Bruno Le Maire lance l’idée de projets nucléaires communs à l’échelle européenne

À l’occasion de la signature, M. Le Maire également déclaré qu’il « mettra sur la table » de la prochaine réunion de l’alliance du nucléaire « l’idée d’avoir un projet d’intérêt commun (PIIEC) dans le domaine nucléaire ». [Union européenne 2023]

À Paris mercredi (21 février), le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a déclaré qu’il réunira l’alliance du nucléaire le 4 mars. L’occasion de discuter de la mise en place de projets d’intérêt commun en matière nucléaire.

Suivant la rencontre entre le président de la République, Emmanuel Macron, et le Premier ministre bulgare, Nikolaï Denkov, Bruno Le Maire accueillait mercredi dans les locaux de son mégaministère (Économie, Finance, Énergie, Industrie, Numérique) le ministre bulgare de l’Énergie, Rumen Radev.

Les deux hommes ont signé une déclaration d’intention sur l’établissement d’une coopération commune en matière nucléaire.

L’objectif est de faciliter les échanges sur les programmes nucléaires respectifs (petits réacteurs nucléaires, technologies de réacteurs avancés, etc.), le processus industriel et d’approvisionnement, les règles de sûreté et de maintenance, la fourniture et la gestion de combustibles, la recherche et le développement et la main-d’œuvre.

« Nous partageons notre compréhension pour notre avenir, mais aussi pour notre sécurité, pour notre compétitivité », a commenté M. Radev.

À cette occasion, M. Le Maire a également déclaré qu’il « mettra sur la table » de la prochaine réunion de l’alliance du nucléaire « l’idée d’avoir un projet d’intérêt commun (PIIEC) dans le domaine nucléaire ».

Projet d’intérêt commun pour alliance industrielle

Le sujet de PIIEC en matière nucléaire est sur la table depuis la confirmation début février par la Commission européenne du lancement à venir d’une alliance européenne industrielle en matière de petits réacteurs nucléaires (small modular reactors, SMR, en anglais).

Donner un tel caractère à un projet facilite son financement par les États membres grâce à des règles assouplies sur l’interdiction des aides d’État.

Nombre existent déjà en matière d’hydrogène, de batterie ou de solaire et font également suite à la constitution, en ces matières, d’alliances industrielles européennes.

« C’est important, car les aides d’États sont un moyen de dérisquer les projets et de faire baisser le coût de financement », explique Valérie Faudon, déléguée générale de la Société française d’énergie nucléaire, une association en défense du nucléaire, à Euractiv France.

En matière nucléaire, les domaines de coopération sont encore « à discuter » signale le cabinet de M. Le Maire à Euractiv France. Cela pourrait porter sur les « infrastructures de recherche, la production de combustible, les SMR… », liste-t-il.

Quant à savoir si la Commission européenne pourrait y être sensible, les discussions sont, pour le moment, « vraiment préliminaires », avance-t-il.

En confirmant le lancement d’une alliance début février, la commissaire européenne à l’Énergie, Kadri Simson, avait déclaré viser le déploiement des premiers SMR en Europe d’ici à 2030.

La Commission vise la construction d’un premier petit réacteur nucléaire en Europe «d'ici 2030»

La Commission européenne a déclaré mardi (6 février) qu’elle comptait sur les petits réacteurs nucléaires (SMR) pour atteindre les objectifs climatiques de l’UE, avec en ligne de mire « le déploiement des premiers réacteurs d’ici 2030».

Réunion de l’alliance du nucléaire

La proposition sera officiellement portée par M. Le Maire le 4 mars prochain, lors d’une réunion de l’alliance du nucléaire.

Initiée en février dernier par l’ancienne ministre de l’Énergie, Agnès Pannier-Runacher, l’alliance réunit les États membres de l’UE favorables au développement du nucléaire.

Ensemble avec le Royaume-Uni, les membres de l’alliance déclaraient en mai dernier souhaiter que l’UE dispose de 150 GW de capacités de production d’énergie nucléaire d’ici 2050.

Se tiendra également le 4 mars un conseil « Énergie » entre les 27 auquel le ministre de l’Économie devrait participer, peut-être même au côté de son ministre délégué chargé de l’Énergie et de l’Industrie, Roland Lescure.

Ambitions nucléaires bulgares

De cette coopération européenne sur le nucléaire, et spécifiquement bilatérale entre la France et la Bulgarie, découle une nécessité de « sécurité énergétique » et d’allègement de la dépendance aux énergies russes.

Fin 2022, la Bulgarie s’est attachée les services du fournisseur de combustible nucléaire français Framatome, pour s’affranchir du combustible russe dès 2025.

Le pays compte actuellement deux réacteurs nucléaires au sein de son unique centrale, couvrant plus de 30 % de ses besoins électriques. Fin 2023, le pays a acté la construction de deux réacteurs supplémentaires avec l’américain Westinghouse.

En outre, le pays n’aurait pas abandonné l’idée de construire deux autres réacteurs au sein d’une nouvelle centrale, bien que le contrat initial le liait à la Russie.

« Outre le nucléaire, nous avons discuté d’une coopération potentielle dans le domaine de l’énergie hydroélectrique. Comme vous le savez, la Bulgarie et la Roumanie démarrent une très grande centrale hydroélectrique sur le Danube. Nous avons exprimé notre intérêt pour une coopération avec la France sur ce projet », a également annoncé le dirigeant bulgare depuis Paris.

EXCLUSIF : coopération franco-britannique inédite sur le nucléaire de 4e génération

Les concepteurs NAAREA et Newcleo ont annoncé mardi (16 janvier) un partenariat stratégique pour accélérer le développement de leurs technologies nucléaires de 4e génération. En exclusivité pour Euractiv France, l’AFP et Le Figaro, les deux entreprises lèvent le voile sur les détails de l’accord et font part de leur ambition commune.

Inscrivez-vous à notre newsletter

S'inscrire