L’écosystème de la mer Baltique pourrait s’effondrer à moins que les Etats qui la bordent ne trouvent un terrain d’entente sur les moyens de réduire la pollution maritime. C’est ce qu’indique un nouveau rapport du WWF, qui accuse les gouvernements de ne pas assumer leurs responsabilités en vue d’améliorer la situation.
D’importantes proliférations d’algues, comme celles qui ont menacé de perturber les sports aquatiques pendant les Jeux Olympiques de Pékin, couvrent de larges portions de la mer Baltique. Ces algues anéantissent de vastes zones du fond marin, l’oxygène ne pouvant plus se répandre dans l’eau. Il s’agit du processus d’eutrophisation.
Cette progression est causée par l’augmentation du volume des substances nutritives présentes dans l’eau. Les eaux usées, la pollution maritime et les rejets de l’agriculture sont à l’origine de cette augmentation.
Selon le WWF, sept des dix plus grandes « zones mortes » du monde se trouvent en mer Baltique, qui est ainsi devenue l’environnement marin le plus endommagé au monde.
Malgré la situation, les neuf Etats qui bordent la mer Baltique (Allemagne, Danemark, Estonie, Lituanie, Lettonie, Russie, Finlande, Suède et Pologne) ne sont pas parvenus à prendre les mesures nécessaires. L’ONG écologiste a indiqué que la gestion de la pêche est le seul secteur à qui commence à enregistrer des progrès perceptibles. Le WWF a par ailleurs noté les Etats sur les mesures prises pour faire face à six problèmes fondamentaux : la dégradation de la biodiversité, l’épuisement des stocks de poissons, le déversement de substances dangereuses, la pollution maritime, l’eutrophisation ainsi que la façon dont ces Etats sont parvenus à développer un système intégré de gestion de l’utilisation de la mer.
Aucun des neufs Etats n’a été en mesure de dépasser la note F, un résultat extrêmement décevant (les résultats allant de 25% pour la Pologne à 46 % pour l’Allemagne). Un des échecs majeurs concerne la coopération pour les actions intégrées et concertées.
Le directeur de WWF Suède Lasse Gustavsson a indiqué que la mer Baltique est influencée par une multitude d’activités humaines, régulée par une grande diversité de règlements et d’autorités internationales et nationales. Le rapport reconnaît les défis que représente cette situation pour trouver un terrain d’entente entre les neuf Etats, mais ajoute que cela ne doit pas servir d’excuse.
M. Gustavsson a par ailleurs déclaré que la mer Baltique a maintenant besoin d’un leadership politique qui puisse voir au-delà des intérêts nationaux et sectoriels.
Le rapport prend la Finlande en exemple. C’est est en effet le seul pays de la région à avoir une politique maritime intersectorielle qui traite l’ensemble de ces questions. Le WWF espère que ce rapport aura un effet incitatif dans les autres pays et estime que la nouvelle politique maritime européenne devrait alors donner l’impulsion nécessaire pour trouver une solution commune au problème.
La récente Directive relative à la stratégie pour le milieu marin appelle les Etats membres à améliorer la situation environnementale des eaux maritimes d’ici 2021 et à protéger les ressources sur lesquelles sont basées les activités économiques et sociales liées à la mer.
En outre, la Commission devrait proposer une stratégie pour la mer Baltique d’ici juin 2009. Cette stratégie se concentrera sur l’amélioration des normes environnementales du milieu marin.

