont dits profondément inquiets de l’impact de la hausse des prix alimentaires. Lors d’une déclaration publiée le 16 mai, ils ont demandé la mise en place immédiate de mesures afin d’aider les pays et les populations touchés les plus vulnérables.
Ces dernières semaines, l’augmentation mondiale des prix alimentaires a provoqué des émeutes dans un nombre croissant de pays, notamment à Haiti, qui a reçu une attention particulière lors du sommet.
Cependant, le rôle des biocarburants dans crise alimentaire actuelle est resté le principal point de discorde entre les 50 à 60 chefs de l’Etat et de gouvernement participant au sommet. Alors que l’UE et le Brésil, le plus grand producteur mondial d’éthanol, ont exprimé leur soutien à l’utilisation des biocarburants comme produits de substitution des carburants fossiles conventionnels, beaucoup d’autres pays latino-américains leur ont reproché d’augmenter les prix alimentaires.
Les dirigeants européens ont minimisé les risques. Selon le leader espagnol José Luis Rodriguez Zapatero, l’impact des biocarburants ne devrait pas provoquer une telle panique parce que, de son point de vue, le lien n’est pas clair. « La principale cause de l’inflation des prix alimentaires est l’augmentation de la consommation ; la seule réponse appropriée que l’on puisse y apporter est l’augmentation de la production », a déclaré le Premier ministre slovène Janez Janša.
Le commerce est également une question qui divise, les dirigeants européens déplorant la lenteur des négociations visant à libéraliser les échanges entre les deux régions.
L’Union des 27 nations espère conclure des accords régionaux de libre échange avec le Mercosur, la Communauté andine et l’Amérique centrale d’ici l’année prochaine, a déclaré M. Barroso. Mais le processus est au point mort, notamment en raison de la réticence de certains dirigeants de la gauche à ouvrir leurs marchés.
Le président bolivien Evo Morales a déclaré qu’il craignait que les plus pauvres ne subissent les effets de la précipitation à conclure des accords de libre-échange avec l’Europe. Tandis qu’il avait le soutien de l’équatorien Rafael Correa, les deux autres membres de la Communauté andine, le Pérou et la Colombie, ont hâte de parvenir bientôt à un accord et ont exigé que leurs pays accélèrent le rythme. Un pacte de libre échange avec l’UE serait propice à la croissance économique et au développement social des deux régions, a insisté le président péruvien Alan Garcia.
Dans la déclaration finale, l’UE a consenti à envisager une approche plus souple en tenant compte des asymétries entre et au sein des régions. M. Correa a déclaré qu’il s’agissait d’un cadre général souple, ce qui signifie en principe que les pays ne peuvent signer que certaines parties de l’accord.
M. Zapatero, le chef du gouvernement espagnol, dont le pays accueillera le prochain sommet UE-ALC en 2010, a estimé que la priorité maximale devrait maintenant être donnée à la suppression des principales entraves commerciales. Il a souligné qu’il est impensable de se retrouver à la prochaine réunion en 2010 sans y être parvenus et a affirmé que les accords prévus dans le domaine du commerce seraient la meilleure façon de réduire les inégalités sociales.

