Huit mois avant les élections européennes, l’eurodéputé écologiste Daniel Cohn-Bendit a présenté un nouveau mouvement dénommé « Europe Ecologie ». Il prévoit que la liste récoltera 10 % des voix lors des prochaines élections, a-t-il récemment déclaré dans un entretien à EURACTIV France.
Plutôt que d’être à nouveau en lice en Allemagne, pays où il avait été élu en premier lieu en 1994, M. Cohn-Bendit a décidé de fonder « Europe Ecologie » car les électeurs français ont besoin d’un « point de convergence » pour le mouvement écologiste lors des élections européennes de l’année prochaine.
« Nous essayons actuellement de rassembler pour l’Europe tous ceux qui s’identifient avec la nécessité d’un changement radical, à savoir un changement écologique », a indiqué M. Cohn-Bendit, le leader charismatique de la révolte estudiantine de mai 68 à Paris.
Le 20 octobre, le mouvement nouvellement fondé a présenté son manifeste tout en déposant des listes dans huit circonscriptions françaises en vue des élections européennes.
Dans un entretien à EURACTIV France la semaine dernière, M. Cohn-Bendit a confirmé qu’il se présentera en Ile-de-France aux côtés d’Eva Joly, une ancienne juge anti-corruption reconvertie à la politique.
Le manifeste a reçu le soutien de divers personnages politiques français, notamment Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, et Antoine Waechter, président du Mouvement écologiste indépendant (MEI).
« Europe Ecologie » a en outre été particulièrement appuyé par l’agriculteur altermondialiste José Bové.
M. Cohn-Bendit a reconnu qu’il n’avait pas été facile d’obtenir un accord sur le manifeste : « C’est difficile parce que le fait de nous rassembler nous bouscule tous, dans nos pratiques et dans nos manières de voir », a-t-il affirmé.
Par ailleurs, il a admis qu’il serait loin d’être aisé de conserver la cohésion du mouvement. « Nous n’avions pas l’habitude de travailler ensemble, et nous n’avions pas non plus la même manière de fonctionner politiquement. Il faut que nous nous accordions tous sur un même rythme, ce qui n’est jamais joué d’avance ».
Le manifeste se fonde sur l’hypothèse que « l’humanité s’est mise en situation de perdre la maîtrise de son destin » et qu’il s’agit de « rompre avec ce système condamné », a indiqué M. Cohn-Bendit, appelant à une « nouvelle régulation, fondée sur l’impératif écologique et social, dont la déclinaison devra être établie démocratiquement dans chaque domaine impliquant la communauté humaine ».
M. Cohn-Bendit a qualifié de « grande déception » le fait que la chancelière allemande Angela Merkel « se dérobe » en raison de la crise financière par rapport à ses engagements sur le changement climatique. « Avec des pays aussi différents que la Pologne ou l’Allemagne, il faut créer un compromis qui soit aussi durable et soutenable pour les uns et pour les autres. Quoiqu’il en soit, il y a une erreur de réflexion quand on croit que face à la crise financière, on doit mettre en berne nos exigences climatiques », a-t-il confié à EURACTIV France.
Il estime en revanche que la crise actuelle peut inspirer des réformes environnementales complémentaires. « Nous devons appliquer à l’environnement ce que l’on dit sur les finances […]. On ne peut pas dire qu’on a compris qu’il faut réglementer davantage dans le secteur des finances et en faire moins dans l’environnement : ce n’est pas logique », a-t-il affirmé.
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